Triste constat

Par Delphine Dumont, le 2 avril 2006 | Politique-tac

Sur plusieurs billets, j’ai expliqué pourquoi je soutenais le CPE, je vous ai donné des liens qui me paraissaient particulièrement intéressants dont surtout ceux de Maître Eolas, j’en ai discuté autour de moi, bref, j’ai cherché à nourrir mon opinion aussi objectivement que possible.

Pour autant, depuis le début de “l’Affaire CPE”, je n’ai pas trouvé d’arguments “solides” contre le CPE. Je résume grossièrement ceux que j’ai trouvés :

  1. Le CPE est une atteinte au Code du Travail (Bien sûr, puisqu’il y introduit un nouveau type de contrat),
  2. Avec le CPE, on peut être viré du jour au lendemain (Faux, après le premier mois d’essai, il y a un préavis),
  3. Le CPE construit la précarité (On se précarise en passant du chômage à un emploi ???)
  4. Le CPE est un cadeau aux patrons (Faux, il coûte autant qu’un CDD, donc plus cher qu’un CDI)

Pourtant, grâce encore, et entre autres, aux billets de Maître Eolas, mais pas seulement, j’ai pu voir que ces arguments étaient faux. Comme toujours, je n’ai pas voulu m’en tenir à un seul son de cloche, j’ai donc poursuivi jusqu’à ce matin encore ma recherche des arguments contre le CPE. Je n’ai rien trouvé. Tous les sites que j’ai visités reprennent les faux arguments que j’ai cités plus haut, voire brodent allègrement avec la réalité. Certains se contentent d’autres arguments des plus tristes :

  • Le Parti Socialiste/Communiste nous alerte sur les dangers du CPE, luttons !
  • Le CPE est une création du gouvernement Chirac/Villepin, luttons !
  • Le CPE est nouveau, luttons ! (j’exagère à peine)

Bref, pas d’arguments solides, construits, juste de la désinformation bien épaisse, du militantisme mal placé, du parti pris stérile, etc… Il y a trop d’urgence à réformer pour que cette attitude soit acceptable. Contrairement à ce que certains imaginent que je pense, je suis vraiment triste que l’opposition soit à ce point faible. Je ne crois pas qu’une démocratie se construise avec un tel déséquilibre. Je souhaite une opposition positive qui propose, qui avance au lieu de dormir ou gesticuler, alternativement. De même qu’un procès juste exige que l’avocat de la défense soit aussi bon que l’avocat général et réciproquement, les avancées de notre pays passent par des forces politiques constructives et de valeurs équivalentes.

Si vous avez de bons liens anti-CPE, des arguments construits et réfléchis (merci d’en vérifier auparavant la validité), je serais heureuse de les lire. Ceci est valable aussi si vous avez des liens vers des sites qui proposent des solutions réalistes au chômage, à la pollution, à une ou plusieurs formes d’exclusion, à la crise du logement, enfin à un ou plusieurs des nombreux problèmes de notre société.

Je vous donne trois liens pour vérifier la solidité des arguments anti-CPE :

  • Tout d’abord, l’incontournable Faisons le point sur le CPE de Maître Eolas,
  • Sur l’Entreprise.com, Les 15 points clés du CPE.
  • Et, bien sûr, la Wikipédia.

Delphine Dumont
RedacBox.com, mon site professionnel

Technorati Tags : CPE, opposition, emploi

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14 commentaires pour “Triste constat”

  1. -|- ethan dit :

    Il y a l’argument de la location. Avec un CPE, pendant la période d’essai, une personne aura plus de difficulté à obtenir la location d’un appart, qu’avec un CDD ou un CDI. Bien que le CPE donne accès au locapass, il semble que les loueurs préfèrent confier leur appart à une personne qui a un CDI ou un CDD ou encore leurs parents comme garants, plutôt qu’à une personne ayant un CPE avec l’Etat comme garant : /



  2. -|- Antoine Fowler dit :

    >>Le CPE est une atteinte au Code du Travail (Bien sûr, puisqu’il y introduit un nouveau type de contrat),

    Je me permets d’extraire une des « Observations du Gouvernement sur les recours dirigés contre la loi pour l’égalité des chances » L’ensemble de ce texte est là :
    http://www.legifrance.gouv.fr/WA...

