La Wikipédia cache le CAC 40

Par Delphine Dumont, le 13 juin 2008 | Internet |

Ce serait très drôle si ce n'était pas aussi révélateur d'une mentalité archaïque. Les entreprises du CAC40 accusent la Wikipédia de les cannibaliser.

Et pourtant, elles s'y connaissent en cannibalisme...

Le drâme ne se joue pas à la Bourse où la Wikipédia investirait massivement dans ces entreprises et réaliserait OPA hostile sur OPR-RO. Tout se déroule dans l'univers opaque et inquiétant du Web. Là, dans ce milieu glauque et infesté de malfaisants, de terroristes et de pédophiles, la Wikipédia, organisme corrompu s'il en est, pieuvre tentaculaire aux infinies ramifications, là, disais-je, les petits chevreaux du CAC 40 se font dévorer tout crû.

Je cite l'article de 20Minutes :

« Ainsi, 39 entreprises du CAC 40 voient l'article Wikipédia les concernant s'afficher dès la première page de google.fr, contre 24 en 2006. Dans douze cas, il se classe même dans les trois premiers résultats. En outre, Wikipédia devient la «principale source d'informations» concernant la biographie des dirigeants: pour 29 d'entre eux, c'est le premier résultat de Google. »

Google, ton univers impitoya-a-a-able

La matière utilisée par la Wikipédia pour nuire, trouve sa source dans le Googleplex à Mountain View. Là, on trouve mille armes pour blesser cruellement les entreprises et leurs dirigeants. Poisons, armes blanches ou armes à feu, sortilèges, bêtes féroces, etc., on n'a que l'embarras du choix.

Google et Wikipédia, c'est le mal. Ils cherchent à nuire aux entreprises du CAC 40, ces pauvres petits bouts de chou sans défense.

Web (Gerard79 - Stock Xchng)

Sémantique ? Accessibilité ?

Depuis des années, de bonnes petites fourmis travaillent avec acharnement et intelligence pour que le Web soit le plus accessible possible, pour que chacun puisse avoir accès aux informations. Parfois, ces petites fourmis peuvent sembler un peu péniblement pointilleuses mais leur exigence est juste. Depuis des années, elles prêchent dans une indifférence quasi-générale.

D'autres petites fourmis expliquent, depuis des années aussi, que la multitude d'informations disponibles sur Internet impose d'aider les moteurs de recherches et les visiteurs à vous retrouver. Si une entreprise veut être vue sur Internet, elle doit s'en donner les moyens.

Ces entreprises qui pleurnichent aujourd'hui, elles sont toujours aussi fières de leur beau site en full-Flash, totalement impraticable pour un grand nombre de personnes handicapées et dont les pages intérieures sont totalement impossibles à référencer. Mais il en jette, leur site ! On s'en fout que le visiteur n'y trouve pas les informations qu'il est venu y chercher, les journalistes ont tous poussé des cris d'admiration, alors tout va bien.

Un encart officiel dans la page Wikipédia

C'est ce que demande ces entreprises du CAC 40. Puisqu'il y a un bon emplacement bien visible, venons-y faire notre pub ! Ben quoi ? On parle de nous, on a bien le droit de dire notre mot, non ?

Oui et non. Oui, vous avez le droit de venir ajouter des informations, la Wikipédia est une encyclopédie ouverte. Et non, vous ne pourrez pas y publier n'importe quoi, vous devez rester soumis aux règles de la Wikipédia.

Vous n'avez pas votre propre espace ?

Ces entreprises ont un site, s'il est mal référencé et sans intérêt, ce n'est pas la faute de la Wikipédia. Il est très possible de faire des sites intéressants, attrayants et élégants. J'ai des noms de concepteurs, de designers et de référenceurs, s'il faut. Et des meilleurs !

L'un des avantages d'Internet est justement d'offrir la possibilité d'être très visible assez facilement. Un espace d'hébergement et un nom de domaine coûte assez peu cher, il suffit ensuite d'avoir un contenu de qualité fréquemment actualisé pour que mon amie Google vous place en haut de l'échelle.

Voir ces entreprises du CAC 40 exiger un espace réservé sur un site qui lui fait de l'ombre me fait rire. Jaune. Elles ne respectent pas les règles et se prennent une porte dans la figure. La porte est en faute, pas leur comportement. Leurs dirigeants n'apprennent-ils donc jamais rien ? Ne connaissent-ils donc pas Internet ? Ne savent-ils pas qu'il y a eu une révolution silencieuse ? Que la diffusion de l'information n'est plus réservée à un groupe de happy few ?

Si les entreprises du CAC 40 veulent être plus brillantes que la Wikipédia, elles n'ont qu'à s'offrir plus de lumières, elles en ont largement les moyens. Quant aux vieilles agences de communication qui flattent leurs clients et se ridiculisent auprès des professionnels du web, à elles de redevenir contemporaines ou de s'effacer. On ne peut pas revenir en 1970.

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Photo : Gerard79 sur Stock Xchng

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3 commentaires pour “La Wikipédia cache le CAC 40”

  1. -|- JulienA dit :

    C'est énorme ! Ces petits êtres sont ridicules...



  2. -|- effigy dit :

    espace réservé!, le vrai problème réside dans le fait que ces sociétés veulent surtout contrôler les informations qui les concernent, pour eux le secret n'est pas une faiblesse ( :) ), mais au contraire une arme, déjà à l'époque mon professeur de gestion financière le disait, l'arme absolue c'est l'information, celui qui la détient a le pouvoir, elles (les stés) ne peuvent donc voir que d'un oeil inquiet des bribes de leurs sacro-saints "secrets" étalés sur la toile.
    rêvons un peu, une transparence totale rendant caduque la loi sur le délit d'initié? non je délire là. :)



  3. -|- Rikko dit :

    De toute façon, tout n'est pas vrai dans wiki !



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