Quelque chose me dit que ça va hurler…

Par Delphine Dumont, le 5 mai 2006 | Politique-tac

Il y a des jours comme ça où j’ai de ces intuitions…! Incroyable ! :)

Sans faire ma Madame Irma de comptoir, je pressens une agitation du coté du corps enseignant et également un bon gros remous du coté du club des AFTF (Anti Fonctionnaires Tous des Feignasses). Je ne crois pas utile de vous préciser que les uns et les autres ne seront pas tout à fait d’accord… :)

Ce qui m’a mis la puce à l’oreille ? Cet article du Figaro (encore eux !) intitulé “Un rapport dénonce les horaires fictifs des profs“. Comme vous le voyez, le titre est un poil provocateur… Cela dit, si ce qui est mentionné dans l’article est vrai, et je n’ai pas de raison de penser que ce soit faux, il y a des anomalies coûteuses et il n’y a pas que le contribuable pour en payer le prix. Les enfants sont les premiers victimes de cette mauvaise gestion.

Encore une fois, malgré le ressentiment que je peux avoir envers certains professeurs et membres de l’Education nationale, je souligne que je ne vise pas les profs, mais une gestion désastreuse d’un système crucial pour notre pays.

Je n’ai pas besoin de chercher une bonne façon d’utiliser cet argent économisable, on pourrait soutenir les UPI (Unité Pédagogique d’Intégration), par exemple. Je connais particulièrement bien deux d’entre elles pour des raisons différentes et je sais combien elles manquent de financement. J’en profite pour saluer et remercier Messieurs Hessel et Quignard de Dijon pour leur excellent boulot. :)

Ce post tombe à pic pour vous parler du “Journal d’un remplaçant“, une bande dessinée réalisée par un professeur remplaçant qui effectue une année dans une classe très particulière. C’est dur et émouvant, très sincère aussi. Il faut lire l’album en ligne et, dès qu’il sera publié, l’offrir à tout son entourage. Je vous en reparlerai lorsqu’il sera disponible ! :)

Delphine Dumont
www.RedacBox.fr, mon site professionnel

Pour commenter ce billet, merci de venir sur mon blog.
Sauf indication contraire, tous les droits sur ce contenu sont réservés.

Technorati Tags : école, éducation, Everland

Lire aussi :

19 commentaires pour “Quelque chose me dit que ça va hurler…”

  1. -|- Steph dit :

    Votre intuition est bonne, la prof feignasse que je suis a bondi en lisant l’article du figaro. Ce qui m’a fait bondir ? Cette phrase : "Une partie des heures d’enseignement est payée en heures supplémentaires afin de tenir compte d’une surcharge de travail lors de l’année du bac (examens blancs, corrections de copies, etc.)." Depuis, 1994, j’enseigne la philosophie au lycée, donc je travaille exclusivement avec des classes de terminale et bénéficie de cette heure de première chaire. Jamais (et pourtant j’ai travaillé dans différents lycées), je n’ai bénéficié d’heures supplémentaires, ni même de congés supplémentaires, pour corriger des examens blancs, ou même aller surveiller (sans être payées) mes élèves durant 4 heures un jour où je ne travaille pas. En soi, cela ne me dérange pas dans la mesure où je considère que cela fait partie de mon travail. Ce qui me dérange, en revanche, ce sont les propos mensongers avancés pour justifier des restrictions budgétaires.
    Au sujet de la rémunération des enseignants, il me semble en effet que la tarification horaire n’est pas satisfaisante. Il faudrait introduire la considération du nombre d’élèves par enseignant (vous n’avez pas la même charge de travail selon que vous avez 125 élèves ou 60) associé au travail que cela donne en termes de corrections de copies. Je ne suis donc pas contre le fait que l’Etat chercher à réaliser des économies ou à gagner en productivité. Mais qu’il fonde ses décisions sur des vérités :) et fasse ainsi preuve d’honnêteté en reconnaissant simplement qu’il considère que les enseignants sont trop payés (1800 euros par mois pour un professeur certifié avec 12 ans d’ancienneté…avec les autres indemnités que l’on reçoit pour les conseils de classe et la fonction de professeur principal, on monte à 1900 euros en moyenne)



  2. -|- Delphine Dumont dit :

    Merci Steph de ces précisions. :)

    Je me doutais bien que les arguments avancés ne reposaient pas que sur des vérités absolues et que la réalité était bien plus complexe !
    Je connais un peu ce qu’on demande aux directeurs d’écoles maternelles et primaires pour une rémunération qui ne mérite même pas ce nom. Pour les profs du secondaire, je suis moins bien informée.