    « L’article 8 prévoit que ce contrat de travail est conclu sans détermination de durée et qu’il est soumis aux dispositions du code du travail à l’exception, pendant les deux premières années courant à compter de sa conclusion, de certaines dispositions limitativement et précisément énumérées. L’article 8 précise les conditions et modalités de la rupture de ce contrat de travail pendant ses deux premières années d’exécution. »

    Après, on peut chipoter sur le fait que ce n’est pas dans le code parce que c’est un nouveau contrat mais en fait on exclut du droit habituel les 2 premières années. Pour moi, ceci introduit un coin dans le code du travail.
    On peut penser qu’à situation exceptionnelle (le chômage des jeunes de moins de 26 ans non ou « mal » diplomés) mesures exceptionnelles.
    Il y a deux oppositions :
    1 - celle de principe, on ne touche pas au droit du travail
    2 - celle de circonstance : le contrat n’est pas équilibré

    Pour le cas 1, pas d’ouverture
    Pour le cas 2, çà se discute : coté employeur et concernant le coût de la rémunération du salarié (salaire, charges , coût de la rupture) il ne faut pas oublier les charges moindres pendant le contrat.

    Ensuite que le CPE coûte un peu plus cher qu’un CDI rompu….on peut dire que le fait d’éviter le passage par la case prud’hommes est un avantage.

    Enfin, le CPE publié au JO http://www.legifrance.gouv.fr/WA... est censé ne pas être utilisé.
    La proposition faite par Chirac par contre n’attirera aucun employeur. En plus, c’est le Parlement qui proposera la loi, quelle loi ? A suivre.

    Maintenant, je lâche un peu ce débat intéressant car je dois acheter quelques lattes de pin. Non, ce n’est pas une blague, je refais un plancher. Quelqu’un m’a appris qu’Internet était d’un faible recours, mais qui ? Alois, à l’aide ! Donc, je vais me transporter chez un négociant en bois que je connais. C’est la vrai vérité et ce qui est amusant, c’est que ce billet m’a fait découvrir deux blogs bien intéressants : miracle, la mémoire m’est revenue.



  3. -|- Delphine Dumont dit :

    Effectivement Antoine, je suis d’accord avec toi. Il y une atteinte _réelle_ au Code du travail, mais je vois mal comment on aurait pu faire autrement pour concevoir un nouveau contrat ? Si les solutions étaient déjà dans le Code du travail, elles auraient exploitées, non ? Enfin, je ne sais pas, je crois que l’étude de ce code demande la même expertise que la Bible. Il y a quand même 2783 pages !

    D’ailleurs, la demande des patrons n’était pas le CPE, mais le contrat unique. C’est vrai qu’il est quand même plus simple pour tous (employés _et_ employeurs) de savoir ce qui est autorisé et ce qui est interdit sans que cela change d’une entreprise à l’autre ou d’un contrat à l’autre.

    Effectivement, se passer du risque prudhommes est un vrai avantage pour le patron, mais les chances de gagner pour l’employé ne frôlent pas les 100%, lui aussi court un risque en y allant. Donc, c’est du gagnant/gagnant.

    Pour la réduction de charges, je n’en trouve trace nulle part, même pas sur le site de L’Entreprise que je vois mal faire l’impasse sur un point pareil. Tu as un lien ?

