A chaud

Par Delphine Dumont, le 24 mai 2006 | Politique-tac

Je viens de regarder le débat (Français : à coeur et à cris) sur France 3. Plusieurs choses m’ont frappée, assez violemment d’ailleurs. Si vous l’avez regardé également, j’aimerais avoir vos réactions.

Voici ce qui, à mon très humble avis, était flagrant :

La surdité de la classe politique

Si les hommes et femmes politiques ne sont pas sourds, du moins semblent-ils très malentendants. Ils ne retiennent pas les phrases mais seulement quelques mots de celles-ci, évidemment, il est aisé ensuite d’en changer le sens. Ils n’entendent pas, dans les deux sens du mot (l’ouie et la compréhension) ce qui leur est dit. Lorsque leur interlocuteur est un autre homme ou femme politique, ils ne se choquent pas mutuellement, ils jouent le même jeu.

Lorsque l’interlocuteur est, selon le terme en vigueur, une personne de la société civile, c’est assez tragique. Je ne doute pas de la bonne volonté du député/ministre/maire/candidat, simplement, pris dans un flot de pensées (tenir le bon discours + le planning de la journée + les pions à avancer sur les échiquiers + + +…), il en vient à répondre de la façon apparemment adéquate mais sans avoir reçu tout le discours. Tout expert en communication ou en psychologie vous le dira, ce qui est dit est aussi important que ce qui n’est pas dit. Les regards, les phrases non finies, les gestes, les hésitations, tout ça est très parlant mais demande une disponibilité totale.

Ce n’est pas nouveau, mais ça m’a particulièrement choquée ce soir. Il y avait des responsables d’associations qui disaient (en substance) : “Nous, on sait, on est sur le terrain, on connait la réalité, les besoins, les solutions et personne ne nous écoute !” et ils s’entendaient répondre : “On est allés sur le terrain, on a vu la réalité, on a parlé avec les élus locaux, on a bien consulté avant de décider”… Je ne dis pas que les associations auraient pu forcément apprendre quelque chose de plus, mais elles doivent être entendues. Il y avait des représentants des deux bords politiques et ils avaient tous la même attitude. Ce n’était pas de la froideur ou de l’indifférence, juste un manque d’écoute et c’est particulièrement grave.

La méconnaissance de la politique

Fatalement, cette attitude crée l’illusion d’un monde politique parallèle au monde réel du citoyen lambda. On a entendu plusieurs fois l’expression : “Vous, les politiques” comme s’il s’agissait d’une autre nationalité ou d’un autre sexe. Une forme d’exclusion est née, il fallait d’ailleurs voir Montebourg et l’envoyée UMP (dont j’ai oublié le nom, oups !) se serrer frileusement l’un contre l’autre, solidaires, l’un hochait vigoureusement la tête quand l’autre rappelait qu’elle était une personne du quotidien, avec des soucis du quotidien, le travail, les enfants, la santé, les courses, etc… Victimes de la situation mais coupables de la prolonger.

À écouter les propos des citoyens1, il semble qu’ils aient deux images totalement opposées des politiques. Certains les voient soit comme des surhommes, surpuissants, les poches pleines de passe-droit et des manipulateurs habiles. D’autres, au contraire, les compare à des marionnettes soumises (choix multiple possible) à l’Union Européenne, aux USA, aux trotskistes, aux lobbies, au grand capital, aux instituts de sondage, etc… Le pire étant que ce sont les politiques eux-mêmes qui créent ces images. Lorsque les uns prétendent que rien n’a été fait par les autres parce que ceux-ci sont vendus ou se sont liés les mains, et qu’ils affirment qu’eux, oui, EUX, ils pourront enfin nous faire vivre le Grand Soir ou la Prospérité Absolue et Partagée, ils entretiennent les fantasmes, creusant leur propre tombe…

À la fin du débat, un homme s’est levé, je ne sais pas son nom non plus2 mais ce qu’il a dit m’a paru vraiment intelligent, vraiment approprié. En substance, il a appelé les citoyens à entrer en politique, à s’engager, à agir pour la société. Il a rappelé comme il était facile de moquer l’inefficacité quand soi-même on ne fait rien, on ne prend pas de risques. Il a souligné un point important, le recrutement politique est trop relationnel, pas assez spontané. Pourtant, s’il y a bien un domaine qui est réellement ouvert, c’est la politique. Les origines sociales de nos élus sont totalement hétéroclites, même s’il y a une sur-représentation d’énarques dans les gouvernements. Des gens formidables qui se bougent, qui se battent, qui luttent, j’en connais. Quand on leur parle de s’engager en politique, ils sursautent avant de répondre souvent : “Ce n’est pas pour moi”. Je pense que, bien au contraire, c’est justement pour eux puisqu’ils ont déjà commencé.

