Le sexisme n’est pas obligatoire

Par Delphine Dumont, le 28 février 2008 | Tous concernés

Pour bien vivre en société, il y a des règles à respecter. Sur la route, c’est le code de la route. À table, c’est le code de la Baronne. Pour tout le reste, il y a Eurocard Mastercard Dalloz.

Le racisme, le sexisme et toutes les autres formes d’exclusion ne sont ni nécessaires, ni obligatoires. Ce sont juste des cerises pourries sur le gâteau.

Sous mon billet Quand le cinéma fabrique du sexisme, une phrase du commentaire de JTK me chatouille :

« ensuite, la plupart des petites filles et des femmes préfèrent les histoires d’aventures dont le héros est un garçon ou un homme (et je dis “la plupart” pour ne pas dire “celles qui sont normales”) »

Je passe sur ce qui est entre parenthèses, même si le sous-entendu “les filles qui préfèrent les héroïnes sont anormales” me navre totalement. Venons-en au principal, cette affirmation d’une préférence des héros masculins. Ni une, ni deux, Google est mon ami, je lance une recherche. Il me faut moins d’une minute pour trouver ceci :

« le piège de l’androcentrisme
Les adultes considèrent encore le masculin comme le sexe par défaut, ils pensent que les histoires avec un héros conviennent tant pour les filles que pour les garçons, c’est faux ! Les filles préfèrent les histoires avec des héroïnes mises en scène dans des rôles valorisés et variés, tout comme les garçons préfèrent les histoires avec des héros. » [Lab-elle]

Et ceci :

« Dans une vaste enquête réalisée en 1979, Chombart de Lauwe et Bellan ont demandé à des enfants des deux sexes âgés de 8 à 12 ans de nommer et décrire leur héros ou héroïne préféré-e. Globalement, leur préférence va à un personnage principal de leur propre sexe. Cependant, ce phénomène est plus marqué chez les garçons que chez les filles puisqu’il concerne 95 % de ces derniers contre seulement 54 % des filles. » [Imaginaire et stéréotypes par Anne Dafflon Novelle, Docteur en psychologie et chercheuse en sciences sociales]

Je m’en doutais un peu à voir, sur l’étal de ma librairie préférée, une profusion de collections de livres sexués. C’est à dire, peu ou prou le même livre mais en version fille et en version garçon. Par exemple, “Zoé et les Bêtises” et “Jules fait des caprices“.

Donc, non, le sexisme n’est pas obligatoire. Non, il n’était pas nécessaire de faire de la sympathique petite héroïne du livre “Le dragon de mer”, un plat de nouilles hystérique pour le cinéma. Non, il n’est pas nécessaire de donner systématiquement aux filles, une image dégradante et dégradée de leur genre. En revanche, oui, il est nécessaire, visiblement, de rappeler qu’une fille est l’égale d’un garçon.

Pour ceux qui voudraient continuer à creuser la question, je recommande ces liens :

  • Littérature de jeunesse pour une égalité filles/garçons (bibliographie) sur le site du CRDP Midi-Pyrénées ;
  • Citrouille, blog des Librairies Sorcières qui aborde la question du sexisme dans la littérature enfantine dans de nombreux billets.

Je ne pouvais pas finir ce billet sans vous montrer ça :

Marque-pages de l'association Lab-Elle
Marque-pages de l’association Lab-Elle
à laquelle je me suis empressée d’adhérer. :)

J’adore ! Ça me fait penser au tee-shirt que porte une jeune femme dans une planche de Boulet et qui affirme “On peut être féminine et poutrer du zombie”. Cette phrase est extraite du documentaire “Suck my geek” (bande-annonce visible sur Dailymotion).

Delphine Dumont
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Technorati Tags : sexisme, filles, littérature

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25 commentaires pour “Le sexisme n’est pas obligatoire”

  1. -|- Claudius dit :

    Sympas les marque-pages.

    Déjà Barbarella avait porté un coup au machisme des héros, mais Barbarella c’est l’antiquité. Plus près de nous Lara Croft n’est pas mal non plus.

    Dernièrement, me baladant avec mon petit dernier (12 ans), parfois trop ancré dans ce type de caricature, et croisant une petite fille en train de larmoyer, je lui ai dit, "tu as vu, elle pleure comme un petit garçon".
    Effet immédiat !



