Les mots pour le dire

Par Delphine Dumont, le 11 avril 2008 | Boulot

Chaque jour, je constate la baisse du niveau du français utilisé à l'écrit et à l'oral. Au début, ça ne faisait que me chagriner, voire m'agacer. Aujourd'hui, je suis réellement alarmée. Je vois des gens qui ne se comprennent plus. Il n'y a pas que les problèmes de jargon, de code des adolescents ou de néo-barbarismes, cela va bien plus loin. Les mots sont déformés, vidés de leur sens, les phrases ne sont plus construites, les déterminants passent à la trappe, etc...

J'aime le français, passionnément. Le voir martyrisé me peine profondément, mais voir mes compatriotes ne plus se comprendre me glace le sang.

Cela a commencé avec le déclin de l'orthographe. Ceci est probablement dû à la lecture globale cumulée avec la disgrâce de la dictée. L'éducation nationale s'est contentée d'un à-peu-près. Les élèves savaient à peu près lire, à peu près écrire les mots, à peu près construire des phrases, pourquoi s'acharner ?

Il y a eu aussi l'abandon de l'enseignement du latin et du grec. Je n'en ai pas fait, mais j'ai eu la chance d'avoir des professeurs de français qui en avaient fait. Ils ont pu m'enseigner l'étymologie. Quand on comprend comment un mot s'est construit, on retient mieux son orthographe, elle devient logique.

Les profs de français que l'on forme aujourd'hui sont-ils toujours tenus de connaître le latin et le grec ? Je n'ai pas pu vérifier, le site du Ministère de l'Education nationale étant aux choux pour les fiches métiers. Je ne crois pas, de toutes façons, que cela suffise à expliquer ce niveau dramatiquement bas de la connaissance de la langue. Pas plus que je ne croirais à une explication en rapport avec l'immigration, sauf à souligner que l'aide à l'intégration est d'une pauvreté navrante.

Le nombre de livres lus par an baisse mais le nombre de lecteurs augmentent (cf Livres Hebdo). La qualité des livres publiés et lus n'est pas non plus une explication. Même si la pauvreté du style d'auteurs comme Marc Levy ou Guillaume Musso n'aide pas à l'enrichissement du vocabulaire de leurs lecteurs, cela ne suffit pas à les désigner comme coupables.

Les journalistes radio et télé qui semblent rechercher l'appauvrissement de la langue en supprimant les déterminants ("ça pose problème", "ça fait débat", "ça gare voiture", etc...), par exemple, ont leur dose de responsabilité. Ce, d'autant plus qu'ils ne cherchent pas à s'amender, au contraire, ils semblent fiers de s'affranchir de la contrainte des règles de la langue.

On aboutit aujourd'hui à ce que dénoncent avec un humour féroce La Morue ou Soph', des élèves qui ont un vocabulaire d'une pauvreté effarante et qui ne comprennent pas des notions de base. On se retrouve avec des gens qui sont incapables d'avoir un échange, faute de se comprendre, et qui sont pourtant censés parler la même langue.

Sur certains blogs (je ne parle pas de skyblogs, ce serait trop facile), le style est tellement mauvais que je suis obligée de relire plusieurs fois le billet pour comprendre ce que veut dire son auteur. Je suis souvent amusée d'ailleurs de constater que les autres lecteurs sont aussi perdus que moi. Dans leurs commentaires, ils sont "tout à fait d'accord" avec le billet, pourtant ils expriment des avis radicalement différents les uns des autres. Ce ne sont plus des blogs, mais des auberges espagnoles...

Sur les jeux en ligne en français, régulièrement, des quiproquos et des incompréhensions lourdes surviennent. Je ne constate que très, très rarement la même chose sur les jeux en anglais. Idem pour les forums. L'anglais et le français sont des langues très différentes, la comparaison n'est pas totalement valable, mais elle me frappe quand même.

Un des derniers exemples de ce pourrissement de la langue est la transformation du "quand même" en "comme même" que j'ai également constatée dans sa forme soulignée ("quand bien même" devenant "combien même"). Puisqu'il serait dommage de s'arrêter là, on va aller plus loin. Le "comme même" s'écrira donc "comême", voire "comem" ou "comème". Pas seulement sur les forums ou dans les discussions de jeu, mais dans des billets et des articles.