Les vrais débats ne passeront pas par la télévision

Oui, j’enfonce un peu une porte ouverte, mais je suis sur mon blog alors je fais ce que je veux ! Na ! :)

Malgré le manque d’écoute dont je parlais plus haut, il y avait quand même une volonté d’échange chez ces invités, plutôt bien choisis, je dois dire. A quelques exceptions près (lorsque la propagande était trop flagrante, par exemple), quand un intervenant parlait, le silence régnait. Personne ou presque ne coupait la parole… Presque, car, à plusieurs reprises, Jean-Michel Blier, le co-présentateur de la soirée (avec Audrey Pulvar) donnait ouvertement le micro à quelqu’un d’autre sans que le premier ait eu le temps de finir.

C’est vrai que cette ambiance calme et attentive n’était pas très télégénique, les débats où les insultes volent sont bien plus spectaculaires dans le sens théâtral du terme. Pourtant, quand on s’est donné tant de mal pour organiser un bon débat, ce n’est pas pour tout gâcher par une attitude vulgaire ! Imagine-t-on une soirée du Lions ponctuée par des concours de prouts ? Il y avait une vraie ambition derrière cette émission, peut-être trop d’ambition ? Audrey Pulvar a été plus digne, mais elle m’a semblée “écrasée” par Blier, dommage…

Toutefois, ce type de rencontres montre qu’un dialogue, un échange profitable entre politiques et citoyens est non seulement possible, mais souhaité. Si les cadors des partis sont peut-être trop formatés pour pouvoir en faire partie, il faut espérer que les plus jeunes maires/députés organisent avec des confrères d’autres bords, des débats. C’est un vieux refrain, mais il reste plus que jamais d’actualité : il faut ramener la politique dans la cité et la cité dans la politique. Les rencontres peuvent être virtuelles pour commencer, je pense qu’on a aujourd’hui tous les outils pour cela. Il n’y a qu’à voir le plaisir qu’ont eu les participants au forum de Framasoft lors de la venue de Laurent Wauquiez. Pour la plupart, ils ont échangé avec respect et argumentation. La démocratie ne peut que gagner à ce type d’exercice.

Bravo et merci !

Oui, bravo pour avoir lu ce looong billet et merci de l’avoir fait. :)

Mais ce sont aussi des mots qu’on entend trop peu aujourd’hui dans les débats. Trop préoccupés à se battre pour les places dans les sondages ou les articles de journaux, beaucoup oublient de reconnaître les mérites des autres. Pourtant, la conscience que personne ne peut rien seul et que tout n’est que le résultat d’une volonté partagée, c’est le premier pas vers la compréhension du principe d’une société. Concept qui a l’air totalement oublié aujourd’hui au profit du concept du messie, héritage d’un paternalisme politique qui réduit les administrés à des enfants capricieux.

Merci encore de m’avoir lue. :)

Delphine Dumont
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Technorati Tags : politique, Montebourg, France 3

  • 1 : Pour abréger, j’oppose les “citoyens” aux “politiques”, mais je ne voudrais pas qu’on croit que je nie la citoyenneté des politiques, ni le potentiel politique des citoyens. :) remonter au texte
  • 2 : J’ai manqué le début de l’émission et donc, les présentations. remonter au texte

Lire aussi :

23 commentaires pour “A chaud”

  1. -|- pi-xel dit :

    Avoue quand meme qu’une réunion des Lions avec un concours de pets à la fin, ca doit être tordant !!



  2. -|- Delphine Dumont dit :

    Pi-xel > "une réunion des Lions avec un concours de pets à la fin, ca doit être tordant !!"