    Sinon, oui, le CPE est problablement mort-né, malheureusement. On perd encore une bonne occasion de faire avancer les choses, la rue a gagné sur de mauvais arguments, la république a perdu. Je crains des conséquences lourdes sur la démocratie… :(

    Enfin, je te souhaite pleine réussite pour tes lattes de pin ! Quand je pense que j’aurais pu parler de chocolat à cuire, j’aurais manqué un lecteur de qualité ! ;)

    Merci pour les compliments ! :)



  4. -|- Delphine Dumont dit :

    Ethan > Désolée pour la publication tardive de ton commentaire. Spamplemousse l’a bloqué et je viens de le découvrir.

    Pour le logement, c’est un point important, tu as raison. Cependant, je crois que les parents, voire les beaux-parents sont maintenant indispensables pour louer. Il est extrêmement difficile de louer aujourd’hui, même auprès des HLM. Je pense que ce point fait d’ailleurs partie des sujets d’angoisse de toute la population, de ceux qui ont fait que les gens ont soutenu les anti-CPE alors qu’il n’y avait rien de si choquant dedans.



  5. -|- Antoine Fowler dit :

    >>Pour la réduction de charges, je n’en trouve trace nulle part, même pas sur le site de L’Entreprise que je vois mal faire l’impasse sur un point pareil. Tu as un lien ?

    Lamentable plantage de ma part. Prévu au départ (comme pour les CAE et CA), il n’a pas été retenu ; c’est la prime de sortie anticipée qui est abaissée (enfin, relativement car plus intéressante que pour d’autres contrats). Je prie les lecteurs de ce blog de bien vouloir m’excuser.

    >>Effectivement, se passer du risque prudhommes est un vrai avantage pour le patron, mais les chances de gagner pour l’employé ne frôlent pas les 100%, lui aussi court un risque en y allant. Donc, c’est du gagnant/gagnant.

    Remplacer la justice par de l’argent, c’est dangereux. La loi est censée protéger le plus faible. Il faut être prudent et cela doit rester l’exception. Mais il est évident qu’un petit employeur n’a pas tout son temps à passer en paperasses, justice etc…car cela a un coût. Et çà va valait peut-être le coût (coup).

    >>Enfin, je te souhaite pleine réussite pour tes lattes de pin !

    J’ai bien négocié le plancher et les plinthes mais il y a eu négociation.

    >>Quand je pense que j’aurais pu parler de chocolat à cuire, j’aurais manqué un lecteur de qualité ! ;)

    Le « lecteur de qualité », c’est comme les papillons, c’est la lumière qui les attire.
    (c’était le compliment du jour)



  6. -|- Delphine Dumont dit :

    Antoine > "Remplacer la justice par de l’argent, c’est dangereux."

    Absolument ! C’est pour ça que si le CPE ne "protège" pas l’employé, ni l’employeur des Prudhommes, ni ne les dispense de respecter la loi. Si le licenciement est abusif, le recours aux PH est toujours possible. Le salarié reste plutôt bien protégé, heureusement. :)



  7. -|- Marcel Patoulatchi dit :

    « ? Si les solutions étaient déjà dans le Code du travail, elles auraient exploitées, non ? Enfin, je ne sais pas, je crois que l’étude de ce code demande la même expertise que la Bible. Il y a quand même 2783 pages ! »

    L’étude du droit n’est pas l’exégèse : les questions d’interprétations sont bien différente, la loi est censé avoir un sens au présent, où d’être changées.

    Le problème n’est pas nécessairement dans l’idée de changer ; le problème est aussi sur le comment changer et pour quel but.

    C’est un peu trop facile de s’agiter dans tous les sens et de proclamer en suite que si on est pas suivi, c’est uniquement par abrutissement ; sans jamais envisager tout simplement qu’on puisse ne pas être suivi par désaccord.

    « Sinon, oui, le CPE est problablement mort-né, malheureusement. On perd encore une bonne occasion de faire avancer les choses, la rue a gagné sur de mauvais arguments, la république a perdu. Je crains des conséquences lourdes sur la démocratie… »

    Allons allons, démocratie ne signifie pas gouvernement par une élite choisie par le peuple (là on se rapproche du modèle bolchévique), notre République à bien pour principe de souveraineté "pour le peuple et par le peuple". Ce n’est donc que Justice qu’un texte qui ne semble pas faire consensus, ou en tout cas majorité, soit corrigé. Et le droit à la manifestation n’a pas d’autre sens que d’exposer les faillites de la notion représentation dans la démocratie, afin de permettre de les corriger.