De même qu'il semble y avoir une fierté à dénigrer la France et les Français, il semble y avoir une fierté à abimer notre langue, à la dégrader, à lui faire perdre sa beauté et sa richesse. Quand nous aurons perdu notre langue, que nous restera-t-il pour nous comprendre ?

Delphine Dumont
www.RedacBox.fr, mon site professionnel

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28 commentaires pour “Les mots pour le dire”

  1. -|- Balise dit :

    Dans la série "pas vraiment forcément de rapport, mais ça m'y a fait penser" :
    http://www.alternet.org/columnis...



  2. -|- TeeWee dit :

    "Même si la pauvreté du style d'auteurs comme Marc Levy ou Guillaume Musso n'aide pas à l'enrichissement du vocabulaire de leurs lecteurs,"
    Troll detector has detected a Troll !!

    C'est pas pauvre, c'est construit comme des scénarii de films américains, nuance, du coup, c'est trèèèèèèèèès fluide et trèèèèèèèèèèès rapide à lire ! Mais pas déplaisant !

    "Sur certains blogs (je ne parle pas de skyblogs, ce serait trop facile), le style est tellement mauvais que je suis obligée de relire plusieurs fois le billet pour comprendre ce que veut dire son auteur."
    tu dis ça parce que je colle au minimum 234 parenthèses par billet (billet de 5 lignes en général, je sais que ça parenthéïse beaucoup) et que je fais 27,4 fautes d'orthographes par lignes ?

    "Combien même", ça irrite un peu le globe oculaire, je trouve...

    Allez, pour la route, et pour cracher sur les médias, et parcequecavarienfairequ'àt'énerverdanstonpetitcorps :
    les médias sortent a tout bout de champs "Madame LA Ministre", "Madame LA Doctoresse" et autres abberations...
    Pour rappel, quoiqu'en disent les pauvres texts balancés par quelques ministres tentant d'imposer ces hérésies, les règles de Français sont définies par et uniquement par l'Académie Française !
    Quant à LA Ministre, ça me picote le marteau (l'os de l'oreille...) à chaque fois ! Explication :
    Ministre (et Président, etc.) sont des titres, or, en français, les titres sont par essence non marqués (ni féminin, ni masculin) puisque il représente une fonction, un état... Or, bande de petits polissons, le genre non marqué en français est le genre masculin (c'est d'ailleurs pour ça que l'on apprend à l'école que "le masculin l'emporte sur le féminin", ce qui est une connerie... masculin + féminin = non marqué => emploi du genre non marqué... qui est le masculin, enfin, je m'égare...)
    Pas de bol pour les féministes, les allemands ont leur Das, pas nous :-( ou du moins, il est identique au masculin...
    Donc, on doit dire Madame LE Ministre, et ce, sans insulter de quelques manière que ce soit la condition féminine en générale et la féminité de la détentrice de ce titre en particulier...

    NB : je ne compte plus les "Autant pour moi", qui ne se dit qu'aux jeux de cartes, je crois, ou au marché, quand on veut autant de tomates que son voisin...
    "Au temps pour moi", qui nous vient d'ailleurs, fait intéressant, du jargon militaire...
    D'ailleurs, d'une manière générale, l'Armée a apporté beaucoup à la société dans sa globalité : saviez-vous par exemple que les services de Ressources Humaines qui équipent toute bonne entreprise actuelle est une émanation directe des fonctions organisationnelles de l'Armée ?

    Quoi, je dis verges ?



  3. -|- isabelle dit :

    "je ne compte plus les "Autant pour moi", qui ne se dit qu'aux jeux de cartes, je crois, ou au marché, quand on veut autant de tomates que son voisin...
    "Au temps pour moi", qui nous vient d'ailleurs, fait intéressant, du jargon militaire..."

    Je m'insurge TeeWee !
    Il y a discussion sur cette expression.
    On aurait apparemment retrouver des écrits, utilisant cette expression, antérieurs à l'origine militaire qu'on veut lui accorder.
    Alors ? alors ? hein ? bon !
    Autant pour vous !
    Je ne faisais que passer.
    Zou ! je file ;-)



  4. -|- Delphine Dumont dit :

    Balise > Passionnant, cet article ! Dégradation équivalente d'une langue mais d'une façon différente. Ça influera forcément sur la culture, mais comment, je l'ignore... Merci pour le lien. :)

    TeeWee > Non, je lis plein de bouquins scénarisés comme des films, ils ne sont pas pour autant aussi mal écrits. Je te recommande par exemple les rigolissimes Janet Evanovitch (les malheurs d'une improbable chasseuse de primes), c'est très bien écrit (et très bien traduit) dans un style très efficace. Ce n'est pas de la grande littérature, mais c'est plus que correct. Musso et Lévy ne lui arrivent pas à l'ombre de la semelle.
    Pour "autant pour moi", je suis d'accord avec Isabelle. "Autant pour moi" est la graphie correcte ainsi qu'en atteste Claude Duneton. Pour les autres fautes des journalistes, je suis bien d'accord avec toi, c'est pathétique...

