La Sorbonne s’enflamme encore

Par Delphine Dumont, le 30 mai 2006 | Politique-tac

Cette fois-ci, ce ne sont pas les étudiants qui sont en colère, mais le président de l’université, Jean-Robert Pitte.

Il y a un “e” à la fin de son nom, ce n’est donc pas le frère de Brad. Je dis ça pour vous éviter de poser la question, petits rigolos ! ;)

Maintenant que la mise au point est faite, je vous invite à lire cet article du Figaro :
Le coup de gueule du président de la Sorbonne

Je l’ai déjà dit, je pense qu’il est urgent de mettre en place une vraie politique d’orientation des élèves afin de ne plus les laisser se fourvoyer dans des filières stériles ou se dégoûter des études. Je suis bien placée pour le savoir, c’est très difficile d’étudier quand on n’a aucune idée du métier qu’on voudrait exercer. De plus, les étudiants mal orientés qui entrent dans des filières qui ne leur conviennent pas, font baisser la qualité de l’enseignement reçu. Non pas que les profs en deviennent moins bons, mais la surpopulation des cours rend leur suivi difficile. Pour ceux qui ont les moyens de redoubler ou de se ré-orienter, ce n’est qu’une année de perdue, pour les autres, ça peut être dramatique.

Pour que tout le monde ait une vraie chance, il ne faut pas laisser entrer tout le monde n’importe où. Le président de la Sorbonne parle d’augmenter les droits d’inscription, si aucune solution n’est possible pour les jeunes issus de milieux modestes, on n’aboutira qu’à une sélection par l’argent, ce qui n’est, bien sûr, pas souhaitable. Bref, c’est un coup de gueule intéressant à lire, avec de bonnes pistes de réflexion, mais discutable, forcément discutable, sur certains points.

Delphine Dumont
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14 commentaires pour “La Sorbonne s’enflamme encore”

  1. -|- Balise dit :

    Sur pas mal de points, si tu veux mon avis. On est bien d’accord qu’il y a trop de monde en psycho et en STAPS, c’est une évidence, et que les BTS et IUT sont probablement méconnus pour les débouchés qu’ils offrent (par rapport à une licence de maths).
    Augmenter les droits d’inscription me paraît une excellente méthode pour mettre les étudiants dans la rue :-D
    Et pour finir, "Il est scandaleux que les meilleurs élèves du secondaire aillent en prépa puis dans les grandes écoles alors que ces dernières ne produisent aucune recherche.", en tant qu’ingénieur de grande école et actuellement en thèse en grande école, j’apprécie particulièrement de savoir que je ne produis "aucune recherche"…



  2. -|- Delphine Dumont dit :

    Je savais que ça ne passerait pas inaperçu… ;D

    Les droits d’inscription, je l’ai dit, ce n’est pas une bonne piste, à moins de prévoir une aide pour les élèves de familles modestes. Mais (attention, ça va crier !) je connais l’administration française, ça va encore merder. Ce n’est pas la faute des fonctionnaires (ouf ! ils reposent les fourches…), mais on ne peut pas faire reposer l’avenir d’un étudiant sur le bon fonctionnement d’une administration.

    Les BTS et IUT, oui, il faut les valoriser, tout comme l’apprentissage. Certains élèves apprennent bien mieux "sur le tas" qu’en classe. La formation a plusieurs visages, il n’y en a pas un qui serait meilleur que les autres, il y a des individus, c’est tout.
    Pfff ! J’enfonce encore des portes ouvertes ! :)



  3. -|- Tib dit :

    Augmenter les droits d’inscriptions peut être une solution, mais il ne faut pas trop les augmenter. C’est vrai pour le moment ils sont assez ridicules : à peine 160 euros pour un étudiants non boursier et 4 euros pour un boursier. Il ne faut pas abuser quand même, 150 euros pour étudier un an dans des bâtiments relativement de bonne qualité, avec du matériel informatique accessible à tous, un accès au restaurant et la la bibliothèque universitaire,etc, c’est quand même pas la mer à boire!