    Ok, j’avoue, en l’écrivant, je me suis mise à l’imaginer et je riais toute seule ! ;D



  3. -|- Tib dit :

    Dans le même genre de débat il ya avait lundi soir "mots croisés" et ce sont à peu pres les mêmes thèmes qui ont été abordés.
    Apparement les français ne croient plus en la politique, moi je crois que beaucoup ne se rendent pas compte de la difficulté de faire de la politique. Beaucoup d’enjeux nous dépassent et sont très complexes. Même en lisant énormément on se sens souvent largué par ce qui se passe autour de nous. Alors les français devraient parfois être un peu plus clément avec les politiques au lieu de sanctionner sans arrêt les gouvernements qui sont aux pouvoirs (de gauche comme de droite).



  4. -|- Delphine Dumont dit :

    Je suis tout à fait d’accord avec toi, les Français sont vraiment perdus. Les ténors politiques s’accusent mutuellement de ce qui va mal, mentent ouvertement, puis vont en chœur pleurnicher de leur perte de crédibilité. Ces quelques guignols nuisent à toute la classe politique. Ils ne sont pas représentatifs mais on ne voit qu’eux, ils sont l’arbre qui cache la forêt. Beaucoup d’élus sont des gens réellement motivés pour que les choses changent et ils font ce qu’ils peuvent à leur échelle et avec leurs moyens. Tout ça pour finir par s’entendre dire “Tous pourris”.

    Je te recommande d’ailleurs la lecture du billet de Teko :
    Mr Villepin, je vous plains…,
    une excellente observation de notre déplorable attitude.



  5. -|- Mindx dit :

    Le nom de cette députée est Nadine Morano. Je ne donne pas son nom par conviction politique, on dira que c’est pour respecter les temps de parole ;-).

    Je suis assez d’accord avec les idées de votre billet mais ce qui m’a le plus choqué, c’est le choix des personnes que l’on a suivies pendant le reportage. Sur les six, trois ont fait des études supérieures (ingénieur, diplômé HEC, avocate), deux gèrent une entreprise familiale (vigneron, PDG de Smoby) et le dernier est prêtre. Je trouve cet échantillon assez peu représentatif. Même s’ils ont des difficultés, ils ne sont tout de même pas dans la situation d’un chômeur ou d’un ouvrier qui fait les trois huit. Je ne sais pas si ces derniers qui ont vu l’émission ont trouvé des réponses à leurs questions.



  6. -|- Delphine Dumont dit :

    Ah merci beaucoup pour le nom ! :D
    Je l’avais revue dans l’émission d’Yves Calvi à propos de Ségolène Royal et je n’avais toujours pas retenu son nom.

    Vous avez tout à fait raison pour le panel. Ont-ils cru que des ouvriers ne sauraient pas s’exprimer ? Je n’ai pas vu le reportage, seulement le débat qui a suivi, je ne peux pas me prononcer sur les dires des uns et des autres. A relativiser puisque je ne sais pas ce qui s’est dit, je trouve intéressant de donner la parole à des petits patrons, ils ont un sacré courage aujourd’hui. D’ailleurs, de la même façon que je souhaite vivement des rencontres politiques/citoyens, je souhaite des rencontres patrons/employés/chômeurs. Ça me hérisse toujours d’entendre la vieille rengaine “salauds de patrons”. C’est vrai qu’il y a des patrons qui sont immondes, mais ce n’est qu’une petite minorité. C’est aussi vrai qu’il y a des employés qui abusent de leur employeur et de sa société. Encore une fois, le manichéisme montre toute sa stupidité et sa puissance destructrice.

    Je reste persuadée qu’inciter à créer son emploi est aujourd’hui une des meilleures pistes contre le chômage, pas la solution miracle, bien sûr, mais une très bonne piste. Mais pour cela, il faudrait que l’image des patrons ne soient pas constamment salie. Il faudra que je fasse un billet là-dessus un jour d’ailleurs ! :)

    Je soupçonne, il y a peut-être un peu de méchanceté de ma part là-dedans, les concepteurs de l’émission de ne pas avoir inclus d’ouvriers parce qu’ils ignorent tout de cette classe sociale. Qui sont-ils ? Comment vivent-ils ? Quelles sont leurs difficultés principales ? Je crois qu’ils n’en savent tout simplement rien et qu’ils n’ont pas voulu ou pu monter un dossier sérieux sur la question. L’ouvrier/employé est quand même le grand absent de la scène médiatique, sauf s’il est en grève ou au chômage, mais alors, c’est un gréviste ou un chômeur et c’est traité différemment….