    Certes, j’ai des amis profs qui dénoncent les absurdités dont ils sont à la fois victimes et complices. Ils rient lorsqu’ils sont bénéficiaires et pleurent lorsque cela leur coûte.

    Je retiens de l’article, de votre témoignage et de ceux de mes amis que le "mammouth" a un métabolisme délirant et qu’il est temps de remettre de l’ordre dedans pour le bien-être des enseignants, des élèves et des parents, sans parler des contribuables ! :)

    Encore un débat qui devrait être instauré et dépassionné. L’instruction, à l’instar de la santé, par exemple, est un domaine trop précieux pour ne pas bénéficier des soins les plus attentifs.



  3. -|- MarianneKipleur dit :

    Moi aussi, je bondis, où sont les personnels chargés de ranger, nettoyer … en histoire ou en sciences ? ??? En sciences en lycée, mais pas au collège ( sauf exception, et, dans ce cas, les profs n’ont pas de décharge !) et pas dans les autres disciplines. On veut nous faire avaler,une fois de plus, des couleuvres… Le prof bous émissaire des dysfonctionnements du service public ! Chacun des profs qui aurait une heure de décharge serait-il donc responsable des milliers d’élèves sans profs parce que le ministère ne nomme pas de remplaçants pour des absences de moins de trois semaines ? ( voire plus ! )



  4. -|- Delphine Dumont dit :

    Marianne > J’espère bien n’avoir pas laissé entendre que les profs qui ont une heure de décharge justifiée sont responsables des incuries de l’Education nationale !

    Simplement, la mauvaise gestion n’est plus à démontrer, profs et élèves en souffrent.

    Chaque fois qu’il y a une tentative de réforme dans ce domaine (comme dans d’autres), j’ai l’impression d’assister à des dialogues de sourds. Ministres et enseignants s’affrontent sans s’écouter. Je ne jette la pierre ni aux uns, ni aux autres. Je déplore cependant que tout le monde soit d’accord pour dire que ça va mal et que personne ne puisse rien faire avancer.

    En tant que parent d’élève, j’enrage d’assister à tout cela impuissante, même si je suis très souvent admirative du courage et de la bonne volonté de certains profs, conseillers d’éducation, directeurs d’établissements…



  5. -|- MarianneKipleur dit :

    Non, Delphine, je ne vous ai pas soupçonnée ! C’est l’article du Figaro qui sous-entendait des choses assez scandaleuses. Pour le reste, vous avez entièrement raison, l’Education n’a plus rien de nationale et n’a plus grand chose à voir avec la fameuse "Instruction publique". Moi qui suis laïque, républicaine, pro services publics, qui adore mon métier de prof dans le public, je me demande si je mettrais mes enfants dans ce public si j’en avais à scolariser actuellement. Je l’avoue la mort dans l’âme. Les réformes sont urgentes, mais, ni à droite ni à gauche, on ne voit poindre de réformes qui tiennent la route, sans parler de la rigidité de syndicats, qui, parfois défendent l’indéfendable … !



  6. -|- Frédéric dit :

    1/ Il faut savoir que les heures sup sont comptées à l’année et de manière forfaitaire : est-ce pour autant en faveur des profs ?
    Pour une entreprise, une heure sup coûte 25 % de plus… pour l’éducation nationale, un heure sup de prof revient en moyenne à… 30 % de moins qu’une heure "normale". Ces heures sup n’entrent d’ailleurs pas en ligne de compte pour la retraite, ou en cas de maladie, etc.

    2/ Les heures sup contribuent aussi à augmenter un peu les revenus des profs (car les traitements de base ne sont pas très gros) : comparez les salaires à Bac plus cinq, et vous verrez que les profs ne sont pas très coûteux… Par rapport aux cadres dans l’entreprise bien sûr… Et même par rapport à d’autres fonctionnaires : les primes et accessoires divers du traitement sont en moyenne beaucoup plus faibles (50 % en moyenne pour pas mal de hauts fonctionnaires, 10-15% pour les profs) ; les traitements des profs ont plus perdu en pouvoir d’achat que dans d’autres secteurs de l’Etat.