    Le gros problème reste bien sur la sélection à l’entrée mais là encore c’est pas gagné, il n’y a qu’à voir le mouvement des étudiants en STAPS (un peu passé inaperçu pour cause de … CPE). Les postes de professeurs de sport ont été diminué. Le gouvernement les avaient augmenté auparavant en vu d’un grand nombre d’inscrit en STAPS, résultat des professeurs ressortaient avec leur diplôme mais ne pouvaient pas travailler faute de lycée ou collège.
    Dès que l’on essaye de "dégraisser le mammouth"(vive Claude Allègre, un des rares hommes de gauche que j’aime écouter), les élèves et syndicats montent au créneau pour faire plier le gouvernement.



  4. -|- Delphine Dumont dit :

    Ah oui, je ne savais pas que c’était si bas. On dirait que ça n’a pas augmenté depuis des années.

    Je sais qu’il y en a beaucoup qui choisissent d’être prof d’EPS, parce que (dans le désordre) :
    1) t’es fonctionnaire, c’est trop cool,
    2) c’est moins dur que prof d’anglais ou de maths et t’as autant de vacances,
    3) il n’y a pas de devoirs à corriger,
    4) faire ça ou peigner la girafe…
    (témoignages recueillis auprès d’étudiants ou de jeunes diplômés par votre humble servitrice).

    Bref, une telle motivation, ça fait peur. Je ne dis pas qu’aucun des inscrits en STAPS n’a réellement et profondément envie de devenir prof pour le plus grand bien-être des jeunes corps qu’il aura sous sa responsabilité. Je dis qu’il est navrant que des étudiants en viennent à faire n’importe quelles études parce que 1) ils ne veulent pas rentrer dans le monde du travail et 2) ils n’ont pas le début du dixième d’une idée de carrière.

    Quand on compare les droits d’inscription au prix d’une école privée, il me semble qu’il faut faire un choix. Soit, on laisse le droit d’inscription très bas et on fait une sélection au mérite, avec à la clé des diplômes ancrés dans le réel, soit on dit clairement qu’on en a rien à faire de l’avenir et qu’on préfère ne pas entreprendre de réformes majeures. Ceux qui viennent d’une famille aisée auront les écoles privées, on recréera l’aristocratie, tout bien, quoi… :(



  5. -|- Jimini dit :

    "Ceux qui viennent d’une famille aisée auront les écoles privées, on recréera l’aristocratie, tout bien, quoi… :("

    euh… je veux pas casser l’ambiance, mais c’est déjà un peu comme ça non ? Ceux qui viennent d’une famille aisée prennent un pied à terre près d’un grand lycée à paris pour avoir une adresse dans la bonne zone pour être dans une bonne prépa pour entrer dans une bonne grande école…
    Moi, je suis pour une sélection à l’entrée de la fac (j’ai fait mes études en angleterre et c’est comme ça, et je peux vous dire que quand je suis arrivée à la fac en France pour la maîtrise, ça m’a fait un choc ;-), par contre, pour ce qui est d’augmenter les frais d’inscription, je serais d’accord si ça changeait quelque chose aux installations et au matériel et si le système de bourses fonctionne bien. En Angleterre, les frais d’inscriptions sont bien plus élevés. L’avantage, c’est qu’on bosse dans des locaux en bon état qui regorgent de salles informatiques top niveaux et qu’on n’est que 10 par cours en TD. Le désavantage, c’est que les élèves qui n’ont pas la chance d’avoir des parents riches et qui ne sont pas dans les premiers et donc n’ont pas de bourses (qui sont données au mérite) sont endettés jusqu’au cou pendant des années…



  6. -|- Delphine Dumont dit :

    Il n’est même pas utile d’avoir une adresse dans le bon quartier si on connait les recours qui vont bien… :/

    Pour les droits d’inscription, si les étudiants ne se précipitent plus n’importe où et ne font que les études qu’ils ont une chance de réussir (donc sélection à la base), les coûts baisseront. Si on n’a plus que 30 étudiants dans une section qui en compte actuellement 800, les frais chûteront et le taux d’équipement/personne sera forcément meilleur.