  2. -|- london dit :

    Bravo pour ce billet Delphine ! Tu connais sans doute ma sensibilité sur ses questions, je relaie donc autour de moi (merci pour les liens !!)

    Bises et bonne journée !



  3. -|- Patapé dit :

    Oui, oui et oui !

    A quand "copain de geekette" ? Notons daux passage que copine de geek a l’air d’être dans un état végétatif avancé :/
    Pas pour cause de rupture des liaisons geekesques j’espère ! :D



  4. -|- Delphine Dumont dit :

    Claudius > Excellente, cette petite phrase ! :)
    London > Merci à toi aussi et bises aussi ! :)
    Patapé > A mon avis, les copines de geeks sont sur WoW, on n’est pas là d’avoir une actualisation du site ! ;D



  5. -|- effigy dit :

    l’ultime étape : "les filles chassent les garçons" ? :)



  6. -|- Delphine Dumont dit :

    Parce qu’elles n’ont pas encore commencé ? ;)
    Oh mince ! j’ai trahi un secret ancestral !



  7. -|- Soho (Chocoholic) dit :

    X-D l’est trop fort ce boulet … comme toi ;)



  8. -|- effigy dit :

    comment se fait-il que mon avatar ne s’affiche pas ici ?



  9. -|- Delphine Dumont dit :

    Parce que ce n’est pas un plugin gravatar (donc lié à ton adresse mail), mais favatar (lié à ton site). Ce qu’on voit à coté des noms, c’est la favicon des blogs et sites des lecteurs.



  10. -|- effigy dit :

    ok merci bon w.e.



  11. -|- Rikko dit :

    Et comme toujours, si vous êtes une filles et que vous avez une âme de pirate : http://www.puzzlepirate.com

    Parce que je crois que la parité a du mal à se maintenir… de plus en plus de filles… de moins en moins de tatoués….

    J’vais pas m’plaindre, c’est un vrai réservoir à belettes…

    Ok je sors
    et je ramène le pain



  12. -|- Blih dit :

    J’ai été sur le site, je suis pas convaincu.
    Autant j’adhère complètement aux slogans qui rappellent de façon amusante que les garçons sont des filles comme les autres (dans l’autre sens ça marche aussi). Autant j’ai commencé à douter de la cohérence de leur lutte contre le sexisme avec d’une part le choix de la couleur rose (j’ai bien lu les explications données par l’association mais je les trouve à coté de la plaque dans le sens où dès le début c’était la couleur à proscrire quitte à sacrifier la lisibilité du sticker) et surtout d’autre part leur slogan : "albums attentifs au *potentiel féminin*)
    Comment combattre le sexisme sans combattre les genres construits qui le sous tend ? Parle-t-on, lorsqu’on combat le racisme, d’un potentiel noir ? Heureusement non.

    Et puis l’idée du sticker, c’est très censeur. Franchement c’est si difficile de lire un livre d’enfant avant de décider ou non de l’acheter ?



  13. -|- Delphine Dumont dit :

    Vos arguments sont intéressants. Cependant, pour le choix du rose, je ne suis pas de votre avis. J’aime beaucoup le rose, ma fille aussi. Je ne voudrais en aucun cas que cette couleur soit réservée au Barbieworld. Justement, je trouve intéressant de faire passer le message qu’on peut porter du rose et combattre les forces des ténèbres.

    L’histoire du “potentiel féminin” est plus délicate. D’une part, je vous rejoins sur la comparaison avec le “potentiel noir”, d’autre part, potentiel et féminin sont des mots qui sont si peu associés que j’ai plaisir à les voir ensemble. Enfin, si on entend par “potentiel féminin”, ce que chaque petite fille porte en elle et qui risque d’être détruit par une éducation sexiste et castratrice (psychologiquement parlant, bien sûr), je pense qu’il est intéressant d’y être attentif.