  7. -|- Pi-Xel dit :

    J’ai une question : peut on ne rien "reprocher" à la communauté homo et trouver à redire quant au mariage homo ?

    autant je pense que chaqu’un peut et surtout DOIT vivre sa sexualité comme il veut, autant l’idée du mariage gay me gene plus…
    Sachant que j’i pas mal de pote gay pensant pareil (et pas mal pensant l’inverse, d’ailleurs), suis je un dangereux homophobe qu’on oit enfermer desuite ?



  8. -|- Delphine Dumont dit :

    Autant j’aurais du mal à supporter qu’on me condamne de ne pas être mariée, autant j’aurais du mal à supporter qu’on m’interdise de me marier parce que je suis protestante ou brune ou française ou hétéro (ou n’importe quelle autre caractéristique). Je crois que les couples (homos ou hétéros) doivent être libres de se marier si ils le souhaitent.

    Aussi bien au niveau "droits" (succession, assurance sociale, etc…) qu’au niveau sentimental, le mariage peut être important pour un couple, je ne vois pas ce qui justifie qu’un couple homo se le voit refuser.

    S’il s’agit de craintes concernant l’adoption, il faut bien se rappeler que le mariage n’ouvre pas un droit à l’enfant mais un droit à la candidature à l’adoption. C’est à dire qu’une procédure extrêmement sévère commence, qui a pour but de vérifier que les meilleures conditions d’accueil de l’enfant sont réunies. Les garde-fous sont donc bien présents et si ce filtre impitoyable laisse passer un couple homo, c’est bien parce que le dit couple présente toutes les garanties, non ? :)

    Il y a quelques années, on prédisait le pire pour les enfants élevés par des mères seules (célibataires ou divorcées), aujourd’hui, ce sont les enfants élevés par les homos. Quand on aura plus de recul, on verra que les craintes étaient aussi infondées. L’article du Soleil dont je donnais le lien l’autre jour, le rappelle :
    http://www.cyberpresse.ca/articl...

    Je pense qu’il est urgent qu’il y ait une égalité de droits entre homos et hétéros et d’informer sur les enjeux. :)

    Enfin, si tu étais homophobe, je crois que tu ne lirais pas mon blog, ni moi le tien et que nous nous tiendrions des propos moins amicaux… ;D



  9. -|- Stéphane Carpentier dit :

    Franchement tu abuse pour le ragoût, c’est simple, même toi ;-) tu saurais faire :
    http://www.google.fr/search?q=ra...

    Hein comment ça je ne suis pas dans la rubrique cuisine ? Et je risque de nourrir un troll à faire dévier le sujet vers la nourriture plutôt que vers la sexualité ?

    Pour la tolérance enseignée à l’école ? Honnétement j’y crois peu. L’école n’est pas capable d’enseigner, mais de formater des enfants à un programme éducatif ; programmes qui changent tous les ans et suivant chaque élection. Ceux qui rentrent dans le format réussissent selon les standards, les autres rament.
    L’école n’est pas d’accord sur la façon d’apprendre à lire, alors prendre position pour ou contre des relations humaines…



  10. -|- Delphine Dumont dit :

    Bien des choses à ton ragoût, je persiste à refuser même d’ouvrir la page de la recette. ;)

    L’école ne change pas de programmes à chaque élection, heureusement et malheureusement. Dernier épisode en date, Gilles de Robien a demandé un retour d’apprentissage de la lecture de type “B-A BA”, l’opposition a été si forte dans les écoles qu’il a fallu aller jusqu’à la mise à pied d’un inspecteur d’académie. Je me souviens également d’une intervention de Luc Ferry (à l’époque chargé des programmes scolaires) qui évoquait, lui aussi, les difficultés à manœuvrer le mammouth. Il citait en exemple de programme absurde, l’enseignement en primaire de la différence entre Calvin et Luther, en primaire !! On a des écoliers qui arrivent en 6ème sans savoir lire efficacement mais qui connaissent (ou devraient connaître) la différence entre Calvin et Luther…

    Les gouvernements se succèdent sans avoir de poids réel dans les programmes. On peut s’en réjouir pour l’indépendance de l’enseignement et le déplorer car cela crée des situations hallucinantes (infiltration des sectes ou de la publicité dans les outils pédagogiques).