    Isabelle > Bravo pour la vigilance ! Ne laissons pas le serpent de mer "au temps pour moi" ressurgir ! ;D



  5. -|- scotch dit :

    Je ne suis pas linguiste ou autre et je n'ai aucune connaissance de ce domaine. Donc je parle avec des pincettes...
    Le niveau d'orthographe se dégrade, c'est un fait.
    Mais une langue vivante évolue aussi. On est passé de hospital à hôpital au fil du temps (un exemple parmi des milliers). Comment fais-tu pour distinguer ce qui fait partie d'une évolution "naturelle" de la langue du reste ? Doit-on fustiger tout ce qui n'est pas correct et qui pourtant se généralise, donc va avoir tendance à intégrer la langue (ou au moins un de ses dialectes) ? La langue ce n'est pas que ce qui est figé dans les livres de l'académie française, non ?

    Après bien sûr si les gens en viennent à ne plus se comprendre...

    TeeWee > les allemands ont beau avoir un genre neutre, les postes et fonctions sont féminisés par ici (j'y habite, en tentant de préserver ma langue française...)



  6. -|- TeeWee dit :

    Comment ca, on debat sur ce que je dis ?
    Au temps pour moi, ca s'écrit comme ça, na !
    J'avais trouvé une autre référence qui disait exactement l'inverse du contraire pas pareil de ce que raconte Duneton, avec autant de reference, mais la, je m'avoue vaincu, je la retrouve pas...
    Quoi qu'il en soit, meme si l'origine est contestée, et bien que mon pépé préféré m'eut expliqué que ca vient pas du tout d'une quelconque gymnastique, mais "au temps" de maniement des armes, quand ils mettent a l'épaule et co., toujours est-il que l'Académie Française, seule compétente en matière d'orthographe (et meme si elle compte Giscard en son rang, de quoi il se mele, ce Mawwic ?) indique que la bonne orthogaphe est "au temps pour moi"...

    http://www.culture-generale.fr/e...
    http://www.langue-fr.net/index/A... (qui lui aussi parle de gym, d'ailleurs :) )

    Peut on admettre que Dunetton se soit fourvoyé ? :-)

    @scotch > j'ai pas dis le contraire :) N'empeche qu'ils ont un genre neutre :)

    @Delphine > J'aime bien Stéphanie Plum... Pourquoi les couvertures sont hyper girly, j'comprends toujours pas !



  7. -|- Delphine Dumont dit :

    Scotch > Désolée pour le petit séjour dans la trappaspam, j'espère que tu as apprécié les muffins de Rikko. ;)
    Pour l'évolution de la langue, elle est inévitable et même souhaitable. La société évolue, de nouveaux comportements et objets apparaissent, de nouveaux mots sont donc nécessaires. Ensuite, une langue n'est jamais figée. En étudiant le français, on voit bien la déformation de certains mots au fil du temps.

    Là où commence le problème, c'est quand les gens n'arrivent plus à se comprendre. Rédiger une notice d'utilisation devient un véritable casse-tête tant le vocabulaire à employer doit être aussi précis que facile à comprendre. Quand les élèves possèdent un vocabulaire de quelques centaines de mots, que peuvent-ils comprendre des cours de leurs professeurs ? Quand des gens en viennent aux mains pour des propos innocents compris de travers ou que, malgré plusieurs explications d'une phrase, le sens en demeure toujours incompris, il y a un véritable problème. Je ne demande pas que mes compatriotes emploient tous un français littéraire soutenu, mais qu'ils soient capables de se comprendre. Et on ne va pas dans ce sens. :(

    TeeWee > En tant que présidente du WWW, je décrète que l'orthographe officielle sur Internet est "Autant pour moi". Et toc ! Autant pour toi ! ;D
    J'avais lu des vieux bouquins qui en attestaient d'ailleurs, mais il se trouve que je n'y ai plus accès. Quant à l'Académie Française, elle accorde les 2 orthographes tellement elle s'étale dans le pâté...