    Je me souviens d’une émission, il y a quelques années, où une petite fille noire jouait avec une poupée blanche et blonde et une poupée noire. On lui demandait laquelle était la plus jolie, elle désignait sans hésitation la blonde car la noire ne pouvait pas être la plus jolie. Ses parents étaient noirs et semblaient très cultivés. Elle n’avait pu recevoir cette échelle de valeurs que de son environnement social et culturel (télé, école, etc…). Vous trouverez certainement normal qu’on aide cette fillette à comprendre qu’un noir vaut un blanc, qu’une noire peut être plus belle qu’une blanche, etc…

    C’est le même processus pour aider les fillettes de toutes couleurs à comprendre qu’elles valent les garçons de toutes couleurs. Combien de petites filles font encore le lit de leur grand frère ? À combien de petites filles fait-on encore faire le ménage et la cuisine pendant que leurs frères jouent à la console ou traînent dehors ? Combien de petites filles se rêvent pompier, cadre sup, grand chirurgien ou président de la république ?

    Il faut aider les petites filles à prendre conscience de leur potentiel et à réaliser que le monde n’appartient pas aux hommes. Pour moi, c’est ça, être attentif au potentiel féminin. C’est ainsi que je l’ai compris.



  14. -|- Blih dit :

    Je souscris à tous ce que vous dites mais continuer de parler d’un potentiel féminin (pendant du potentiel masculin) c’est avaliser une différence irréductible (même infime) entre les 2 (sinon pourquoi les distinguer ?). Or, combattre le sexisme c’est combattre l’idée d’une nature féminine ou d’une potentialité féminine, qu’elle soit prometteuse ou non.

    J’imagine que c’est sans doute une étape nécessaire avant de dire simplement qu’il n’y a pas un potentiel féminin et un potentiel masculin mais c’est quand même à mon avis assez casse gueule de commencer par marquer sémantiquement une différence qu’on cherche à abolir.
    Et là encore le rose sème le doute en renforçant l’idée d’un Girl Power qui n’est autre que de l’essentialisme "à l’envers".
    Ajouté à cela un sticker qui distribue les bons points et j’ai peur que cette opération ne prêche que les convertis.

    Ceci dit ça va peut être faire réagir les auteurs incriminés et ouvrir le dialogue sur le sujet.



  15. -|- Delphine Dumont dit :

    Ah par contre, là, je ne suis plus du tout d’accord avec vous ! :)
    Je suis persuadée qu’il existe un potentiel féminin comme il existe un potentiel masculin. De la même façon qu’en sport, les fibres musculaires des noirs et des blancs avantagent les uns et désavantagent les autres selon la discipline, le fait d’être fille ou garçon est un atout ou un inconvénient suivant le contexte.

    La lutte contre le sexisme n’est pas, à mon sens, la négation d’une différence. La lutte contre les sexisme, c’est d’offrir exactement les mêmes chances aux filles et aux garçons. La lutte contre le sexisme, c’est ce que fait Claudius (voir le premier commentaire de ce billet), c’est à dire montrer l’absurdité de certaines expressions. La lutte contre le sexisme, c’est d’armer aussi bien les filles que les garçons pour l’âge adulte. Pourquoi y a-t-il encore tant de femmes maltraitées si ce n’est parce qu’on leur a appris dès l’enfance à subir et se taire ? Pourquoi pousse-t-on les garçons vers les filières scientifiques et mathématiques alors que les filles y sont meilleures ? Pourquoi est-il si important qu’un garçon fasse des études alors que c’est si secondaire pour une fille, voire un peu incongru quand il s’agit de hautes études ? Etc…

    J’espère bien que filles et garçons garderont éternellement leurs différences, je ne tiens pas à ce que les filles deviennent des garçons, ni à ce que les garçons deviennent des filles. Il y aurait une négation de l’identité similaire à celle de vouloir pour tous la même couleur de peau, la même religion, etc… Les garçons doivent juste apprendre à respecter les filles qui doivent apprendre à se respecter elles-mêmes.



  16. -|- Blih dit :

    Je me demandais bien aussi quelle était votre position exacte. Si telle est elle, alors c’est normal que vous souscriviez totalement aux positions de cette association.