    3/ J’ai fait le choix d’être prof il y a 30 ans plutôt que d’être ingénieur, j’aime mon métier, mais je constate qu’il n’y a pas photo sur les salaires, qui ont baissé en pouvoir d’achat de 15-20 % environ (à niveau de carrière équivalent), et sont ridicules par rapport à ceux des ingénieurs. De plus, les conditions de travail se sont détériorées fortement depuis mon entrée dans l’Education nationale.
    Certes, il y a plus de vacances qu’ailleurs et il y a la sécurité de l’emploi, mais je ne vois plus autant de jeunes étudiants brillants en maths ou physique choisir l’enseignement plutôt que les carrières de l’entreprise. Tant mieux pour ces dernières, tant pis pour vos enfants.

    4/ Vous pouvez encore baisser les revenus des profs (Allègre l’avait déjà fait !) : ils ne bloqueront pas le pays (ce n’est ni la SNCF, ni la RATP, ni les routiers - leurs grèves n’ont aucune efficacité), ils désespéreront dans leur coin en voyant le manque de reconnaissance de la société, cela ne changera pas grand chose sur le court terme. Puis après, vous pourrez supprimer une bonne part de l’enseignement des sciences (fautes de profs, faute d’argent pour les payer – c’est déjà commencé), puis vous vous étonnerez que la France perd de sa capacité dans les matières scientifiques et techniques (cela commence déjà), mais qu’elle ne peut, comme les USA, « importer » des cerveaux du monde entier. Dommage.



  7. -|- Delphine Dumont dit :

    Marianne > Merci pour votre ouverture d’esprit, c’est si rare, ça fait vraiment du bien ! :)

    Frédéric > Vous soulignez plusieurs points de dysfonctionnement dans notre système éducatif, je vous crois volontiers, vous êtes mieux placé que moi pour connaître cela. Malheureusement, s’il faut impérativement un audit exhaustif afin d’avancer, il faut aussi des propositions. Quelles solutions faudrait-il mettre en place selon vous ?

    Sinon, vous dites : “Vous pouvez encore baisser les revenus des profs (Allègre l’avait déjà fait !) : ils ne bloqueront pas le pays”
    Les enseignants font grève, ils en ont le droit, je ne le conteste pas, je ne dis pas non plus qu’ils le font pour leur plaisir, mais ils le font plus souvent que d’autres corps de métier et ne pensent pas toujours au bien des enfants. Mon fils qui demandait à sa prof si elle faisait grève le lendemain, s’est entendu répondre : “Je ne te le dis pas, le but de cette grève est d’embêter un maximum tes parents. Si je te le dis, ils pourront s’organiser.”. Je ne prétends pas qu’elle soit représentative, je dis juste que ce n’est pas un cas isolé et que ce type de comportement devrait être condamné par ses pairs et non excusé.

    Les profs sont partiellement coupables de la situation actuelle ; par corporatisme, par faiblesse, par entêtement, ils ont contribué au pourrissement d’un système. En faisant preuve d’ouverture d’esprit, à l’instar de Marianne, par exemple, et en acceptant une réflexion forcément douloureuse sur le devenir du mammouth, ils forceront le prochain gouvernement (je crois qu’il n’y a plus rien à attendre de celui-ci, ne serait-ce que pour une question de délais) à avancer sur ce dossier. En se montrant hostile à toute réforme, ils encouragent le ministère à se contenter de sabrer dans les crédits et à fermer des classes.

    Je crois très profondément que les enseignants doivent impérativement être consultés, de la façon la plus ouverte possible, qu’ils puissent exposer tout ce qu’ils constatent, tout ce qu’ils souhaitent, tout ce qu’ils déplorent, mais qu’ils doivent aussi prendre conscience honnêtement des contraintes de l’Etat.

    Enfin, vous parlez de la fuite des cerveaux. Sachez que si nombre de scientifiques ou d’étudiants en sciences partent à l’étranger pour progresser, c’est que souvent, les universités y ont conclu des contrats avec des entreprises privées qui subventionnent les recherches. En France, cela est extrêmement difficile, voire impossible parfois.