    Pour les couvertures de Stéphanie Plum, je suis d'accord avec toi, elles sont inadéquates. Mais je suis ravie de constater une fois de plus que tu as bon goût. ;)



  8. -|- TeeWee dit :

    Au temps pour moi, que je te dis :)
    Pas vrai, ca...

    Puisqu'on parle des mots, je me fais de la pub :
    http://www.teewee.eu/2008/04/12/...
    Ou vous découvrirez que le mot illimité, en fait, ca veut dire "en dessous de 500" :)

    Tu as le droit d'effacer ce vilain spam de pub :)



  9. -|- Rikko dit :

    Langue française = langue vivante....

    Langue vivante = langue qui évolue et qui change...

    Dire que les gens ne se comprennent plus me semble faux, il ne se comprennent ni plus ni moins qu'avant !

    Et la litérature ne définie pas une langue, sinon moi je vais dire que Gargantua c'est écrit n'importe comment !!!

    Je pense que nous sommes tous responsables de ce que tu semble prendre comme un délabrement et me semble plus être un évolution naturelle ....

    Petit exercice : traque les différences de langage entre tes ascendants et tes descendants; tu noteras avec agacement que plus de 50% du delta est directement lié à ta chère personne et à des mots, termes et expression qui te semblent cool (cool est un bon exemple) et semble bizarement être "décadents" (ou pire !!! moderne) pour les générations précédentes...

    Pas d'affollement, il y a encore des lettrés, et des imbéciles, mais les premiers n'ont que peu d'influence, et les autres s'en moquent !!!

    Arrêtons de charger de disgrâce le bât de l'EducNat et surveillons notre langage !

    Et puis, à l'occasion, n'hésitons pas à reprendre les :

    c'est pas à moi !
    c'est pas moi !
    c'est qui?
    la voiture à bertrand
    le frigo à jacques

    etc....

    Le premier qui répond en donnant les formes correctes des cinq propositions ci-avant aura mérité sinon notre respect du moins notre affection !



  10. -|- TeeWee dit :

    ce n'est pas à moi, et on va AUX putes, mais CHEZ le coiffeur, quant aux véhicules et aux choses, c'est DE et pas A qu'il faut utiliser... Donc : La voiture de bernard

    J'ai bon ?

    Sinon, ya1 diféranc antreuh evolussion et massacrassion deu la langueu
    La dernière phrase démontre à mon sens parfaitement ce que je veux dire...
    La langue évolue, et c'est cool et fun et même bigarré... De là à ce qu'on ne comprenne plus rien à ce que l'on nous dise ou qu'on arrive plus à lire un texte écrit dans la même langue que la nôtre...
    Ca ne vous a jamais choqué que dans certaines émissions, quand on interroge un jeune, on voit que le réalisateur a eut besoin de mettre des sous-titres ? Moi, ca me fait halluciner...

    Mais si c'est de l'évolution, alors, je suis réac' avant l'heure...

    Au fait : "Après que je sois" parti ou "Après que je suis" parti ?



  11. -|- Rikko dit :

    "Après que je sois parti"

    Et Bernard prends une majuscule
    Comme "Ce" dans Ce n'est pas à moi

    Ce petit exercice démontre bien que l'on applique les règles que l'on veut, mais que l'on ne l'autorise pas à autrui.

    Quand à ta "petite phrase" elle ne démontre rien, puisque les langages alternatifs ont toujours existé (Verlan, Louchebem, Javanais...) et n'on jamais empêché une langue de poursuivre son petit beonhomme de chemin.

    Dernier détail... frigo n'est pas correcte, on devrais dire réfrigérateur... Mais manifestement, cela ne te dérange pas !

    Mais tu mérites néamoins notre affection, et par principe, on est toujours réac' avant l'heure, sinon on est progessiste en retard!

    Quand aux jeunes que l'on sous-titre, c'est parce que maintenant on leur donne la parole... Avant la question ne se posais pas!

    Et on a raison de les sous-titrer, parce que sinon leur prise de parole serait innitelligible pour un grand nombre de personne, et donc principalement pour ceux qui devraient entendre leur propos... On peut en être affligé, mais je trouve ces sous-titre pilotés par le bon sens médiatique plus que par la stygmatisation des niches linguistiques !



