8 mars, la crise et tout ça…

Par Delphine Dumont, le 8 mars 2009 | Général

Ça fait un petit moment que je n’ai pas posté. Non pas que je n’ai plus rien à dire (au contraire !) mais d’une part, je suis très occupée, d’autre part, j’observe avec une attention extrême ce qui se passe autour de moi. C’est presque de l’avidité tellement j’écoute, je lis, je regarde, j’étudie !…

Rarement, j’ai autant senti la planète vibrer ainsi à l’unisson. Comme si une fièvre s’était emparée du monde. Tout n’est pas négatif, heureusement, le pronostic n’est pas obligatoirement sombre, mais il se passe un truc énorme. Gros comme une montagne. Qui, comme toute montagne qui se respecte, accouchera peut-être d’une souris. :)

Le déclin des experts

Depuis quelques années, nos sociétés s’étaient choisi des gourous dans chacun des domaines. Dans les débats télévisés et les sommets mondiaux, ces experts s’affrontaient à coups de jugements et d’avis aussi définitifs que contrastés. À chacun de suivre la lumière de son choix, Dieu reconnaîtrait les siens.

Sauf qu’il ne se passe plus un jour sans qu’une révélation nous apprenne que ces gourous sont humains, donc faillibles. Certains le reconnaissent honnêtement, d’autres persistent à foncer dans le mur. Je pense bien sûr aux experts financiers, mais pas seulement.

Par exemple, les journalistes, dont le malaise a créé un nouveau marronnier, ne sont plus les distributeurs exclusifs de l’Information (notez la majuscule). Internet les a carrément envoyés dans une contrée inconnue où leur territoire est menacé, principalement par Internet. D’une part, les internautes se permettent, ô horreur !, d’informer via leur blog ou un service comme Twitter. D’autre part, Internet apporte à chacun la presse du monde entier. Et lire la presse étrangère, c’est passionnant. Et instructif, très instructif !…

La chûte des empires

Dans leur dégringolade, les experts entraînent les pilotis qui plaçaient les empires bien au-dessus des flots. Les banques se lézardent, les fabricants d’automobiles vacillent, les entreprises qu’on croyait les plus solides se montrent vulnérables. Lesquels mourront, lesquels survivront, il faut être bien malin aujourd’hui pour le dire.

Ce n’est pas la chûte du capitalisme comme l’annoncent certains qui prennent leurs rêves pour des réalités. C’est la chûte d’un système capitalistique extrême. Ce n’est pas parce que les experts ont fait du hors-piste que le ski est à bannir. C’est d’ailleurs amusant de constater que ceux qui veulent jeter le bébé avec l’eau du bain sont parfois les mêmes qui s’indignent des amalgames douteux à propos d’Internet et de la pédophilie.

Le 8 mars ? Ah… Ben, on en s’en fout encore plus que d’habitude !

Chaque année, le 8 mars rappelle à des millions de distraits que la vie des femmes n’est jamais un long fleuve tranquille. Vu qu’il faut le leur rappeler chaque année, on voit bien à quel point ils s’en tapent grave le coquillard à deux mains… Ou alors, c’est qu’ils ont une mémoire de poisson rouge.

Cette année, j’ai en plus la pénible impression qu’on renvoie les mouvements féministes avec le même agacement qu’un gamin bruyant lors d’un repas de famille. Oui, t’es mignon avec ton dessin mais, là, c’est une discussion de grandes personnes. Oui, vous êtes mignonnes avec vos petits poings levés mais, là, c’est la CRISE.

Comment osez-vous réclamer l’égalité des salaires alors que tant d’emplois sont menacés ? Est-ce bien le moment de nous parler du respect qui vous serait dû alors qu’on ne sait pas de quoi demain sera fait ? Non mais franchement, hein. C’est bien les bonnes femmes, ça, tiens…

Et pourtant, si c’était précisément le bon moment ?

Quand on sait que les conseils d’administration des plus grandes entreprises comportent moins de 10% de femmes1, on se demande si précisément ce n’est pas le moment parfait pour promouvoir des femmes.

Certaines études ont montré que les femmes prennent moins de risques en affaires2 et 3, que les entreprises qu’elles dirigent sont plus pérennes bien qu’elles fassent de moins gros bénéfices. N’est-ce pas précisément de cette tempérance que le monde des affaires a manqué ?

Pour moi, la réponse est évidente. :)

[Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]

Références :

  1. Moins de 10 % de femmes dans les instances dirigeantes des plus grandes entreprises
  2. Des valeurs féminines dans le monde des affaires
  3. Comment les femmes entrepreneurs peuvent-elles accélérer la croissance de leur entreprise?

Voir aussi :

  • Pourquoi encourager une présence plus importante des femmes dans les conseils d’administration ?
  • Les femmes quasi-absentes des lieux de décisions (merci à Antoine pour ce lien)

Lire aussi :

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