Hep ! Vous là-bas !

Par Delphine Dumont, le 6 avril 2006 | Politique-tac

Je ne vous ferai pas ici une revue de presse exhaustive, je voudrais juste relever certains articles qui m’ont interpellée, d’où le titre. :)

Jusqu’à quand ?

Tout d’abord cet article du Figaro intitulé “La tapageuse reconversion de Gerhard Schröder“. Il ne s’agit pas pour moi de dire : “Bouuuhouu ! Regardez les socialistes ! Ce sont tous des venduuus !! Houuu !”. Oui, certes, ça m’amuse que les donneurs de leçons se retrouvent pris la main dans le sac. Mais ce qui m’incite à vous en parler, c’est que la défiance envers la classe politique va en empirant et qu’on ne peut même plus se demander pourquoi. A droite, on blanchit de l’argent, on nous snobe, ou on la joue terriblement perso et j’en passe et des pas mieux. A gauche, on menace les policiers, on enchaîne les embrouilles, on laisse tomber les gens dans la tourmente, ici aussi j’en passe et des pas mieux non plus.

Il y a des crises, l’Europe peine, les banlieues flambent, les gens s’inquiètent, se mobilisent à tort et à raison, des familles s’enfoncent dans la détresse, et pendant ce temps-là, les hommes politiques continuent à jouer dans leur coin, trahissant les confiances, leurs propres paroles, leurs propres amis. Bon voila, ce n’est pas de la démagogie si je vous en parle, c’est que ça m’énerve profondément. J’ai de moins en moins l’impression de vivre dans un pays gouverné et de plus en plus l’impression d’assister à un spectacle sinistre pour lequel je paierais un abonnement faramineux…

Encore une petite goutte de CPE

Pfiouu ! J’ai l’impression d’en avoir plus parlé que Villepin !… Hum… C’est bien possible en fait… :)
Et je vous gâte pour la circonstance : 3 articles !

  • Les jeunes, boucliers jetables des nantis de gauche

Extrait savoureux :

Il y a quelque chose de fascinant à voir les syndicalistes et fonctionnaires français afficher devant les caméras complaisantes leur «solidarité» avec les jeunes manifestants pour dénoncer le contrat première embauche (CPE). C’est comme si un couple de retraités occupant un appartement de 180 mètres carrés au loyer bloqué depuis dix ans descendait dans la rue avec les familles nombreuses qui ne trouvent pas à se loger.

Ouch ! Quand le Suisse frappe, il a une sacré force ! :D
Le reste de l’édito est du même acabit, il ne rentre pas dans les détails, il rappelle juste quelques vérités qu’on a trop peu entendues en France. Il ne chante pas non plus les louanges du CPE qu’il qualifie même de “tentative, peut-être maladroite”. Dépaysant…

  • Paris Loves a Riot - Village Voice

Bien sûr, ça n’étonnera personne que les USA aient du mal à comprendre ce qui se passe en France. Souvent, nous avons aussi beaucoup de mal à comprendre ce qui se passe chez eux. Les médias ont donc beaucoup condamné les manifestations françaises anti-CPE et, allez hop !, sur tous les Français dans la foulée ! Quel plaisir de taper sur ces gens arrogants et de leur mettre le nez sur leurs défauts ! :D

Etonnant donc, cet article de Village Voice qui voit dans la contestation, une particularité française, voire un atout de charme terriblement romantique ! Venez frémir auprès de ces nouveaux révolutionnaires, s’émerveille cette nouvelle agence de voyages par procuration. Admirez cette passion si brûlante qu’elle en devient palpable !, se pâme ce spectateur de la scène parisienne. Bien sûr, il n’y a pas vraiment de fond à cet article, plutôt une tendresse amusée d’un maître regardant son chiot turbulent. Sacrés Américains ! :)
A lire, par G.N. Basile, le commentaire sur cet article ainsi qu’une revue de la presse étrangère au sujet du CPE.

  • Le CPE dope le soutien scolaire

Le vieux proverbe “A quelque chose, malheur est bon” se vérifie encore. Les sociétés de soutien scolaire se frottent les mains de ces grèves ! Les parents, déjà stressés par les résultats de leurs enfants, se ruent vers elles pour les vacances de Pâques, jusqu’à 25% de hausse du nombre d’inscriptions ! Je m’en réjouis pour ces sociétés, je suis un peu désolée pour les gamins qui vont devoir passer moins de temps à chasser les œufs et plus à travailler, ça risque d’être dur pour ceux qui avaient vraiment besoin de repos, d’ailleurs… Par contre, ça me met en colère car cela renforce les inégalités. Certaines familles ne pourront peut-être pas partir en vacances l’été prochain à cause de cette dépense imprévue et d’autres ne peuvent carrément pas s’offrir ce soutien. Les enfants de familles défavorisées seront des victimes directes de ces grèves. Pourquoi les syndicats qui proclament agir pour leur bien ne se cotisent-ils pas pour leur offrir un répétiteur ? C’est bien le moins d’assumer les conséquences de ses actes, non ?