  12. -|- Delphine Dumont dit :

    Rikko > Pour l'évolution de la langue, j'ai déjà répondu sur ce point à Scotch. Je te permets de lire ce que je lui ai écrit. ;)

    Tu as peut-être l'impression que les gens ne se comprennent ni plus, ni moins qu'avant, mais ce n'est pas l'impression que j'ai, bien au contraire. D'autre part, vu les efforts faits par les différents gouvernements pour augmenter l'accès à l'instruction, qu'il n'y ait pas d'amélioration dans la pratique de la langue serait déjà un échec pour l'Education nationale, qu'il y ait une aggravation est le signe qu'il y a urgence à revoir le fonctionnement de cette institution.

    En tant que rédactrice, il m'appartient d'utiliser un vocabulaire compréhensible par la plus grande partie de la population possible. À ce titre, je travaille avec un chercheur en linguistique. Cela fait plus de vingt ans qu'il étudie la compréhension et l'expression de nos compatriotes. Quand je dis qu'elles se dégradent, je me base autant sur mes constatations personnelles que sur le travail de ce chercheur. Cela n'a rien à voir avec l'évolution de la langue, le fossé des générations ou tout autre phénomène de ce type, mais tout à voir avec une baisse dramatique du vocabulaire utilisé et enseigné.

    Je maintiens que l'Education nationale a sa part de responsabilité, une part seulement mais une part bien réelle. Le jargon qu'elle se régale d'utiliser démontre, s'il le fallait, qu'elle n'a aucune conscience de l'importance du langage dans la société. Apprendre à un enfant à bien utiliser sa langue, c'est lui ouvrir bien plus que les portes de l'expression. Quand un élève ne comprend pas un énoncé, il ne peut pas faire un exercice, quand il ne comprend pas les termes d'une leçon, il ne peut pas la retenir, etc...

    Encore une fois, il y a d'autres coupables dont certains m'échappent probablement, mais l'Education nationale est doublement coupable en aggravant la situation d'une part, et en n'y remédiant pas d'autre part.



  13. -|- scotch dit :

    Delphine> Ce que je retiens, c'est que ta trappaspam est IP-xénophobe (t'as vu je fais évoluer la langue, et je suis presque sûr que tu vas me comprendre :P). Mais haha j'ai plus d'un sac dans mon tour, j'ai encore changé de pays...

    Mais enfin bref, le tout reste à distinguer les moments où les gens ne se comprennent pas parce que la langue change, de ceux qui proviennent d'un manque de vocabulaire d'un côté ou de l'autre.



  14. -|- Delphine Dumont dit :

    IP-xénophobe, un terme à ajouter d'urgence au dico des NTIC ! ;)
    Pour la langue, là où ça m'inquiète, c'est lorsque les gens sont incapables d'expliquer ce qu'ils veulent exprimer. Non seulement, ils ne trouvent pas le mot juste, mais ils sont même incapables de le dire avec des périphrases ou des à-peu-près. Et quand leurs interlocuteurs essayent de les aider en suggérant des mots ou des concepts, souvent ils ne les comprennent pas.
    A noter qu'il s'agit généralement de personnes âgées de moins de 30 ans et que, même chez des personnes plus âgées mais d'origine étrangère, on ne rencontre pas du tout cette pauvreté du vocabulaire.



  15. -|- cilia dit :

    Il y a un fait en tout cas très nouveau, c'est qu'on organise des stages de remise à niveau d'orthographe pour les cadres.
    Alors certes, on pourrait objecter que du temps où les cadres dictaient tout à leurs secrétaires, personne ne contrôlait leur niveau d'orthographe. Mais, je trouve quand même cela assez révélateur.
    Car il ne s'agit là, ni de jeunes qui utilisent leur argot comme signe d'appartenance à un groupe, ni de catégories sociales défavorisées, ni d'évolution naturelle de la langue.



  16. -|- Balise dit :

    @cilia : j'ai vu des trucs qui m'ont hérissée pendant mes études (je suis ingénieur). Un "collègue" qui m'a soutenu mordicus pendant un certain temps que "Machin étant la cause de truc." (genre, je sais pas moi, "La démotivation étant la cause de la baisse de productivité.", au pif) était bien une phrase correcte "Mais si, ya un verbe, c'est étant !!"...