    « Si le licenciement est abusif, le recours aux PH est toujours possible. Le salarié reste plutôt bien protégé, heureusement. »

    Ce qui reste à voir, c’est en quel terme un licenciement peut-être dit abusif s’il est estimé qu’il n’a pas être motivé.
    On remet le problème entre les mains des juridictions compétentes… Est-ce là un changement courageux de fond, ou une manière de refiler à autrui, qui déjà ne manque pas d’occupations, le lardon ?



  8. -|- Delphine Dumont dit :

    Je maintiens que la démocratie en a pris un coup sérieux. Non pas dans le sens où la rue a imposé un virage important au gouvernement, ce qui est plutôt rassurant, effectivement. Quoique… on peut aussi y voir de basses manoeuvres électoralistes sans envergure.
    Non, le danger est plutôt que la plupart des arguments véhiculés étaient faux et qu’il n’y a pas eu de discussions ni avant, ni pendant. Je ne jette la pierre à aucun des deux bords ou plutôt aux deux à la fois. Je regrette que les manifestants n’aient pas pris la peine de s’informer correctement avant de descendre dans la rue et je regrette que Villepin n’ait pas pris la peine de consulter les partenaires sociaux avant de lancer son projet, puis de faire preuve de la moindre pédagogie.

    Vous dites : "en quel terme un licenciement peut-être dit abusif s’il est estimé qu’il n’a pas être motivé."
    Justement ! Il _doit_ être motivé, mais il n’est pas obligatoire d’en informer le salarié. Comme je l’ai dit dans ce commentaire :
    http://www.redacbox.com/Blog/ind...
    Je n’approuve pas ce non-dit, les situations confuses ne sont pas souhaitables, il est bien plus intéressant pour les deux parties que tout soit dit. La présence d’un médiateur permettrait de dépassionner le débat, d’expliquer certaines règles et lois et d’avancer des solutions.

    Il faut que le licenciement ne soit qu’un petit incident dans un parcours professionnel et, éventuellement, qu’il porte ses fruits. Ca peut être l’occasion d’une réorientation, d’une formation complémentaire, bref de prendre une nouvelle et meilleure voie.

    Mais de toutes façons, il y a une réalité qu’on ne peut continuer à nier éternellement. On ne peut d’un coté faire jouer la concurrence lorsqu’on achète un baladeur MP3 et de l’autre, exiger que les investisseurs n’en fassent pas autant. On ne peut pas d’une part, faire le tour des banques pour trouver le meilleur taux de placement et le plus bas taux de crédit, et d’autre part, hurler sur ces fonds de placement qui ne cherchent que le profit. On ne peut à la fois hurler sur les multinationales qui font bosser des gamins dans des conditions insalubres à l’autre bout de la Terre et acheter en ne regardant que le prix. Qu’on ne me sorte pas le vieil argument du "Tout le monde n’a pas les moyens" ! Cette hypocrisie a assez duré ! Il y a des contraintes au mode de vie que nous avons choisi, acceptons-les ou changeons de mode de vie sans exiger d’abord que ce soit les autres qui commencent.