    Et l’argent n’est qu’un aspect, certes non négligeable. Moi, ce qui me tracasse le plus, ce sont ces jeunes en vrac. Et là, ce n’est pas que la fac, c’est dès le CP que ça doit changer. Il va falloir un champion du dialogue pour éviter tous les blocages qu’on a connus jusqu’ici dès qu’il était question de toucher à l’école. :(



  7. -|- Jimini dit :

    et la mentalité des parents aussi doit changer. Il faut qu’ils comprennent que c’est pas parce que leur gosse va faire un BEP qu’il va rater sa vie et qu’il aura pas de boulot, au contraire… quand je vois mon frère qui a dû galèrer des années dans le système scolaire classique avant que ses parents comprennent que ça ne lui convenait pas, je me dis que c’est un beau gâchis et beaucoup de temps perdu quand même… tout ça pour des préjugés idiots…



  8. -|- Delphine Dumont dit :

    Absolument !!

    J’entendais l’autre jour, Jack Lang parler de la formation des jeunes, il n’avait que les mots “université” et “études” à la bouche. Je crois qu’il est tout bonnement incapable de concevoir qu’il puisse exister d’autres voies et qu’elles soient tout aussi valables ! Quel message propage-t-il ? “Il n’y a qu’une voie et elle est royale*, hors de la fac, les jeunes sont fichus !”. C’est grave même s’il n’est plus à démontrer que ce type est un imbécile trop imbu de lui-même pour comprendre ce qui fait la vie.

    * : sans jeu de mots avec Ségodiche ! ;)



  9. -|- Jimini dit :

    c’est clair… surtout que la fac, en dehors de certaines filières spécifiques trop rares et du DESS (qu’il faut encore atteindre, hein, BAC+5 quand même), ça forme pas vraiment à un métier… et en plus, faire un BEP n’empêche pas d’aller à la fac ! J’ai une copie qui a fait un BEP vente et qui a une thèse de droit !! Y a un truc trop génial qui s’appelle les classes passerelles ;-) Parce qu’on oublie souvent que justement sortir du système classique peut aussi permettre de s’ouvrir à d’autres horizons et réconcilier avec ce fameux système ;-) En fait, le problème de la scolarité telle qu’elle est conçue en France, c’est qu’elle est basée sur un principe d’élitisme vieillot. Et qu’elle est complètement psychorigide ! Et encore, y a du progrès par rapport à y a 15 ans…



  10. -|- Delphine Dumont dit :

    Tu as tout à fait raison ! Un BEP n’est pas une voie de garage comme on le présente trop souvent !!

    Tu devrais faire des interventions dans les écoles pour parler de diversité, dans la formation, dans la vie… Tu serais une sacrée chance pour bien des gamins ! ;)



  11. -|- Jimini dit :

    Ouh là, on voit que tu ne m’as pas connue quand j’étais prof ! Moi, devant des gamins, c’est pas gagné ;-)) Et puis tu sais, "parler de la diversité dans la vie", c’est pas gagné non plus… y a qu’à voir le mal qu’a SOS Homophobie à obtenir l’accord des rectorats pour faire des conférences, non pas sur l’homosexualité en tant que telle, mais sur l’homophobie…



  12. -|- Delphine Dumont dit :

    Prof, c’est une chose, intervenant, c’en est une autre. Je ne sais pas pourquoi “c’est pas gagné” mais dans un contexte différent, qui sait ? ;)

    Pour SOS Homophobie, je comprends bien. Quand je vois l’affaire Garfieldd (cf mes billets sur l’affaire Garfieldd), je devine le tabou que l’homosexualité représente encore dans l’Educ Nat ! :(



  13. -|- Tib dit :

    Bizarre que cela représente un tabou pour des gens qui se disent ouvert et tolérant. Cherchez l’erreur…



  14. -|- Delphine Dumont dit :

    Bien vu ! ;)

    Malheureusement, ils forment les jeunes esprits. Leur racisme, leur sexisme, leur homophobie, leur snobisme, toutes les formes d’exclusion qu’ils peuvent pratiquer (et qu’ils ne pratiquent pas tous, Dieu merci !!), ils les transmettent sans le moindre filtre.

    Par exemple, la prof d’anglais de mon fils lui a ainsi déclaré, sans rire, que tous les avocats étaient corrompus et qu’ils étaient à la solde du patronat…
    Classe, non ?



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