  17. -|- Teewee dit :

    @rikko : "Après que je suis parti"
    Il faut utiliser l'indicatif après l'expression "Après que".

    Déformation de la langue ou évolution, l'avenir nous le dira...

    Quant à m'appliquer à moi-même les règles que je veux, je m'excuse, je ne suis pas parfait, et j'ai moi aussi des accès de faiblesse, impardonnable, certes, mais fréquent, qui font, que oui, j'oublie des majuscules, oui, je fais des fautes de grammaire ou d'orthographe...
    Tu m'en excusera, je l'espère...

    Pour frigo > c'est une contraction du nom Frigidaire, qui est une marque et dont le nom est rentré dans le language commun...
    Qui parlait d'évolution de la langue ? :-)

    Ps : Et merci de ton affection...



  18. -|- PMB dit :

    Bien que de gauche (enfin, essayant ;-) je tiens à ce que vive la langue française, et que ses bons connaissance et usage ne sont pas du luxe. La preuve avec ce qui vient de m’arriver.

    Sur un blogue, je poste ceci :

    1. Raison pour laquelle j’y poster peu, alors que ces sujets m’intéressent. Puis-je suggérer une méthode : quand quelqu’un nous agresse, au lieu de l’imiter, soit l’ignorer soit lui répondre le plus posément et le plus actuellement possible.

    Puis :

    2. (Mal relu. Deux fautes de frappe, la deuxième rendant incompréhensible la phrase où elle sévit. Comme quoi l'orthographe, ça joue un rôle ;-) Donc : j’y poste peu » et « répondre le plus posément et le plus factuellement possible »

    Qu’on me permette un prolongement sur ces fautes.

    Il est évident que la deuxième créait un obstacle incontournable. Pour la deuxième, d’aucun pourront dire : pas grave, on vous avait compris. Donc l’orthographe c’est secondaire et patin-couffin.

    Certes, on pouvait me comprendre. Mais c’était au prix d’un décodage qui demandait un effort supplémentaire. Répété mot après mot, phrase après phrase sur tout un texte, c’est intolérable. Vous indisposez votre interlocuteur, avec parfois de grosses conséquences genre classement vertical de votre demande de poste.



  19. -|- Wiiiizzzz dit :

    J'ai appris il n'y a pas si longtemps, mais c'est surement du a mon grand âge, qu'à une époque, les opérateurs de téléphonie facturaient les sms au caractère !
    Qui pourra dire la resposabilité qu'ils ont dans le développement du langage sms, qui donc s'est evertué à économiser le plus possible les lettres dans les mots. Et qui dira à quel point cela a accentué le déclin de notre si beau langage ?



  20. -|- Balise dit :

    @Wiiiizzzz : Jamais entendu parler de ça. Cela dit, j'ai un téléphone portable depuis 99, donc depuis 9 ans, j'ai jamais vu ça. Du coup, au mieux, ça s'est arrêté en 99. Le "langage SMS" étant, je pense (j'ai pas de stats sous les yeux, mais bon), le plus répandu chez une population mettons 13-20 ans, ça serait donc des gens qui auraient pris leurs habitudes entre 4 et 11 ans ? et il ne devait pas y avoir beaucoup de mômes qui avaient un portable avant 11 ans ya 10 ans...

    bon, cela dit, c'est vrai qu'un SMS, c'est 140 (ou 160, je sais plus) caractères et que ça fait pas beaucoup. Et que taper des mots sur un clavier 9 touches, c'est RELOU.

    Mais cela dit toujours, le "langage SMS" me hérisse nettement moins que des trucs genre "j'ai appeler ma mère et sa ma couter 3 euro". Et là, rien à redire sur le SMS, ya même des lettres en trop =)



  21. -|- Rikko dit :

    cépô fô



  22. -|- isabelle dit :

    TeeWee, ok pour l'indicatif après "après que", et du coup j'aime bien aussi "après que je fus partie".
    Il semble, malheureusement que le subjonctif soit toléré. Sans doute à cause de la méconnaissance qui domine. Mais d'ailleurs... pourquoi cette exception avec "après que" ?

    Il y a aussi le "malgré que" qui me hérisse le poil. Je sors malgré la pluie, ou je sors bien qu'il pleuve, mais pas malgré qu'ça mouille.