  8. -|- Franck dit :

    L’histoire des "petits" salaires des profs est une légende entretenue. Faites vous-même le rapport entre salaire et heures travaillées (moins de 6 mois par an) et vous verrez que les profs ne sont pas si mal payés. Au moins au niveau des ingénieurs aux quels ils prétendent se comparer.
    S’ils travaillaient plus, on pourrait légitimement envisager d’augmenter leurs rémunérations. Mais de cela, ils ne veulent pas entendre parler.
    Alors, gardez vos vacances, vos ponts et vos jours fériés, vos heures de délégation, vos décharges, vos arrêts maladies (jamais pendant les vacances), vos congés maternité (jamais l’été), vos absences pour formations diverses et variées et ne venez plus "pleurnicher".



  9. -|- Delphine Dumont dit :

    Houla ! Tout doux, Franck ! Toutes les opinions sont les bienvenues sur ce blog, mais s’agresser ne fait pas avancer le débat. ;)

    Je vous rappelle aussi que les heures de cours ne sont pas les seules heures travaillées des profs, il faut inclure la préparation des cours, la correction des copies, et autres tâches diverses ~invisibles~. Cela dit, même en tenant compte de ces heures, il est probable qu’on atteigne pas le même nombre d’heures qu’un ingénieur du public et encore moins du privé. La rémunération mensuelle moindre se "justifie" donc si le taux horaire réel est identique, sinon, il y a là aussi quelque chose d’anormal.

    Pourquoi exprimez-vous une telle colère envers les profs, Franck ? Je ne cherche pas à vous psychanaliser, rassurez-vous, mais vous n’êtes pas le seul à avoir ce ressentiment et j’aimerais comprendre.



  10. -|- Franck dit :

    Je n’ai aucun ressentiment, Delphine, mais plutôt une grande lassitude. Les enseignants parlent toujours de préparation des cours, mais croyez-vous qu’un ingénieur ne se tient pas continuellement à l’écoute des progrès techniques, hors de son temps de travail ? croyez-vous qu’un médecin ne lit pas des tonnes de revues et ne s’informe pas, en dehors des temps de consultations payés ? Coyez-vous qu’un cadre dirigeant puisse se dispenser de faire des centaines d’heures de relations publiques hors du strict cadre de son temeps de travail en entreprise ?
    Je suis lassé de ce débat qui voudrait que l’enseignant veuille être payé et considéré comme cadre supérieur en travaillant comme un ouvrier. Huit heures par jour et puis rendre son tabler.
    J’ai mis mes enfants dans le Privé, non par conviction mais dans leur intérêt. Ils jouissent, dans cette structure, d’intérêt et de considération. Les mouvements de grève sont très rares, voire inexistants. On peut parler aux profs après les cours cat ils ne s’égayent pas dans la nature en courant. Les enfants comme les parents sont respectés. les droits de l’homme aussi. Les droits du travail également.
    Pour le reste, les chiffres publiés par le Figaro sont éloquents. 92.000 enseignants sont dispensés… d’enseigner. Si vous pouvez me l’expliquer clairement je vous en serai reconnaissant. Et la France aussi.



  11. -|- Delphine Dumont dit :

    Merci Franck pour ce nouveau commentaire très argumenté. Effectivement, les cadres sup’ et professions libérales continuent à travailler après la sortie de leur bureau et comptent rarement leurs heures.

    Pour autant, il ne faut pas oublier que le métier de professeur est extrêmement exigeant, instruire des enfants demandent une énergie considérable. Regardez les profs le soir, ils semblent vidés, exténués. Je sais qu’une part de cette fatigue provient d’un stress inexcusable, ce stress étant causé par le système éducatif et ses absurdités, par les élèves, par les collègues, par les parents, etc… Inexcusable car grandement évitable. Je ne considère pas les profs que comme des victimes, je l’ai dit, ils sont partiellement responsables de l’état actuel de notre système éducatif, mais ils en souffrent aussi. Au nom d’une nation qui se veut grande, du bien-être des enfants et du personnel enseignant, de l’avenir que nous souhaitons meilleur, il est grand temps de surmonter les griefs respectifs et de s’écouter mutuellement pour une vraie réforme. J’imagine bien qu’il y aura des heurts et des cris, mais il faudrait quand même sérieusement que ça avance, c’est grave, là !



  12. -|- Frédéric dit :

    Un peu de vérité, SVP !

    D’après Franck : " Pour le reste, les chiffres publiés par le Figaro sont éloquents. 92.000 enseignants sont dispensés… d’enseigner. "

    Mais d’après le Figaro : " Le rapport considère comme « peu justifiés ou obsolètes » plusieurs types de décharges dont le total correspond à 12 000 postes à temps plein. "

    1/ Ce n’est pas la même chose. Ce n’est pas "92 000" profs "dispensés d’enseigner" mais l’équivalent de "12 000 postes" si on supprime certains avantages des profs (si j’ai bien trouvé la source de votre chiffre étonnant… et faux).

