Triple bravo

Par Delphine Dumont, le 19 décembre 2006 | Coup de chapeau

J’ai déjà évoqué plusieurs fois comme France Télécom - Orange pouvait se montrer peu serviable et peu professionnel. Je ne suis malheureusement pas la seule à connaître la joie de leurs fantaisies ainsi qu’en témoignent Aymeric Jacquet et de nombreux commentaires que vous m’avez gentiment laissés. Je suis donc particulièrement ravie de pouvoir dire que tout n’est pas noir chez eux !

J’ai lu ce matin l’article “L’origine génétique de l’autisme confirmée” sur Le Figaro en ligne. Un passage m’a inspiré ce billet, le voici :

«  C’est comme un canevas qui va permettre aux autres protéines de bien se positionner au niveau de la synapse », explique Thomas Bourgeron, qui tient à souligner que le mérite de cette découverte revient à Christelle Durand une jeune chercheuse qui, à bac + 8, gagne royalement 1 100 euros par mois et qui n’a pu continuer à être payée que grâce à une bourse de la Fondation France Télécom…

Dans l’ordre de citation ci-dessus, bravo à Thomas Bourgeron pour son honnêteté intellectuelle, c’est si rare qu’un grand patron ne s’attribue pas les mérites de ses subordonnés. Bravo à Christelle Durand pour sa découverte et son courage, être payé 1100 € à bac+8, il faut avoir la foi ! Bravo à France Télécom pour avoir si bien utilisé son argent !1

Delphine Dumont
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Technorati Tags : Thomas Bourgeron, Christelle Durand, France Télécom

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9 commentaires pour “Triple bravo”

  1. -|- Antoine Fowler dit :

    Son patron l’a mis en tête de la publication qui est la place de choix après celle du dernier (c’est la règle) qui est la référence (du labo en l’occurence) http://www.nature.com/ng/journal...

    Je ne veux absolument pas entamer une querelle public-privé mais ceci reflète le caractère indispensable de l’INSERM.

    A bien regarder aussi le ratio H/F de ce travail.

    L’article du Figaro est en plus excellent ce qui n’est pas facile sur un sujet si complexe en si peu de lignes. Celà me rappelle les articles de Claire BRISSET dans un autre Monde.



  2. -|- Jimini dit :

    Bravo à Christelle Durand pour sa découverte et son courage, "être payé 1100 € à bac+8, il faut avoir la foi !"

    encore, elle, elle a de la "chance". Elle a un boulot… j’ai une copine thésarde caissière dans une chaine de magasin de sport et un autre qui court de CDD en CDD… tout ça parce qu’ils ne veulent pas partir bosser en Angleterre ou en Irlande où on les traiterait comme des rois…



  3. -|- Delphine Dumont dit :

    Antoine > Je suis tout à fait d’accord avec toi. L’INSERM mérite d’être défendu avec tout ce que cela sous-entend de courage politique et citoyen. Il fait partie des institutions qui prouvent que notre pays est un grand pays mais qu’il faudrait lui accorder les moyens de le prouver plus souvent. Et je suis aussi d’accord sur toi pour la qualité de cet article, vraiment bien écrit sur un sujet pourtant peu accessible. :)

    Jimini > Je suis d’accord avec toi, notre recherche est dans un état lamentable alors que le besoin est toujours présent, plus fort que jamais peut-être même. La répartition du budget est toujours aussi clientéliste et, évidemment, la recherche n’a guère de chances d’être servie. Je n’entends pas beaucoup ce thème non plus dans la (pré)campagne électorale. :(



  4. -|- Jimini dit :

    pour les budgets, c’est pire que ça. Un pote à moi bosse au CNRS, tous les gens, ils achètent des trucs dont ils n’ont pas besoin juste pour être sûr d’avoir le même budget l’année suivant parce que s’ils ne dépensent pas tout, leur budget baisse… au lieu de pouvoir cumuler pour avoir un budget supérieur l’année suivante… c’est débillissime…



  5. -|- Delphine Dumont dit :