Le grand air de pipeau de l’Industrie de la musique britannique

Dans ce billet, Philippe Astor pique une saine colère après la lecture des conclusions farfelues d’une étude sur le P2P en Grande-Bretagne. L’étude chiffre à environ 1,1 milliard de livres sterling (soit un peu plus de 10 milliards d’euros) le coût du P2P sur 3 ans. Pour savoir pourquoi c’est du grand “N’importe quoi”,je vous laisse lire le billet de Philippe, ce sera mieux que de le recopier bêtement. :)

Très bonne lecture, donc et à vos commentaires ! :)

Delphine Dumont
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Technorati Tags : CPE, P2P, politique

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8 commentaires pour “Hep ! Vous là-bas !”

  1. -|- Marcel Patoulatchi dit :

    Si on suit votre pensée, tout propriétaire d’un logement spacieux n’a pas le droit d’estimer anormal que d’autres ne parviennent pas à trouver un logement ? Drôle de mode de pensée qui voudrait qu’on ne peut avoir de sympathie que pour ceux qui ont les mêmes problèmes que nous. Drôle de monde de pensée qui suggère que ceux qui ont sont forcément coupables du fait que d’autres n’ont pas, comme si l’objectif était d’égaliser vers le bas.

    Autre point. Si on suit votre pensée, un syndicat qui entre en grève doit porter sur ses épaules les inégalités sociales déjà préexistantes en France. Comme s’il n’y avait qu’en période de grève que certains parents investissent dans un soutien scolaire lorsque d’autres ne parviennent pas à garder leurs enfants de 11 ans à la maison passé 10 heure du soir. Comme si la grève était la cause des problèmes sociaux et non une de ses multiples incarnations.



  2. -|- Delphine Dumont dit :

    Tsss ! Marcel, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.

    Mon propos est que chacun de nos actes a des conséquences. Si j’avais cet appartement de 180m’ au loyer bloqué, je m’en réjouirais très certainement. Cependant, si j’apprenais que ce privilège contribuait de façon certaine aux difficultés de logement de plusieurs familles, je me trouverais un peu gonflée d’aller hurler sur le gouvernement de m’avoir accordé ledit privilège et que simultanément, je refuse obstinément d’y renoncer même en partie. Non ?

    Ensuite, oui, le syndicat doit avoir conscience de ce qu’il impose comme effort aux autres. Lorsqu’il bloque une gare empêchant les employés de se rendre à leur lieu de travail, lorsqu’il prive des enfants de l’instruction, lorsqu’il occupe illégalement des locaux qu’il quitte ensuite en laissant un champ de désolation, oui, le syndicat doit assumer les conséquences !

    Je n’exige pas que les syndicats financent les errements des gouvernements successifs en pourvoyant gardes d’enfants à celles qui ne peuvent travailler faute de crêches, répétiteurs aux enfants en difficulté, vigiles dans les cités à risque, soins aux personnes malades, etc…. A chacun ses devoirs. Cela, c’est le rôle de l’état et il peut le déléguer, pas s’en décharger.

    La grève est une chose que je respecte, la manifestation également. Les errements auxquels nous avons assisté ces temps derniers sous un faux prétexte, ce CPE n’étant qu’un bouc émissaire, ce n’est pas du droit de grève, c’est de la barbarie et de l’abus de pouvoir. Imaginez seulement le tollé si ces actes avaient été commis par l’extrême droite ? Personne ne l’aurait accepté ! Pourquoi faudrait-il l’accepter de l’extrême gauche ?



  3. -|- Alarc'h dit :

    "Imaginez seulement le tollé si ces actes avaient été commis par l’extrême droite ? Personne ne l’aurait accepté ! Pourquoi faudrait-il l’accepter de l’extrême gauche ?"

    Un argument d’un tel bon sens qu’il risque de ne pas être compris sur la toile. Comprenez bien une chose une fois pour toute mademoiselle : la gauche c’est le bien et le beau, la droite le mal et le laid. Pas besoin d’estimer les actes, de réfléchir sur les paroles, de juger les hommes… l’étiquette suffit.