    2/ La réalité est la suivante : certains postes (enseignants en classe de première et terminale, chargés de labo en physique ou en SVT) font l’objet de ce qu’on appellerait "prime de technicité" ou "prime de sujétion spéciale" dans d’autres métiers ; c’est payé en heures sup à travers le mécanismes des "heures de décharge". On a tout à fait le droit de penser que c’est trop et qu’il faudrait moins payer les profs, comme on a le droit de trouver qu’on paye trop son médecin ou son boucher. Cela ne dit pas que les profs en question ne travaillent pas comme vous semblez le croire.

    3/ Je n’ai pas vérifié le chiffre de " 12 000 équivalents temps pleins " cité par le Figaro. Acceptons-le. Il y a je crois environ 500 000 ou 600 000 profs (collèges et lycées) : cela veut dire que ces heures liées à une activité et un poste particuliers se montent à 2 % en gros de la masse salariale : on voit l’énorme scandale d’avoir une telle part de rémunération variable et son importance (variable car cette part dépend du poste et des classes qui peuvent changer d’année en année). Bien sûr, il y a encore quelques autres rémunérations annexes du même genre… Mais on sera de toute façon loin d’un treizième mois en pourcentage ! Ou des primes d’autres métiers.

    4/ La réalité est plus simple : le ministère de l’Education est à la fois très " dépensier " (en % du budget de l’Etat, vu le nombre d’élèves et de profs), et dans la misère (non parce qu’il serait mal géré, mais parce qu’il n’y a aucune marge de manoeuvre budgétaire possible en France aujourd’hui)… Alors les gestionnaires du ministère cherche à piquer du fric là où ils peuvent : entre autres, sur les éléments de rémunérations annexes des profs en disant " ce n’est pas justifié de payer cela "…

    (remarque : je n’ai jamais été remboursé des frais de transport pour les formations permanentes que j’ai pu suivre, et j’ai bien sûr payé de ma poche les outils dont j’ai besoin au quotidien pour travailler - les livres notamment.)

    5/ Vous avez raison de nous jalouser sur nos vacances (été notamment). Même si on bosse aussi pour une part durant ces vacances (lectures, préparations de cours, et bien sûr paquets de copies pendant chacune des petites vacances). Sur le reste (rémunération à l’heure de travail, conditions de travail, travail durant le week-end), je crois que vous êtes dans l’illusion complète : le métier de prof ne vaudrait pas le coup sur ces critères.
    Mais si on l’a choisi, c’est bien sûr pour d’autres choses : aimer enseigner et faire progresser des élèves, aimer une matière, et au point de sacrifier beaucoup pour cela.



  13. -|- Delphine Dumont dit :

    Je savais bien que ça allait réagir ! :D

    Bon, sinon, Franck et Frédéric, c’est merveilleux, vous êtes d’accord pour dire que tout ne va pas bien dans l’Education nationale, et c’est même un doux euphémisme.
    Maintenant, il s’agit d’avancer et de proposer. Sinon, c’est un débat stérile, typiquement le style que je déteste.

    Savez-vous qu’à l’hôpital Beaujon, une analyse des méthodes de travail a été réalisée par un cabinet indépendant (le cabinet de conseil McKinsey) afin de relever les mauvaises habitudes et les mauvaises organisations coûteuses en temps et en argent ? Le Figaro (encore lui ! :D) relate l’histoire :
    A Beaujon, des consultants révolutionnent le travail aux urgences
    Les progrés obtenus sont vraiment impressionnants. Par exemple, le temps moyen d’attente aux urgences est passé de 90 minutes à 40 ! Quand on sait tout le stress généré par l’attente, pour le patient, ceux qui l’accompagnent et le personnel soignant, c’est un plus extraordinaire ! Je vous laisse lire l’article pour voir toutes les autres améliorations, c’est très intéressant. :)
    Je me demande si le mammouth serait prêt à se faire ainsi explorer ? On a parfois l’impression que dès qu’on fait mine d’étudier son fonctionnement, ses gros globules blancs interviennent comme si c’était forcément une attaque…



  14. -|- franck dit :

