Transports en commun, quelle galère !

Par Delphine Dumont, le 10 septembre 2008 | Famille

Le premier trajet en bus avait été trop facile. Vous me connaissez, moi, l'aventurière de l'extrême qui demande son Koh-Lanta quotidien, il fallait que je rejoue en ajoutant des difficultés.

C'est donc en short et en rangers, avec dans mon sac à dos : mon fouet, mes torches, un lance-grenades, un bazooka, un fusil à harpons, une mitraillette et une boussole. Oui, je garde toujours mes Uzis à la ceinture, les transports en commun, c'est la jungle, vous le savez bien.

Le samedi suivant donc, notre bus est à 9h20. Nous arrivons avec 30 minutes d'avance afin d'installer à nouveau un barrage filtrant. Une fois encore, notre stratagème fonctionne et nous montons dans le bus à l'heure exacte (9h12).

Une éternité et demie plus tard, nous voici à Dijon. Là, il nous faut traverser une rue, deux rues, trois rues pour rejoindre l'arrêt du bus Divia(1). Là, on peut s'épargner la lecture des horaires puisque le maire de Dijon a installé des écrans à tous les arrêts de bus. On sait ainsi que le bus arrive dans cinq minutes, quatre, trois, deux, une minute. Arrivée imminente. Arrivée imminente. Arrivée imminente. Arrivée imminente. Il est là. Ptin ! Ça valait le coup d'investir dans des écrans !(2)

Bref, vers 10h40, nous voici arrivés au centre commercial. Nous avons mis 1h30 pour faire 25km, deux heures si on compte notre trajet à pied pour rejoindre l'arrêt et l'attente.

Centre commercial - Photo : giselaroyo

Là, on fait du shopping dans un certain nombre de boutiques mais pas toutes celles que nous avions prévu de visiter. Le bus de retour ne nous attendra pas, nous avons constamment cette pensée à l'esprit. Nous avons choisi de prendre l'avant-dernier car de la journée afin de limiter les risques de se retrouver coincés à Dijon.

15h30, il est l'heure de repartir. Au pas de course, nous retraversons le centre commercial pour rejoindre l'arrêt de bus. Les sacs pèsent une tonne et demie. Chacun. D'odieux personnages osent se trouver sur notre chemin. Je renonce à les mitrailler, ça serait trop long et puis on risquerait de glisser dans le sang. Nous nous contentons de brailler à tue-tête "Pardon, pardon". C'est remarquablement inefficace.

Nous montons dans le bus. Par chance, il est quasi-vide et nous trouvons quatre places en face à face où nous nous empilons avec les sacs. La montagne de sacs avec des bras et des jambes qui dépassent, c'est nous. Au milieu de l'amoncellement, la peur et l'angoisse règnent : et s'il y avait un embouteillage et qu'on manque la correspondance ?

Dans le bus aussi, il y a du gaspillage des écrans qui informent sur le temps restant avant le prochain arrêt, les cinq prochains arrêts, le temps restant estimé avant les principaux arrêts, etc.

10 minutes plus tard, nous voici à l'arrêt où nous changeons de bus. Mon fils se précipite pour coincer la porte du bus et nous laisser le temps de descendre tous les sacs. On entend les gens râler. Moi, j'aurais préféré les voir nous aider. C'est encore mon côté loufoque.

À nouveau, c'est la fantastique épopée de la triple traversée de rue. Je passe à nouveau les détails, mais désormais, quand on me demandera "T'as déjà tiré sur des voitures en te roulant par terre avec deux flingues ?", je pourrais répondre "oui" d'un ton blasé et froid.

On attend une dizaine de minutes, un car arrive, il ne porte pas le bon numéro de ligne mais il est presque à l'heure prévue. On décide de vérifier si, par le plus grand hasard, ce ne serait pas le bon car quand même. Hahaha ! Le piège était habile, mais on l'a déjoué ! Les trois mules et leur charge montent dans la bétaillère qui démarre. Han !(3)

40 minutes plus tard, nous sommes revenus à Trouperduland, nous descendons en saluant le chauffeur(4). Nous sommes fourbus, mais pas rendus. Il nous reste un kilomètre de marche pour rejoindre le sweethome qui est le notre.

On en bave, on a chaud, on a mal aux bras, aux pieds et aux épaules alors on se crée des étapes : on va jusqu'au panneau, jusqu'au coin de la rue, jusqu'au troisième arbre, jusqu'à la borne d'incendie, etc.

Pour le bilan de l'aventure, je vous donne rendez-vous au coin du feu dans le troisième billet.

  1. Je vous épargne les détails, les Nazis abattus, l'attaque des babouins enragés, les coffres au trésor, etc. - Remonter au texte
  2. En même temps, c'est pas comme si Dijon devait financer des crèches ou aménager des accès handicapés. Non, il y a plein d'argent en trop dans les caisses et les écrans étaient une vraie priorité, you see - Remonter au texte
  3. Ben oui, ça secoue bien, le car - Remonter au texte
  4. Oui, à la campagne, on dit "bonjour" et "au revoir" au chauffeur. Même qu'il vous répond. C'est ça, l'exotisme ! - Remonter au texte

[Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]

Photo : giselaroyo sur Stock Xchng

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3 commentaires pour “Transports en commun, quelle galère !”

  1. -|- couliine dit :

    bienvenue dans l'enfer des transports, la prochaine fois je te propose de tester les transports en commun en région parisienne en période de grève...humm tu devrais apprécier je t'assure



  2. -|- Delphine Dumont dit :

    Miam ! Un nouveau défi ! Ca donne envie ! ;)



  3. -|- keley dit :

    Moi je te propose de tester les transports dans mon pays le congo brazzaville ou emprunter un bus demande vraiment du physique alors la tu sauras que tu n'as encore rien vu



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