    Combattre le racisme ce n’est pas nier la différence de couleur de peau (ce qui serait absurde), c’est considérer que ce n’est pas un élément pertinent pour opérer une différence majeure, psychologique (le noir indolent mais joyeux, l’arabe belliqueux etc…). L’antiraciste dit simplement : malgré le fait que je sois blanc et toi noir rien ne nous distingue dans notre psychologie, nous sommes parfaitement identiques sur ce plan là, ou plutôt, rien en nous ne nous prédispose génétiquement, du fait de la couleur de notre peau, à une psychologie particulière (c’est en ce sens là que je parle d’égalité de potentiel).

    Pourquoi refuser de raisonner de la même manière à propos du sexe biologique ? Qu’est ce qui distingue psychologiquement un homme d’une femme ? J’aimerais comprendre. Ou plutôt j’aimerais comprendre votre position qui consiste à dire à la fois que les petites filles veulent la même chose que les petites garçons, qu’ils ont les mêmes désirs mais qu’en même temps ils sont intrinsèquement différents psychologiquement, ça me dépasse.
    En quoi est ce si effrayant de considérer le sexe biologique comme un phénotype quelconque ? Je ne nie évidemment pas la différence sexuelle (encore une fois, ce serait simplement absurde), je nie une prédisposition psychologique liée au sexe.
    Et si l’on constate des comportements généralement caractéristiques selon les sexes je mets ça sur le compte de notre culture. Ce qu’un essentialiste voit comme une cause, je le vois comme une conséquence. (Comme par exemple, de ces livres d’enfants qui cherchent à enfermer les sexes dans des stéréotypes…)

    Un exemple tout con : comment faites vous pour distinguer 2 femmes entre elles. Elles ont le même sexe et pourtant vous arrivez très bien à considérer leur singularités respectives. Elles sont totalement égales, et pourtant singulières. Pas une seule fois, sous prétexte qu’elle sont du même sexe vous avez l’impression d’être en face de personnes semblables.
    Perso, j’ai exactement la même impression devant un homme et une femme et exactement la même impression devant un noir et un blanc et exactement la même impression devant un roux et un châtain.

    Si vous considérez qu’il existe une différence psychologique fondamentale entre hommes et femmes, jamais vous ne pourrez empêcher la perpétuation des stéréotypes. C’est lié, on ramènera toujours la femme et l’homme à leur nature pour expliquer les différences de traitements.



  17. -|- Delphine Dumont dit :

    Et pourquoi vouloir nier les différences ? J’évoquais les muscles différents chez les noirs et les blancs, est-il si inconcevable qu’hommes et femmes n’aient pas les mêmes talents ? Cela ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas faire les mêmes métiers mais qu’ils les feront différemment. Pendant longtemps, les pompiers, l’armée et la police ont refusé d’intégrer des femmes, puis refuser de les laisser prendre du grade. Aujourd’hui, non seulement, celles qui y ont réussi font aussi bien que les hommes mais elles le font différemment.

    Pourquoi résumer la question à la psychologie alors qu’il s’agit de dons, de mode de fonctionnement, de raisonnement ?

    La différence fait la richesse de la société, elle est souhaitable. C’est la hiérarchie par la différence qui seule est dangereuse.

    Enfin, je ne vois pas pourquoi les points communs entre les femmes m’empêcheraient de les distinguer les unes des autres. Là, je n’ai pas compris du tout. Je distingue un noir d’un autre, un roux d’un autre, un basketteur d’un autre. Ça n’empêche pas les noirs d’avoir de nombreux points communs, les roux aussi, les basketteurs aussi, etc… Même si les points communs que peuvent avoir dix noirs (ou basketteurs, ou roux, mettez ce qui vous plait) ne seront jamais assez universels pour qu’on puisse en déduire une généralité manichéiste, ce n’est pas une raison pour nier ces points communs.



  18. -|- blih dit :

    > Et pourquoi vouloir nier les différences ?