    Pour le formatage par l’école, je suis tout à fait d’accord avec toi. Fille et petite-fille d’enfants qui ne rentraient pas dans le moule, j’ai involontairement poursuivi la tradition et, après avoir dérouté quelques institutions, j’ai moi-même enfanté 2 exemplaires hors-normes ! :)
    Je connais bien les luttes nécessaires pour faire accepter les différences à l’école. Ce qui me permet de dire que j’ai rencontré des enseignants géniaux et parfaitement ouverts à la différence qui ont cherché à adapter leur enseignement à nos particularités et d’autres qui ont mal réagi, soit par une sur-protection, soit par de l’agressivité. L’ouverture d’esprit et l’adaptabilité devraient être 2 qualités indispensables pour devenir enseignant…

    [edit] En plus, tu ne me donnes même pas un lien vers de jolis tabliers et de belles robes en tergal. Comme troll, tu as encore des progrés à faire ! ;D



  11. -|- Bruce dit :

    Les réformes ne sont pas au programme de 6° mais de 5°, vers la fin d’année. La 6° est traditionnellement réservée à la période allant de la préhistoire au début de l’empire carolingien (à la louche).
    Au risque de te choquer, apprendre à lire et écrire est le rôle du primaire. Il suffit de regarder le bled (édition originale) pour s’en convaincre : en CM2 (ou fin de cycle 3 pour parler à la mode), tous els temps doivent être connus et maîtrisés. Point barre. Ah, juste un petit soucis, dans une volonté d’égalité des chances (mwarf), on interdit de redoubler aux élèves plus d’une fois dans leur scolarité (et de toutes façons, les parents peuvent forcer le passage). Et on ferme les classes spécialisées. Donc TOUT élève se retrouvera en 6° en ayant au plus un an de retard, même quelqu’un à la limite de la débilité (au sens propre). Forcément, le niveau baisse et les programmes se retrouvent décalés. Le gros problème là derrière est que ce glissement se fait au détriment des bons élèves. Pour amuser la galerie et plaire aux parents d’élèves adeptes de l’enfant roi, on fait de l’éveil au primaire à outrance en oubliant les fondamentaux. Pour ne pas brusquer le demi dieu, on ne le force pas à apprendre les tables de multiplication. Pour ne pas le stresser, on ne lui fait surtout pas faire un exo de grammaire (c’est d’ailleurs je coris maintenant interdit au primaire) et si l’instit’ ose le faire, c’est réunion avec les parents.
    Personnellement, je dis stop à cette hypocrisie : tout le monde n’a pas les mêmes aptitudes, il n’y a pas de raison que els bons élèves s’ennuient à mourir sur les bancs de l’école jusqu’aux classes préparatoires, il n’y a pas de raison que le baccalauréat soit dévalué pour que 80% d’une population puisse l’avoir. À force d’avoir honte de ses élites, la France ne trouve rien à faire que de s’enfoncer dans une médiocrité crasse, avec tous les risques que cela peut présenter au niveau économique.
    Maintenant, les réformes sont un point essentiel de notre histoire, qui va expliquer la plupart des événements des 5 ciècles qui suit et donnne une base de réflexion essentielle sur la différence. Pourquoi Genève a actuellement un tel poids économique à votre avis ?



  12. -|- Jimini dit :

    Pi-xel : tu dis "autant l’idée du mariage gay me gene plus…", mais tu ne dis pas pourquoi. Alors, pourquoi ? ;-)

    Delphine : "L’ouverture d’esprit et l’adaptabilité devraient être 2 qualités indispensables pour devenir enseignant…"

    tout à fait d’accord, mais c’est pas gagné ça… même s’il y a du progrès.