    Je vous laisse le mot de la fin, Delphine. car ce débat est épuisant. Un vrai dialogue de sourds.
    Les 92.000 profs dipensés d’enseigner, c’était dans le rapport de la Cour des Comptes 2005. Mais, bien sûr, c’est faux…



  15. -|- Delphine Dumont dit :

    Merci Franck. Mais je crois que nous ne pouvons accepter d’en rester là. Même si, et c’est son droit le plus strict, Frédéric préfère penser que les chiffres sont truqués et que si certaines choses vont mal dans l’Education nationale, ça ne peut être le fait des enseignants, il existe beaucoup d’autres personnes, dont des enseignants justement, pour vouloir que cela change. Je pense à Marianne entre autres, mais aussi à beaucoup d’autres.

    Internet permet de développer beaucoup d’espaces de discussion (blogs, forums, portails,…). S’il n’en existe pas qui aillent dans le sens d’une discussion constructive sur l’instruction, il est facile d’en créer. Ne baissez pas les bras, Franck, nous sommes tous acteurs de notre société et de notre planète. A nous de choisir d’avancer ! :)



  16. -|- Frédéric dit :

    Franck dit : "Les 92.000 profs dispensés d’enseigner, c’était dans le rapport de la Cour des Comptes 2005." Je crois ce chiffre faux ou ne pouvant signifier ce que vous croyez, même si je vous crois sincère (92 000 profs, c’est en gros 15% à 20 % des profs, c’est énorme, et je peux vous garantir qu’il n’y a pas un prof sur cinq dispensé d’enseigner !).
    Alors, pourriez-vous indiquer à quel endroit dans le rapport susdit ? Je n’ai pas trouvé dans le rapport 2005 (ce qui ne dit pas qu’on ne peut trouver ce chiffre ou un autre, mais je voudrais comprendre ce que ce chiffre ou un autre pourraient éventuellement signifier !). Pour le rapport de la Cour des Comptes 2005, cf. http://www.ccomptes.fr/Cour-des-... et http://www.ccomptes.fr/FramePrin...

    Merci



  17. -|- Franck dit :

    Delphine, au secours.
    Comment un de vos interlocuteurs peut traiter les chiffres de "faux" parce qu’ils ne les connait pas. C’est ahurissant et révoltant. Je ne supporte plus la mauvaise foi et je ne veux plus parler avec ce Frédéric, ni même l’aider à ouvrir les yeux. Eh oui ! 92.000 profs qui n’enseignent pas, c’est énorme (je m’étais même trompé car ils sont 97.000). Et c’est la vérité. Tant pis si elle dérange… Pas de quoi traiter les autres de menteur quand on est ignorant.
    Effrayant de médiocrité.
    Mais si, en plus, je suis obligé de faire la lecture à ceux qui ne savent pas où sont les informations. Voici pour mémoire plusieurs textes parus à l’époque avec, bien sûr, la "polémique" stérile les accompagnant :