    Vous vous imaginez la fatigue des cerveaux de nos contemporains s’ils devaient par eux même juger et constater que parfois Hollande peut dire quelque chose d’intelligent, une autre fois Villiers faire preuve de bon sens, Krivine ne pas toujours délirer, Sarkozy avoir de bons jugements… mais ce serait le bordel mademoiselle, la démocratie tant qu’on y est ! Laissez les français dormir dans leur bolchévisme mou, les réveiller pourrait les tuer.



  4. -|- Delphine Dumont dit :

    Alarc’h, vous avez une confiance fabuleuse dans nos contemporains ! :D

    Hier soir, j’ai regardé Mots Croisés. Il y avait, entre autres, Finkielkraut, Chérèque et Julliard. Ni le premier, ni le second ne tenait de discours manichéens. Bien au contraire, tous les deux pronaient le dialogue et l’absence d’idées préconçues et d’exigences préalables. Bruno Julliard paraissait, que c’est triste !, totalement perdu face à cette attitude d’ouverture. Lorsqu’il intervenait, c’était pour jouer sur les mots, ressasser ce qu’il dit depuis 3 mois. Affligeant !

    Par contre, Finkielkraut et Chérèque, quel bonheur ! :)



  5. -|- Alarc'h dit :

    Vous êtes modeste, un bon maoïste à notre époque ça ne ressasse pas depuis 3 ans, mais depuis 30 ans !

    Pour faire confiance aux gens ils faut qu’il le méritent, pour l’instant je crains que la république ne voit bientôt s’écire en lettres de feu sur les murs de l’Elysée : MANE - THECEL - PHARES, qu’avait vu Balthazar et que lui avait expliqué le prophète Daniel :
    "Dieu a compté tes jours".
    "Tu as été jugé trop léger dans la balance de l’Histoire".
    "Ton royaume est voué à l’éclatement".

    Les gauchards sont devenus des dinosaures, comme tout le monde ils ont vieilli, mais ils y sont plus mal préparés que n’improte qui, puisqu’ils se croient porteurs de la nouveauté et la jeunesse éternelle.

    Bien entendu il reste des hommes qui pensent et qui parlent, ceux que vous citez et quelques autres plus ou moins dispersés, mais c’est de gens de votre âge dont nous avons besoin, Finkielkraut, tout comme moi et toute cette génération, c’est déjà le passé.

    Vous avez raison de vouloir agir avant de devenir à votre tour le passé ! ;-)



  6. -|- Delphine Dumont dit :

    Je ne suis pas modeste ! Bruno Julliard n’a pas encore 30 ans, mais tout juste 25. ;)

    Cependant, c’est vrai, vous avez tout à fait raison, ses discours semblent poussiéreux tant ils sont éloignés de la réalité. Lors de ses interviews, il ne m’a jamais donné l’impression de connaître les sujets, mais juste de se répéter inlassablement.

    Je ne sais pas si il y a moins de jeunes sages qu’auparavant, je ne le crois pas, en fait. Mais par contre, je pense que la “troupeautisation” des enfants et des jeunes les contraignent à renoncer à l’originalité de pensée et d’actions. Par “troupeautisation”, j’entends le mode de vie en commun qui leur est imposé : gros groupes scolaires, gros centres de loisirs, vacances en colonies ou en clubs, vie urbaine très dense, activités extra-scolaires en commun toujours. Bref, je crois qu’on ne laisse pas ou plus le temps aux enfants de s’ennuyer et qu’on ne leur montre plus le monde, seulement un pauvre aperçu. Il est difficile de se forger une identité dans de telles conditions…

    Je critique mais bien sûr, je n’ai pas de solutions… :/

    Je voulais aussi vous dire qu’on ne fait partie du passé que lorsqu’on cesse d’agir. Certains trentenaires font déjà partie du passé. Finkielkraut et Chérèque sont bien actifs et raisonnent juste. Alors, quelle est l’importance de leur âge ? ;)



  7. -|- Alarc'h dit :

    Vous avez raison, mais l’âge a au moins un impact sur la durée d’action qui peut rester devant eux. On peut raisonnablement penser qu’il vous en reste davantage qu’à notre génération, et beaucoup n’emploient pas leur énergie, et entrent comme vous le dites dans le passé à trente ans. Mais nous n’allons pas refaire le monde à cette heure tardive !



  8. -|- Delphine Dumont dit :

    Il n’y a pas d’heure pour les braves et vous le démontrez bien ! :)



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