  9. -|- Anthony31 dit :

    Bonjour,

    Je trouve délicat de vouloir comme Voltaire prôner une valeur (la tolérance pour lui et l’impartialité pour vous) et être en opposition voire en contradiction avec cette valeur (antisémite pour Voltaire et partialité pour vous).
    Si dans la forme votre billet paraît équilibibré (thèse/anti-thèse), il ignore 2 faits :
    - le motif du licenciement et la charge de la preuve repose sur l’employé devant les tribunaux,
    - un licenciemment facilité (raison avoué de ce CPE pour faciliter l’embauche : la flexibilité ou variable d’ajustement) n’est pas accompagné de mesures d’aide et de suivi personnalisé du licencié comme dans la fameuse flex-sécurité.
    Je signale que je ne suis pas concerné par les contrats de travail mais je l’ai été dans mes études.
    Je pense que s’il est juste de soutenir un 1er Ministre ou une loi, il ne faut pas donner l’impression de "parler la langue de bois" comme tous les ministres ou responsables (de droite comme de gauche) mais d’être citoyen et de penser que notre société depuis 10-15 000 ans n’est faite que pour protéger l’individu au sein de la collectivité.
    Mon impression (n’étant ni dans le cerveau de de Villepin ni dans son entourage) est qu’il a joué au poker pour ramasser la mise (une stature d’homme qui bouge les choses (le "bougisme" cher à Sarkozy) et qu’il a fait baisser le chômage, donc qu’il mérite le poste de Roi de France pour 5 ans (renouvelables).
    Je crois aussi que les lois se font dans un certain esprit (L’esprit de lois) et que les étudier en les survolant et en théorie sans les intégrer dans la pratique est une erreur que font beaucoup de Français, en règle générale.
    Le politique et les lois doivent être au service des hommes et non de l’homme, nuance qui différencie en fin de compte de façon très simple la gauche et la droite .
    Pour conclure, puisqu’il s’agit d’un commentaire sur un loi essen tiellement politicienne et électoraliste, qu’on prend les Français pour des andouilles très souvent et que les socialistes ne proposent pas grand-chose, je recommanderais aux manifestants de changer les slogans : "on veut du travail : créez du travail au lieu de jouer aux chaises musicales politiques".
    La France est un des rares pays où les politiciens font une carrière de 30 ou plus, comme s’ils étaient dans une entreprise a vie. Elle a aussi un parlement très faible et un exécutif trop puissant : changer tout cela ferait du bien à notre pays.
    En espérant que vous publierez ce texte.
    Cordialement.



  10. -|- Anthony31 dit :

    Bonjour,

    Je trouve délicat de vouloir comme Voltaire prôner une valeur (la tolérance pour lui et l’impartialité pour vous) et être en opposition voire en contradiction avec cette valeur (antisémite pour Voltaire et partialité pour vous).
    Si dans la forme votre billet paraît équilibibré (thèse/anti-thèse), il ignore 3 faits :
    - le préavis n’existe pas pendant le période d’essai fixée par l’employeur et à la fin de laquelle commence la période de consolidation qui va donc jusqu’au 24 ième mois,
    - le motif du licenciement et la charge de la preuve repose sur l’employé devant les tribunaux, contriairement à un CDI,
    - un licenciemment facilité (raison avoué de ce CPE pour faciliter l’embauche : la flexibilité ou variable d’ajustement) n’est pas accompagné de mesures d’aide et de suivi personnalisé du licencié comme dans la fameuse flex-sécurité.
    Je signale que je ne suis pas concerné par les contrats de travail mais je l’ai été dans mes études.
    Je pense que s’il est juste de soutenir un 1er Ministre ou une loi, il ne faut pas donner l’impression de "parler la langue de bois" comme tous les ministres ou responsables (de droite comme de gauche) mais d’être citoyen et de penser que notre société depuis 10-15 000 ans n’est faite que pour protéger l’individu au sein de la collectivité.
    Mon impression (n’étant ni dans le cerveau de de Villepin ni dans son entourage) est qu’il a joué au poker pour ramasser la mise (une stature d’homme qui bouge les choses (le "bougisme" cher à Sarkozy) et qu’il a fait baisser le chômage, donc qu’il mérite le poste de Roi de France pour 5 ans (renouvelables).
    Je crois aussi que les lois se font dans un certain esprit (L’esprit de lois) et que les étudier en les survolant et en théorie sans les intégrer dans la pratique est une erreur que font beaucoup de Français, en règle générale.
    Le politique et les lois doivent être au service des hommes et non de l’homme, nuance qui différencie en fin de compte de façon très simple la gauche et la droite .
    Pour conclure, puisqu’il s’agit d’un commentaire sur un loi essen tiellement politicienne et électoraliste, qu’on prend les Français pour des andouilles très souvent et que les socialistes ne proposent pas grand-chose, je recommanderais aux manifestants de changer les slogans : "on veut du travail : créez du travail au lieu de jouer aux chaises musicales politiques".
    La France est un des rares pays où les politiciens font une carrière de 30 ou plus, comme s’ils étaient dans une entreprise a vie. Elle a aussi un parlement très faible et un exécutif trop puissant : changer tout cela ferait du bien à notre pays.
    En espérant que vous publierez ce texte.
    Cordialement.