    Je dois très mal m’exprimer, je viens de vous répondre plus haut.
    Et vous êtes trop floue. De quelles différences parlez-vous ? Des différences physiques entre un homme et une femme ? Je ne les nie évidemment pas.
    Ce ne sont pas ces différences là qui sont stigmatisées dans le sexisme. Ce sont les soi disant différences comportementales et psychologiques qui sont en jeu. Ce sont ces différences là qui est construites, cette soit disant psychologie "féminine", cette soi disant nature maternelle, empathique, attentive, moins portée sur la violence etc… C’est à partir de ce postulat là que le sexisme se construit et que l’on cantonne les femmes à des domaines précis et distincts (en fonction de cette nature immuable) et non pas parce qu’elles ont une morphologie différente des hommes. (C’est pas parce qu’elles sont plus petites et frêles, que les femmes sont exclues de la sphère politique…)
    Ce sont ces construits là que je nie. Tout comme je nie une psychologie noire. Si les noirs ont été exclus par les blancs c’est pas parce qu’ils sont plus athlétiques… C’est parce qu’on a décidé qu’ils étaient différents de nous psychologiquement, dans leur comportement. On a construit une nature noire grossièrement indolente comme on a construit une nature féminine faible.

    (Je passe sur l’exemple des 2 femmes, vous n’avez visiblement pas compris ce que je disais : qu’il n’y pas des comportements masculins et féminins mais des comportements singuliers)

    Reprenons l’exemple de la "race" : Pensez vous qu’il existe une psychologie noire ? Si oui laquelle ?
    Pour ce qui est du sexe, pensez vous qu’il existe des comportements spécifiques intrinsèques à la nature féminine ? Si oui lesquels ?



  19. -|- Delphine Dumont dit :

    Qu’appelez-vous “psychologie” ? Un ensemble de comportements ? Il n’est pas lié à la couleur de la peau mais à l’appartenance à une tribu, que ce soit une tribu de Bretons, de Congolais ou de basketteurs, au sexe et à bien d’autres facteurs.

    Vous rejetez un peu vite certains comportements féminins. Vous oubliez le rôle de la nature. La nature, pour assurer la survie d’une espèce, renforce certains comportements et aptitudes. C’est ce qui l’a amenée à doter les femelles mammifères d’un instinct maternel qui les pousse à protéger leurs petits, voire ceux d’autres femelles, aussi longtemps qu’ils sont dépendants. Pourquoi serait-il humiliant que les femmes aient un instinct maternel (ou tout autre nom qu’on veuille lui donner) ? Ce qui est humiliant, c’est qu’on juge que cet instinct les rend inaptes à des tâches comme la réparation d’un carburateur fissuré ou à des matières comme la recherche fondamentale ! En niant cet instinct, ou une façon de raisonner différente de celles des hommes ou n’importe quelle autre caractéristique généralement présente chez les femmes, vous niez leur identité.

    Les différences psychologiques, intellectuelles et émotionnelles entre les hommes et les femmes existent. Le sexisme n’est pas de le reconnaître, le sexisme est d’utiliser cette différence pour asservir l’un des deux sexes.

    Qu’est-ce qu’il y aurait de si terrible pour vous à dire que les personnalités des hommes et celles des femmes soient globalement différentes ? Vous l’admettez bien pour le corps. Vraiment, je ne comprends pas…



  20. -|- Blih dit :

    > "Qu’appelez-vous "psychologie" ? Un ensemble de comportements ?"

    Oui, schématiquement ce que j’appelle psychologie ici c’est l’ensemble des comportements de l’individu. Ce qui lui échappe (en partie) et qui participe à son identité.

    > "En niant cet instinct, ou une façon de raisonner différente de celles des hommes ou n’importe quelle autre caractéristique généralement présente chez les femmes, vous niez leur identité."

    Je ne nie absolument pas sa réalité, je ne vois juste pas du tout en quoi il se différencie de l’instinct paternel. (Chez l’humain hein, l’éthologie me parait pas être une bonne manière d’appréhender la psychologie humaine, on risque vite de glisser vers l’anthropomorphisme).
    Je ne vois surtout pas du tout en quoi c’est quelque chose de systématique chez les femmes (et chez les hommes). Je connais plein de femmes qui n’ont absolument pas la fibre maternelle. (Sans compter que cantonner les femmes aux roles familiaux induit ce genre d’"instincts".)
    Et effectivement je ne pense pas qu’il existe une identité féminine par nature (par culture en revanche oui).

    > "Les différences psychologiques, intellectuelles et émotionnelles entre les hommes et les femmes existent".