    Enseignants sans élèves: l’Education nationale conteste des "amalgames"
    11/03/05 - Le ministère de l’Education nationale a considéré vendredi que le rapport de la Cour des comptes évoquant 97.000 enseignants qui ne sont pas devant leurs élèves donne des chiffres réels, mais il conteste des "rapprochements et amalgames" déformant la réalité.
    "Les chiffres ne sont pas contestables et d’ailleurs, ce sont les nôtres car nous avons travaillé pendant six mois avec la Cour et joué la transparence", a déclaré à l’AFP le directeur des personnels enseignants, Pierre-Yves Duwoye.
    "La Cour ensuite a pris ses responsabilités pour rédiger ce rapport, commandé en 2003 par le président de la commission des finances de l’Assemblée, Pierre Méhaignerie, et nous contestons la présentation qui en a été faite, les rapprochements et amalgames qui ne semblent pas justifiés et peuvent prêter à une image déformée de la situation", a-t-il ajouté.
    S’agissant de ces 97.000 enseignants, "nous contestons essentiellement le chiffre de 32.000 enseignants +sans classe et sans activités pédagogiques+, qui regroupe des situations très différentes, qui mélange les deux problématiques et ne tient pas compte de tous ceux qui travaillent autrement", a-t-il souligné.
    ——————————————————————————–
    Décharge, détachement, disponibilité, formation: enseignants hors la classe
    11/03/05 - Que font les 97.000 enseignants qui ne seraient pas installés en classe devant leurs élèves mais "inoccupés" ou occupés ailleurs et qui sont mentionnés par la Cour des comptes, dans un rapport épinglant la gestion des enseignants par l’Education nationale ?
    Ils sont "détachés", "mis à disposition", "en disponibilité", "déchargés", en "surnombre", affectés à des remplacements, chargés d’autres missions ou effectivement inoccupés.
    Le ministère de l’Education nationale, qui ne conteste pas les chiffres mais leur présentation et un certain "amalgame", a fait vendredi le point de la situation.
    - 21.000 enseignants hors du système éducatif dit la Cour. Ce sont 9.000 enseignants "en disponibilité", c’est à dire ayant décidé de quitter temporairement l’enseignement pour écrire un livre, élever des enfants, voyager… et 12.000 "détachés", travaillant pour les collectivités territoriales, la Culture ou l’Enseignement à l’étranger. Aucun n’est payé par l’Education nationale.
    - 26.500 sont dits, par la Cour, hors secondaire ou hors ministère. Ils exercent en IUFM, ils font de la formation pour adultes ou ils enseignent en prison.
    - 18.000, dit encore la Cour, exercent des activités pédagogiques mais hors présence dans une classe
    - Enfin, 32.000 sont dits "sans classe ni activité pédagogique".
    Le ministère conteste à la fois l’amalgame entre ces deux dernières rubriques et la réalité même de l’absence d’activités pédagogiques pour beaucoup. Il explique que sur ces 50.000 enseignants (18.000 plus 32.000), ils ne sont que 1.700 totalement inoccupés car malades et incapables d’enseigner (1.000 en traitement et 700 en réadaptation) tandis que 1.400 sont en mi-temps thérapeutique.
    Il y a également 2.400 enseignants en "surnombre", titulaires d’une discipline déficitaire en élèves comme l’allemand ou la techno. 1.900 sont en formation pour enseigner dans une discipline connexe tandis que 500 sont déjà réaffectés. Il y a aussi 9.500 remplaçants dits "inoccupés" par la Cour. Le ministère souligne qu’ils sont occupés à 80% en fonction des besoins.
    On trouve encore 3.350 enseignants exerçant comme conseillers pédagogiques, 650 travaillant au Cned (enseignement à distance), 3.100 affectés à des fonctions administratives.
    Restent enfin les enseignants bénéficiant d’une "décharge" ou "mis à disposition". Ces derniers (1.400) sont payés par l’Education nationale mais travaillent ailleurs, dans des institutions parascolaires ou associatives comme la Ligue de l’enseignement, à la Cité des sciences, à l’Institut du monde arabe ou dans les directions régionales d’action artistique (Drac).
    Quant aux "décharges", c’est à dire les dispenses complètes ou partielles de cours, elles concernent 7.050 directeurs d’écoles et 6.200 professeurs d’éducation physique dont une partie du temps statutaire est consacré à l’animation sportive.
    Il y a aussi 1.400 décharges syndicales qui sont de droit. Il y a enfin 7.800 décharges, dites statutaires (une heure de cours en moins accordée aux enseignants des classes d’examen) et 4.000 décharges non statutaires (accordées par exemple pour soutien scolaire).

    ——————————————————————————–



  18. -|- Delphine Dumont dit :

    Franck et Frédéric > Même si ces chiffres de 92 000 enseignants qui ne sont pas dans les classes recouvrent en fait des réalités extrêmement différentes, ils disent clairement que l’examen du système est terriblement périlleux. Je m’étonne toujours de l’extrême sensibilité de certains qui fait qu’ils se croient attaqués alors qu’il ne s’agit que d’une analyse pour rechercher comment améliorer le fonctionnement d’une administration qui va mal, qui va même très mal.

    Je m’étonne, je ne parle pas que pour vous Frédéric, bien sûr, que chacun, à l’intérieur ou à l’extérieur, n’ait pas à cœur de remettre cette merveilleuse institution sur les rails. L’instruction obligatoire et gratuite pour chaque enfant est quand même, à mes yeux du moins, la meilleure chance d’un avenir meilleur pour chacun et pour tous ! Aujourd’hui, des enfants sortent du système scolaire sans savoir réellement lire ou compter, beaucoup sortent démotivés, l’école ne tient plus ses engagements malgré la qualité de son personnel (j’insiste !), il faut se calmer, s’expliquer, écouter, comprendre, analyser, c’est indispensable.