    Oui, je sais. Un de mes amis est parti au Québec finir ses recherches, il y a été reçu comme un prince, ça lui a fait un certain choc. Dans l’armée de l’air, je ne sais pas si c’est toujours pareil mais il y a quelques années, les avions devaient aussi brûler tout le stock de carburant pour obtenir le même budget l’année suivante. Ce qui n’empêchait pas certains bâtiments d’être en piteux état ou certains meubles d’avoir grand besoin d’être mis au rencart, mais il n’y avait pas de budget attribué. Je comprends très bien la difficulté de budgeter les besoins de telles masses mais je pense qu’aujourd’hui avec tous les outils d’aide à la gestion, il y a sûrement moyen d’affiner.
    Je repense aussi au récit d’Umberto Eco au sujet du rachat de papier toilette alors qu’il n’y avait pas de budget prévu et qu’il avait fallu utiliser un autre budget au prix d’exercices d’équilibrisme comptable hallucinants. :)



  6. -|- Balise dit :

    Jimini : le plus drôle, c’estt quand les crédits sont débloqués au 1er novembre et à dépenser avant le 15 novembre. Un grand moment.



  7. -|- Jimini dit :

    balise : ah oui, très fort… !



  8. -|- Aymeric Jacquet dit :

    Bonjour Delphine, et au passage merci de relayer mes déboires avec nos amis communs.

    Le problème des budgets "alloués" est un vieux sujet de discussion au sein du "service publique", c’est hélas une problématique extraordinairement complexe et monstrueusement cloisonnée, chacun prêche pour sa paroisse et la plupart du temps ne peut même pas venir en aide au voisin.

    Quelques exemples tous bêtes :
    Quand j’étais à l’armée, à l’école de Saumur, un jour mon "chef" me dit d’aller au hangar X pour chercher du matériel de sono, j’y vais, et là j’entre dans la caverne aux merveilles. Imaginez un bâtiment de 1000 m² rempli de matériel informatique neuf, sous cartons et de matériel plus ancien mais largement en état de marche. De quoi équiper des dizaines d’écoles. j’en parle à mon "chef", il me répond : c’est du matériel commandé pour clore les budgets, le reste c’est du déclassé qui ira un jour à la vente au domaine. Impossibilité d’en faire don à une autre "administration".

    Idem pour la mairie de Nantes, des entrepôts remplis de matériel "déclassé", des bureaux neufs ne répondant plus aux "normes informatiques" (au passage un appel aux services techniques, deux ou trois petits coups de perceuse et ça répond aux normes hein). Alors qu’à la même époque, au commissariat central de Nantes, les gars du service de l’Identité Judiciaire travaillaient sur des bureaux en bois datant des années 20 et avaient pour seul ordinateur un vieux 8086 qu’ils avaient "récupéré" dans les restes d’une saisie de matériel non réclamé.

    Mais voila, il y a l’état, il y a les régions, les départements, les villes, les communautés de communes etc, etc. Et on ne va pas filer au voisin (qui en a pourtant besoin), ça ne se fait pas ma bonne dame.



  9. -|- Delphine Dumont dit :

    Bonjour Aymeric,

    Merci pour ce commentaire. L’achat de fournitures (de tous ordres) est un énorme casse-tête pour l’administration et pour les entreprises. Mais, autant les secondes ont été contraintes d’affronter la question, autant la première continue à marcher sur la tête.

    Je connais une administration dont le budget "papier" n’a pas été revu depuis des années. Le calcul du nombre de rames nécessaires n’a pas été modifié malgré la numérisation croissante de la communication. Résultat, les rames s’empilent et un véritable trafic de revente s’est créé. Ce n’est même pas par esprit de lucre, l’argent récolté sert à acheter des supports mémoire (cartes, disques externes, clés USB, etc…) pour l’administration elle-même. C’est du grand n’importe quoi…

    La Cour des Comptes pointe régulièrement les achats mais elle semble crier dans le désert.

    Je suis bien d’accord avec toi, des échanges entre administrations ne seraient pas du luxe. Voir ces fournitures dormir jusqu’à revente ou décomposition, c’est lamentable…



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