  13. -|- Delphine Dumont dit :

    Bruce > Désolée, ton commentaire était resté coincé dans le filtre à spam. Je suis tout à fait d’accord avec tout ce que tu dis. Pour l’histoire de la Réforme, cela a dû changer. Cette intervention de Luc Ferry remonte à plusieurs années et il parlait de l’état des choses quand il est arrivé. Je me réjouis qu’il ait pu changer cela.

    Je suis d’autant plus convaincue de l’intérêt des acquis fondamentaux que je sais qu’ils ne servent pas seulement de base pour tout ce qui viendra ensuite mais aussi d’éléments structurants pour le cerveau. On pourrait penser qu’on peut se passer des tables de multiplication maintenant que les calculettes coûtent moins d’un euro mais cela reviendrait aussi à se passer de calcul mental qui est une excellente formation à la réflexion et à l’analyse (dans tous les domaines). Se passer d’une génération qui réfléchit, certains dictateurs en rêvent probablement, moi pas.

    Je suis un peu alarmée par l’orgueil de certains professeurs et le pouvoir de certains parents d’élèves qui conduisent l’Education nationale à la faillite. Je ne comprends pas pourquoi on a tellement renié ce qui a fait le succès de l’école d’antan, je ne parle pas des blouses, des encriers ou des coups de règle, mais du par-coeur, du B-A BA, etc… Si les experts en pédagogie d’aujourd’hui sont si brillants, ils devraient reconnaître que c’est à cette école qu’ils le doivent et non pas à leurs réformes. Je ne dis pas que cette école était parfaite, je dis qu’elle était bien meilleure que l’actuelle.

    Tu parles aussi des différents niveaux des élèves. La mixité est une bonne chose sauf lorsqu’elle enfonce les moins bons élèves qui n’arrivent pas à suivre et freinent les meilleurs, voire les dégoûtent d’apprendre. Il y a aussi la mixité des origines. Une de mes amies prof a 25 élèves dans sa classe, ils sont originaires de 15 pays (dont la France). Tous ceux qui maîtrisent mal le français font des efforts un temps, puis beaucoup lachent, submergés par les apprentissages. Ceux qui maîtrisent le français apprennent vite qu’ils ont le choix entre aider les autres et sacrifier leur moyenne ou la jouer égoïste et bien s’en sortir. Jolie leçon de l’école…

    Une autre absurdité, c’est celle que vit (mal) ma fille depuis la rentrée. Elle est rentrée en CP, elle a quitté une maternelle douillette où l’on prévoit un temps d’accueil pour les enfants, où l’on a le droit de bouger pendant les cours, etc… pour une classe où il faut rester assis et apprendre, où il faut être opérationnel dès la première minute, où on a des devoirs le soir, un cartable bien lourd pour un si petit dos, etc… Je ne critique pas sa maîtresse qui est la première à regretter la lourdeur du programme du primaire, je me demande simplement si les experts en pédagogie savent ce qu’est un enfant de 6 ans, voire même un enfant tout court ?



  14. -|- Soho dit :

    Delphine, j’ai enfin trouvé ton cadeau de Nowel : minilien.com/?oixckrpw8Q

    Pour le reste (l’article auquel tu fais référence, comme les commentaires de Hello et des autres) : BLURP. C’est court, mais c’est tout ce qui me vient à l’esprit…



  15. -|- Delphine Dumont dit :

    Oh merci ma douce ! J’en rêvais ! :’)



  16. -|- Delphine Dumont dit :

    Sans vouloir faire la difficile, je préfèrerais ça en fait :
    http://www.thecoolhunter.net/fas...
    :p



  17. -|- Jimini dit :

    geekette en tablier va !!
    moi, je veux ça tinyurl.com/unsbs ou ça tinyurl.com/yxjsbt.