  11. -|- Anthony31 dit :

    Delphine,

    Je crois que vous faites fausse route.
    Vous donnez par exemple des sites où sont expliqués les "méandres" du CPE et vous semblez ne pas les avoir lus.
    Je ne reviendrai pas sur la façon dont M. de Villepin a pondu sa loi, ses vraies motivations, ni sur les errements sur les préavis, les motifs, les droits du salarié en cas de licenciement mais sur le fond.
    Le travail ne se décrète pas même si l’Etat a des moyens.
    En facilitant le licenciement, on créera des postes volatils et à la marge.
    Le VRAI problème est lié à la mondialisation et surtout à la globalisation.
    On distingue souvent la mondialisation (internationalisation du commerce des biens et des services) de la globalisation qui concerne les finances.
    Nous sommes passés d’un capitalisme classique, producteur d’emplois pour avoir des acheteurs pour ce que le capitalisme produisait ou fournissait (Ex :H. Ford qui payait 2 fois plus cher ses employés pour leur permettre d’acheter) à un capitalisme financier dont le but est uniquement les dividendes et le bénéfice à court terme.
    Ce capitalisme financier, très critiqué par d’éminents patrons (non soupçonnés d’être de gauche) et des économistes de la même trempe, est la source d’un cercle vicieux : primauté du rendement financier et regroupement des sociétes ->diminution des emplois ou baisse du pouvoir d’achat -> baisse des achats -> entreprises en dificultés -> ajustement en délocalisant ou en licenciant en masse et on recommence.
    Ceci ne pouvant durer très longtemps, les sociétés vont droit dans le mur et ce capitalisme aussi puisqu’il dépend exclusivement de ce principe.
    Voilà pourquoi il est vain de critiquer le comportement des citoyens/salariés voulant profiter du système capitaliste et avoir un goût prononcé pour la sécurité sociale/professionnelle et une éthique du type commerce équitable et loyal.
    Il est difficile de créer des emplois dans ce système sauf dans les PME ou TPE probablement (ce qu’a compris de Villepin), encore faut-il d’autres moyens que de simples ajustements par des contrats de travail qui par eux-même ne sont pas proteur de croissance ou d’emploi en quantité.
    La solution "semble" être la flex-sécurité" type pays nordiques (adapté biens un tant soit peu au tempérament latin) avec une politique d’apprentissage forte à la germanique et la stimulation des nouvelles industries (bio, nano, communications, etc.).
    Chirac a commis une erreur (peut-être avait-il ses raisons) en nommant de Villepin si tard car celui-ci cravache son cheval en risquant de l’exténuer et au final de n’avoir rien fait de vraiment durable et efficace pour la France et de se faire éjecter de sa selle de présidentiable.



  12. -|- Delphine Dumont dit :

    Anthony > J’ai beaucoup de mal à vous suivre. Vous semblez me donner raison sur chaque point (à l’exception du consommateur) et m’indiquez que j’ai tort.

    Vous insistez sur l’importance de la formation, c’est précisément ce que j’ai fait dans mes derniers billets. Vous insistez sur l’importance de soutenir les PME dans leurs efforts de créations d’emploi, le CNE est là pour ça, le CPE n’a rien à y voir.