    Mais l'apprend-on encore ? quand on a tant à faire, et notamment à enseigner les accords du participe passé dont on exige l'acquis en 3ème !!!!

    Avez-vous vu des "productions d'écrits" (c'est le terme employé) des élèves entrant en 6ème ? Pour certains, les mots n'existent plus. Des enfants ne savent pas où séparer les mots, et ça peut donner une lecture incompréhensible du genre "Le père ététenco laire", c'est incroyable.

    D'accord avec Delphine, ce n'est pas chagrinant, c'est alarmant. Grave.

    Ma fille dont l'orthographe et la grammaire sont à peu près corrects, persiste à écrire comme un âne en sms et sur msn, paskel me di ke sa va + vite

    Et puis, puisqu'on en parle ;-) on ne s'excuse pas. Il est préférable de présenter ses excuses à celui qui en disposera.

    Une question :

    La plupart des élèves sont mal partis ?

    ou

    La plupart des élèves est mal partie ?



  23. -|- isabelle dit :

    orthographe et grammaire correctEs !!

    pppfff, ça la fiche mal, vu le sujet...



  24. -|- PMB dit :

    Pièce à joindre au dossier « notre langue en péril », cet extrait du dernier édito de Philippe Val dans Charlie-Hebdo, nommé « La Princesse de Clèves expulsée ! » :

    « Le choix d'un « ouvrage de dame » – comme on disait déjà autrefois, afin de ridiculiser les écrits féminins – pour stigmatiser le ridicule et l'inutilité de l'amour de la littérature révèle un machisme d'un autre âge. Mais on peut également y voir une certaine cohérence. Dans un pays qui n'aurait pas transformé ses littéraires en parias et les études de lettres en poubelle, ni Ségolène Royal, ni Nicolas Sarkozy n'auraient été finalistes dans une élection présidentielle au suffrage universel. L'un et l'autre sont les produits d'un mépris institutionnel pour l'intelligence de la langue, laquelle est l'outil primordial pour penser sa vie, la politique et la justice. Dans une démocratie, la parole est essentielle, elle a du sens et du pouvoir, celle des citoyens comme celle des représentants. Elle est ce qui décide et juge de l'action. Mépriser ce qui fait le pouvoir de la langue, c'est-à-dire sa capacité à exprimer quelque chose de la réalité, c'est se résigner au mensonge permanent, à la manipulation, à l'à-peu-près et à la dissimulation qui sont les mauvaises herbes qui envahissent une langue négligée. Les artistes, les écrivains, les philosophes, sont les trappeurs d'une réalité dont la perception est fuyante et malaisée. La liberté n'est qu'au prix d'un saisissement du réel... »

    Isabelle, la logique grammaticale veut la deuxième phrase (accord avec le noyau du GNS). Mais l'usage impose la première...

    Pour votre fille (je préfère "pour" à "quant à", car plus court). Si elle peut écrire correctement dès qu'elle doit s'adresser à tel interlocuteur que cela disposera bien à son égard (prof, patron ou tout lecteur normalement exigeant), ça va. Le jour où elle réalisera que cette maîtrise est une arme pour elle, vous verrez...

    En attendant, faites-lui remarquer (sans grande illusion) que passer par msn pour échanger des pias-pias, c'est mobiliser une haute technologie pour peu de chose, qui pourrait se faire le lendemain sur la cour de récré. Mais comme elle est d'une génération qui vit l'attente et l'absence comme une intolérable frustration, non comme la promesse d'un plaisir supérieur... bon courage !



  25. -|- Wiiiizzzz dit :

    Autant pour moi ! (gniarf)
    J'ai peut être foncé un peu tête baissée dans cette histoire de sms facturé au caractère.
    Il n'empèche que la limiation a 130 ou 160 caractères d'un message sms a pu jouer un rôle dans le développement de ce phénomène.



  26. -|- Ultra-vite dit :

    Cultive-toi !

    Dans mon billet “Les mots pour le dire“, je déplorais récemment la baisse du niveau de français que je constate chez mes concitoyens. J’ai découvert sur RFI, un excellent remède : »» Les mots de l’actualit...



  27. -|- Mademoiselle Lelongbec dit :

    "éthymologie des mots" ou comment faire une faute d'alcoolique et un pléonasme...



  28. -|- Delphine Dumont dit :

    Oups ! Merci de l'avoir signalé. Je suis toujours moins vigilante quand je suis énervée. Merci encore ! :)



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