    Lesquelles ? (Sincèrement je suis curieux de vous entendre à ce sujet, je vous avais posé la question auparavant d’ailleurs).
    Répondez-y et vous verrez que vous utiliserez grosso modo les mêmes termes qui construisent les arguments de ceux qui pensent que les femmes n’ont pas leur place dans les sphères de pouvoir et de violences.

    > "Le sexisme n’est pas de le reconnaître, le sexisme est d’utiliser cette différence pour asservir l’un des deux sexes."

    Effectivement ça pourrait être simplement ça. Mais comme je disais au début, comment voulez vous efficacement combattre les stéréotypes sexistes si vous êtes persuadée qu’il existe une différence naturelle entre hommes et femmes ?
    Vous aurez beau faire la promotion de votre potentiel féminin, de votre intelligence du coeur, de votre esprit pragmatique, de votre écoute plus attentive, on finira par vous diriger à nouveau vers les sphères dévolues au féminin car les plus en adéquation avec ce "potentiel" : la psychognangnan, la fantaisie, le domaine soignant et éducatif etc… etc…



  21. -|- Delphine Dumont dit :

    “Vous aurez beau faire la promotion de votre potentiel féminin, de votre intelligence du coeur, de votre esprit pragmatique, de votre écoute plus attentive, on finira par vous diriger à nouveau vers les sphères dévolues au féminin car les plus en adéquation avec ce “potentiel” : la psychognangnan, la fantaisie, le domaine soignant et éducatif etc… etc…”

    On finira par vous diriger ???? Tout est résumé là ! Si on ne dit pas aux femmes qu’elles sont des hommes, elles ne seront pas capables de choisir la carrière qui les tente ?! Mais si on respectait les femmes, leurs différences et leurs potentiels, alors on ne penserait plus à les diriger vers des filières “gnangnan” ! Cette façon de vouloir faire le bien des femmes malgré elles et malgré leur identité profonde me sidère totalement…



  22. -|- Blih dit :

    Calmez vous, on échange des idées là.
    Par diriger j’entends orienter. Pas de psy à 2 balles SVP. merci.
    Où je dis que les femmes doivent se comporter comme des hommes pour réussir ? C’est quoi se comporter comme un homme d’ailleurs ? Parce que ça fait 2 messages que vous éludez mes questions. C’est quoi cette identité profonde féminine ?
    Combien de fois vais je devoir attendre la réponse à ce qui fait débat depuis le début ?

    Et puis je ne vous force à rien, je ne cherche pas à faire votre bien, je débats avec vous. Nuance.
    Je pense que vous nourissez partiellement ce sexisme que vous voulez combattre, vous pensez le contraire. C’est un drame de pas être d’accord ?
    Contrairement à ce que vous croyez je ne vous nie pas en tant qu’individu. Je nie pas cette identité que vous considérez comme *profondément* féminine. Je la prends en compte, mais pas au même niveau que vous. Vous le voyez comme un donné, et moi comme la conséquence d’une longue tradition de répartition des rôles (qui piège aussi les hommes).



  23. -|- Delphine Dumont dit :

    Mais… mais vous étiez sérieux en me demandant de définir “l’identité profonde féminine” ? Vous voudriez que là, en 2 minutes, pouf !, je fasse mieux que tous les psys, les sociologues, les éthologues et les ethnologues réunis ? “Définissez la femme, son moi intérieur et ses différences d’avec l’homme, vous avez 10 minutes” ???

    C’est tellement risible que je ne songerai jamais à seulement tenter ! Visiblement, pour vous, la différence entre l’homme et la femme se situe dans l’acquis et uniquement dans l’acquis. Je vous invite à relire les travaux de Konrad Lorenz, par exemple. Cela devrait vous faire sentir qu’il existe une différence innée entre l’homme et la femme.

    Ensuite, vous dites “Par diriger j’entends orienter.” Je l’avais bien compris dans ce sens, mais cela ne change rien à vos propos ! Vous sous-entendez clairement qu’une femme qui s’assume en tant que femme, c’est-à-dire pas non-homme mais essentiellement femme n’aura pas les capacités intellectuelles et sociales de s’orienter librement. Vous prétendez lutter contre le sexisme et votre remède est que la femme se dissimule ou renie son identité et endosse une identité d’homme pour pouvoir être libre. Dites-moi pourquoi une femme qui s’assume en tant que femme ne pourrait pas choisir son orientation ? Quel serait l’obstacle ? Parce que là, vraiment, je n’en vois aucun autre que, précisément, le sexisme, c’est-à-dire le fait de dévaloriser une personne en raison de son genre.