    La flex-sécurité est effleurée dans le CPE puisque ce contrat apporte plus de garanties au salarié qu’un CDI ou un CDD.

    Concernant le licenciement, je vous recommande la lecture de cet interview de Jean-Philippe Coquis, chef économiste à l’OCDE, parue dans Le Monde :
    http://www.lemonde.fr/web/articl...

    Enfin, je maintiens ma critique des citoyens qui se comportent comme les pires entreprises libérales qu’ils ne se privent d’ailleurs pas de conspuer. L’effort doit être général, chacun suivant ses moyens, évidemment. J’ai beau chercher, pour faire une analogie avec l’écologie, je ne vois pas en quoi un RMI pourrait se dispenser de trier ses déchets, par exemple. Pourquoi des personnes à revenus modestes devraient-elles se moquer du coût social de leur désir de vivre sur un pied trop grand ? Comment peut-on se considérer comme "citoyen" lorsqu’on achète un voyage à prix discount en sachant très bien qu’il recouvre des pratiques salariales scandaleuses ? Si on n’a pas les moyens de partir à l’autre bout du monde, on ne part pas à l’autre bout du monde. Le kérosène qui n’aura pas été brûlé sera toujours ça de gagné pour la planète. Les sites naturels qui n’auront pas été piétiné ne s’en porteront que mieux. Il y a mille façons de se dépayser sans parcourir des milliers de kilomètres.

    Ayons tous les pieds sur terre, balayons devant nos portes et soyons conscients du poids de nos actes. La méthode stupide du gouvernement pour amener son CPE est typique de cette époque où l’autre n’existe que dans ce qu’il peut amener et pas dans ce qu’on peut lui amener.



  13. -|- Delphine Dumont dit :

    Anthony : Tout d’abord, je tiens à vous présenter mes excuses, vos deux premiers commentaires ayant été bloqués par le filtre anti-spam. Vous y aviez inclus le nom d’un jeu de cartes dans lequel on peut perdre beaucoup d’argent. ;)
    Ils se ressemblent beaucoup d’ailleurs, ces 2 premiers commentaires. Souhaitez-vous que j’en supprime l’un des deux ? Je ne supprime que les commentaires contraires aux bonnes moeurs (insultes, racisme, etc…), je vous laisse donc décider. :)

    Pour l’accompagnement post-licenciement, c’est ce que je sous-entendais dans ma suggestion d’inclure un médiateur lors du licenciement. Actuellement, quelque soit la cause de la perte d’emploi, il n’y a pas de “débrieffing”. Je pense que ce serait pourtant extrêmement utile de faire le point sur les compétences du nouveau chômeur, de rechercher ses éventuelles erreurs afin de les corriger, de dépister ses points faibles pour le remettre à niveau, voire de le ré-orienter si nécessaire. Dans le reportage sur les banlieues que j’avais vu, on voyait une ANPE-bis (je crois que c’était la mairie qui avait créé cette cellule, mais je ne suis pas sure) dont les employés suivaient chaque chômeur individuellement, lui demandait des comptes, etc… C’était très fructueux et les chômeurs se sentaient visiblement très réconfortés et reprenaient confiance en eux. Bien sûr, il est toujours possible que les participants aient été castés pour orienter le discours… Cependant, je ne crois pas que c’était le cas.

    Pour conclure, je dirais qu’il est évident que si le chômage n’est plus une source d’angoisse, le licenciement non plus. Vous avez donc bien raison de souligner que le seul CPE ne résoud rien et qu’il faut l’accompagner de mesures constructives pour l’employé.



  14. -|- Le Post-it dit :

    La loi pour l’égalité des chances ou l’oeuf vide

    Le Président de la République, en réponse à cette fracture sociale et à l’immolation par le feu de millier de voitures, dans son rôle que lui confère l’article 5 de la constitution (”Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité



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