    Bah quoi, on peut rêver, non ?
    :p



  18. -|- Delphine Dumont dit :

    Si tu joues à l’EuroMillion et que tu n’habites pas Mouscron, tu as de grandes chances d’augmenter la générosité de Papa Nowel ! ;)



  19. -|- Jimini dit :

    :’-D
    je joue pas à euromillions, je paie déjà des impôts, je vais pas en plus filer de l’argent à l’Etat alors que j’ai aucune chance de gagner…



  20. -|- Delphine Dumont dit :

    Tu le fais exprès aussi. Pfff ! Tu as juste à ne pas habiter Mouscron pour gagner !… Enfin, je crois…



  21. -|- Delphine Dumont dit :

    Pour l’ouverture d’esprit et l’adaptabilité, mes souhaits seraient-ils communs à ceux de Robien ? Je cite :

    « Les futurs enseignants devront maîtriser non seulement leur propre discipline, mais aussi dix compétences que l’arrêté précise. Il s’agit notamment de la maîtrise de la langue française et des nouvelles technologies, ou encore de la capacité à « gérer sa classe », mais aussi d’exigences nouvelles telles que la prise en compte de la diversité des élèves et la capacité à « agir de façon éthique et responsable » (respect de la laïcité, des devoirs des fonctionnaires, etc.). »

    Source : Robien lance la réforme des IUFM dans Le Figaro.



  22. -|- Hocine dit :

    SUITE DANS LA SERIE DELIRE DE DISCRIMNATION

    Dans l’actualité il y a un évenement qui m’amène à poser cette simple question; et mon avis n’engage que moi:

    Monsieur FENECH serait-il frappé d’amnésie ?

    Ainsi on nous apprend que ce député, qui fut membre de la commission d’enquête parlementaire sur les dysfonctionnements de la justice dans l’affaire de pédophilie d’Outreau, annonce la création de "l’Observatoire d’Outreau"!

    Et ce, alors qu’il a été accusé (à raison) d’avoir instruit une commission comme un procès à charge de milliers de parents qui mettrait en danger la vie de leurs enfants !!!
    Se rends-il compte qu’avec cette mascarade il a jeté dans le déshonneur des milliers de parents ???

    A la question de Maria Drucker pourquoi il n’avait pas entendu les Témoins de Jéhovah comme deuxième partie adverse, qui est le minimum pour un magistrat il a répondu, sur le journal de France 3 la nuit du 19 ceci:

    "Nous ne dialoguons pas avec les organisations sectaires" !!!

    Quelle démonstration magistrale d’impartialité; c’est le moins qu’on puisse dire !!!

    Vous rendez-vous compte ; c’est le comble et c’est absolument ridicule ! Ce magistrat est extrêmement mal placé pour ce genre de commission ; c’est comme si qu’on nous disait que le juge qui était en charge de l’affaire OUTREAU faisait partie de cette commission ! C’est un non sens total !

    Le pire et ce qui est beaucoup plus grave c’est cette phrase qu’il a sorti:

    "Les parents doivent comprendre que leurs enfants ne sont pas leur propriété; c’est la propriété de l’Etat !"

    Alors qui les élèvent ??? Trop c’est trop !
    C’est extrêmement scandaleux et je m’étonne que personne à part les TJ n’aient réagit !

    Pour symboliser la gravité du danger je pense que le temps n’est pas à arborer comme badge "touche pas à mon pote!" mais au XXIème siècle:

    "TOUCHE PAS À MON ENFANT !"



  23. -|- Delphine Dumont dit :

    Bonjour Hocine et merci pour ce commentaire.

    Un badge "Touche pas à mon enfant", pourquoi pas ? Malheureusement, le "Touche pas à mon pote" n’a pas réussi à vaincre le racisme…

    Que Fenech puisse dire qu’un enfant appartient à l’Etat est épouvantable. Un enfant n’est pas un bien, il n’appartient qu’à lui-même, ses parents ont le devoir de veiller à tous ses besoins (autant affectifs et matériels qu’éducatifs) mais ils ne le possèdent pas non plus.

    Je suis loin de soutenir les Témoins de Jéhovah mais je ne crois pas que c’est en les diabolisant et en refusant de les entendre qu’on fera avancer les choses. Il y a certainement moyen de trouver entre gens raisonnables un compromis qui garantisse la sécurité de l’enfant à tout point de vue sans que l’Etat le prive de sa famille, cette solution ne devant s’appliquer qu’en dernier recours.

    Je suis très sensible à la protection de l’enfant et je suis persuadée qu’il ne peut jamais y avoir la moindre solution globable dans ce domaine. Chaque enfant, chaque famille est un cas unique dont il faut connaître tous les aspects. Les propos de monsieur Fenech ne vont absolument pas dans ce sens.



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