    Frédéric, je suppose, je peux me tromper, bien sûr, que vos réponses, si vives, sont l’écho d’une souffrance, de la dévalorisation sociale de votre métier peut-être aussi. Cependant, vous qui semblez si passionné par votre domaine, n’avez-vous pas à cœur de léguer une éducation nationale en meilleur état qui sera plus profitable à tous et suscitera, je l’espère, des vocations ? Entre vous et moi, Frédéric, les chiffres, on s’en fout, hein ? Ce qui compte, ce sont les enfants, le savoir, c’est si précieux tout ça ! :)

    Franck, entre vous et moi, on s’en fout toujours des chiffres, non ? Ce qui vous importe, ce qui m’importe, c’est que cette institution que nous jugeons cruciale soit plus transparente, plus ouverte, plus actuelle, non ? :)

    Alors, arrêtons les histoires de chiffres, les mots durs, réfléchissons à ce que nous voudrions comme école, ce que nous voudrions pour l’école. :)



  19. -|- Fredéric dit :

    Merci Franck,

    Merci d’avoir donné le détail des chiffres.
    Maintenant je vois d’où vient ce chiffre de 92 000 ou 97 000 ! Le détail montre bien que j’avais (à mon sens) raison de dire que ce n’était pas possible (au sens où je croyais que vous le disiez : 92 000 profs payés à ne rien faire - je m’étais peut-être mépris sur le sens de votre propos).

    Parmi les 92 000 ou 97 000 :
    Il y a ceux qui ont quitté provisoirement ou définitivement l’enseignement et le ministère de l’éducation (et qui donc ne sont pas payés par le ministère de l’Education), il y a ceux qui enseignent dans le supérieur ou qui enseignent à des adultes, il y a ceux qui sont formateurs d’enseignants, il y a ceux qui ont une décharge partielle parce qu’ils ont une responsabilité particulière au service de l’Education nationale (directeurs d’école, animation sportive par exemple), il y a ceux qui font du soutien scolaire, il y a ceux qui ont une tâche de principal ou de proviseur (tâche à la fois pédagogique et éducative), il y a ceux qui sont malades, il y a ceux qui ont une décharge syndicale, etc. Vous voyez bien que là dedans, il y en a qui enseignent encore ou assurent des tâches qui tout à fait normalement des tâches d’enseignants (directeurs d’établissements, formation d’autres enseignants, etc.) ! d’autres qui ont quitté le métier (disponibilité, détachement) même si certains reviendront peut-être un jour ! d’autres, pas les plus nombreux, de très loin, qui sont effectivement dispensés d’enseigner tout en étant payés par l’Education nationale (décharges syndicales par exemple).
    On doit avoir des chiffres analogues ou très supérieurs (sans polémique) pour les ingénieurs : beaucoup font du management, des finances, parfois des RH, de la direction d’entreprise, sans être dans le coeur du métier d’ingénieurs, sans que ce soit du tout anormal. Idem pour des tas de métiers (allez voir ce qu’il en est des conseillers à la Cour des comptes qui ne travaillent pas à la Cour des comptes !).

    Les seuls chiffres qui me semblent correspondre à un situation anormale ou discutable dans ceux que vous citez, et qu’on espère voir baisser, c’est d’abord les mises à disposition (1400). Et puis il y a les 1700 malades qu’on souhaiterait voir guéris bien sûr (nul ne souhaite à autrui un cancer, un infarctus, une maladie psychique ou un AVC) ! Il y a enfin 20 % des 9500 remplaçants.
    En tout, quelques milliers, mais certainement pas quelques dizaines de milliers ou près de 100 000 comme le fait croire ce chiffre de 92 000 (ou 97 000) qui amalgame tout et n’importe quoi.

    Je le redis : Quand un prof de musique anime une chorale scolaire, il enseigne même si ce n’est pas au "sens" du rapport cité ; quand un principal de collège fait des semaines de 60 heures, il n’est pas un enseignant glandeur ; et quand un professeur travaille à plein temps comme journaliste dans un quotidien, il n’est pas "dispensé d’enseigner" : il a quitté son métier (au moins provisoirement). Alors ne mélangeons pas tout.



Écrire un commentaire

Propulsé par WordPress | Blue Weed par Blog Oh! Blog | modifié par Delphine Dumont
Billets (RSS) et Commentaires (RSS). | Fil Twitter de ce blog