  24. -|- Blih dit :

    > Mais… mais vous étiez sérieux en me demandant de définir "l’identité profonde féminine" ?

    Ben oui je suis sérieux. Je vois pas en quoi de serait si difficile de parler de cette identité, si profonde, si évidente, qui vous construit. J’ai pas besoin d’une définition de spécialistes, mais de la votre. Si elle est commune à toutes le femmes, en tant que femme vous pouvez bien arrivez à la formuler au moins grossièrement. Vous êtes quand même la première concernée, on parle pas d’identité bantou là…

    Et puis c’est vous qui martelez ces différences ("Les différences psychologiques, intellectuelles et émotionnelles entre les hommes et les femmes existent." c’est de vous ça). C’est trop vous demandez lesquelles ? Je rêve…
    Ca existe, c’est un fait qui me constitue, que je ne peux formuler sans l’aide des scientifiques, mais ça existe. Point. Dans le genre, je dis et c’est comme ça, vous vous posez là vous.

    > Je vous invite à relire les travaux de Konrad Lorenz, par exemple. Cela devrait vous faire sentir qu’il existe une différence innée entre l’homme et la femme.

    Mais il est ethologue Lorenz ! Vous pensez vraiment qu’il y a un lien entre la psychologie animale et la psychologie humaine ? Sérieux ?
    Vous pensez qu’il est pertinent de comparer la société des abeilles où le male n’a qu’une fonction reproductrice, la société de meute des loups qui sont sans pitié à l’égard des plus faibles et nos sociétés humaines extrêmement complexes ?
    Et puis je vous renvois à votre conseil. Si vous l’avez lu Lorenz, vous pourriez très bien m’en parler, alors, de cette différence innée. Ah non, c’est vrai, vous pouvez pas…

    > Vous sous-entendez clairement qu’une femme qui s’assume en tant que femme, c’est-à-dire pas non-homme mais essentiellement femme n’aura pas les capacités intellectuelles et sociales de s’orienter librement.

    Bon je crois que ça devient stérile là, si vous lisez pas ce que je prends la peine de vous répondre, ça sert à rien. Et puis, je vois pas ce que les capacités intellectuelles viennent faire ici (C’est encore vous qui parlez d’une intelligence féminine spécifique, mais évidemment sans dire ce qu’elle recouvre…)
    C’est quand même dingue de me renvoyer à chaque fois ces invariants identitaires à la figure sans être capable d’en énoncer un seul.
    Juste comme ça, vous pensez que Clinton, si elle est élue, elle fera de la politique "autrement". Sous entendu avec cette intelligence féminine propre (mais indefinissable) avec cette sensibilité propre (mais indéfinissable) etc… etc… Ben vous vous mettez le doigt dans l’oeil. Elle gouvernera avec ses compétences point. Quand Tatcher gouverne on parle de Dame de Fer. C’aurait été un homme on n’aurait utilisé aucun adjectif. Vous pensez qu’elle a abdiqué sa "féminité" dès lors qu’elle s’est révélée inflexible ? Vous pensez qu’elle a gouverné comme un homme ?
    Vous allez me répondre qu’elle a gouverné comme une femme avec son potentiel de femme. Je vais vous dire : "c’est quoi ce potentiel spécifique de femme", vous allez me répondre : "sexiste !"… On tourne en rond grave, là.

    > Dites-moi pourquoi une femme qui s’assume en tant que femme ne pourrait pas choisir son orientation ?

    J’aimerais bien vous répondre (et pas obligatoirement par l’affirmative comme vous semblez le croire) si vous daigniez enfin me dire ce que c’est que "s’assumer en tant que femme" mais vous refusez de répondre.

    On marche sur la tête avec vous. Je laisse tomber



  25. -|- Delphine Dumont dit :

    Entendu, faites-moi signe quand vous aurez les pieds sur terre. :)



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