Le voyage en car

Par Delphine Dumont, le 9 octobre 2009 | Général

Mercredi, pour me rendre à Dijon, j'ai pris le car. Ce n'est pas confortable, surtout quand on a les jambes longues, c'est bruyant et la route n'a guère d'intérêt. Comment occuper les quarante minutes de trajet ?

Comme j'étais assise au premier rang, j'ai eu l'idée d'observer les voyageurs.
De la folie en barre !

1er arrêt

Une dame toute raide monte, sa permanente est fixée à la résine synthétique. Avec une remarquable économie de mots, elle demande un ticket au chauffeur. Elle a prévu la monnaie exacte et ne gaspille ni sourire, ni autre forme de politesse.

2ème arrêt

Des djeunes ruraux montent. Ils sont bien propres sur eux et s'adressent poliment au chauffeur. Les racailles ne doivent pas être partout contrairement à ce qu'affirment Libé et TF1.

Une femme voilée les suit, tout dans son attitude s'excuse de demander pardon. On sent bien que certains ont pris soin de ne jamais laisser le moindre germe de fierté se développer en elle. Est-elle victime du racisme ? Du sexisme ? Sans doute des deux tant son humilité est craintive.

Secoués comme du pop-corn dans une casserole, nous poursuivons notre voyage sous un soleil radieux. Les champs, les petits villages et les ponts d'autoroute se succèdent, paysage bourguignon du 21ème siècle.

Paysage de Bourgogne - Wikicommons

3ème arrêt

Une jeune beauté exotique monte. Les lycéens du fond du car vont connaître une forte poussée hormonale. Je ne me retourne pas pour vérifier, respectons leur vie privée.

La dame à la coiffure figée sort son téléphone portable et envoie un SMS. Le rythme de frappe est relativement rapide, on sent que c'est une habituée. Méfions-nous des préjugés...

Nous entrons dans la banlieue dijonnaise, le soleil sauve la vue et donne un air de vacances à la centrale à béton. Le jaune du logo resplendit comme un fanion d'optimiste.

Dijon nous accueille par des travaux, elle aussi peut avoir ses embouteillages et ses nuisances sonores. Dijon la belle, Dijon la prétentieuse.

Nous sommes dans la joyeuse rue des feux rouges, il ne faudrait pas que nous prenions de la vitesse entre deux tranchées de pelleteuse.

4ème arrêt

Le bus recrache une passagère qui n'a plus de goût. Elle marmonne un "au revoir" à destination du chauffeur qui le lui marmonne bien en retour.

5ème arrêt

La jeune beauté exotique redescend en saluant le conducteur qui lui répond distraitement. Soit il cache bien son jeu, soit on se lasse de tout.

6ème arrêt

Nous descendons à notre tour. Quel beau voyage !

[Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]
Photo : Wikicommons

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9 commentaires pour “Le voyage en car”

  1. -|- effigy dit :

    tu fais une fixation sur les transports en commun :)
    ce matin j'ai pris le bus pour aller au tram qui m'a emmené chez ikea (n'ai acheté que de la bouffe !) et retour .
    bilan 1h30 en tout pas de parking, pas d'embouteillages bref sans stresssssssssssss, contre le meme temps en voiture.
    que du bonheur......
    ;)



  2. -|- Chocaccro dit :

    Que c'est joliment raconté, ça me donnerait presque envie de prendre le car... sauf que l'arrêt le plus près de chez moi se situe à environ 8 km.



  3. -|- Julien Appert dit :

    Hum, la femme voilée est victime soit de racisme, soit de racisme ?

    Tu nous fais des envolées lyriques aujourd'hui. La centrale à béton sera certainement fière d'apprendre les effets sans doutes imprévus de son logo !



  4. -|- couliine dit :

    eglantine (5 ans): maman c'est quoi les transport en commun?

    maman: c'est un moyen pour se déplacer que tu partages avec d'autres personnes
    à moi même: hummmmmm un lieu qui pu, plein de monde qui te bouffe l'espace vitale, pas aimable



  5. -|- Rikko dit :

    L'avis de LEONARDO (mon perroquet linguiste)

    Analysons avec attention ce beau texte (quasi onirique… voir romanesque) que nous livre Delphes :

    Dès la première phrase le décor est planté : on a le quand le où et le quoi ! C’est riche !

    C’est riche mais c’est pô folichon… parce qu’on sait déjà que la Delphes elle déteste les transports en commun et que forcément elle va en dire du mal …

    Alors (notez comme elle est maligne) juste après, et à seul fin de garder son auditoire masculin elle nous parle de ses longues jambes… bien joué !

    Du coût afin de se dédouaner juste après elle nous dis que ça va être chiant je site : « la route n'a guère d'intérêt » Autant dire que sans « jambes » on aurait déjà pris les nôtres à notre cou !

    Alors elle va observer les voyageurs… Bien joué, le voyeurisme ça tente toujours certains individus…
    Ensuite elle nous parle de l’allégorie de la mamie avec force détail et même une pointe d’humour capillaire afin de rendre l’ensemble digeste !

    Les vieux c'est bon... mangez-en !

    Elle en profite pour nous dire que tous le monde se trompe, surtout TF1 et Libération… Comme chacun de ces média est d’un bord politique opposé, son propos devient universel politiquement parlant ! Là encore… bien joué !

    Ensuite on enfonce le clou avec une victime (probablement une danseuse du ventre)
    Puis on allège le contenu avec une tite phrase bucolique et cynique !

    La carte postale récupérée chez mémé nous arrache un sourire … Pourquoi ?

    Essayez de suivre… elle a dit XXI ème siècle (mais en chiffres arabe rapport au paragraphe précédent… la construction est donc méthodique et parfaite !)

    Comme on commence quand même à s’emmerder un brun(même si on voit la quequette du cheval), elle nous remet une couche sexy avec « la beauté exotique » et les vannes graveleuses des jeunes dans le car qui finalement sont bien de sinistres petits cons misogynes … contrairement à ce qu’elle a essayé de nous faire croire plus haut !!!

    Puis une tite couche de la mamie et du SMS pour s’assurer le lectorat geek qui même lui commence à s’emmerder !

    Un petite dose de cynisme pour nous achever « Dijon la prétentieuse », qui n’est pô sans nous rappeler « Hiroshima mon amour » et élève donc Delphes au rang d’académicienne !

    Par contre on sent la fatigue de l’écrivain … et oui… il n’y a pas de « rue des feu rouges » à Dijon … j’ai vérifié sur le plan !!!

    Au 4ème arrêt on s’autorise un trait d’esprit: « Le bus recrache une passagère qui n'a plus de goût. »… L’histoire jugera !

    Ensuite pêle mêle :
    Une touche sexy avec la beauté exotique
    Un peu d’homophobie…
    (Ben oui, tous les conducteurs de bus sont homo… sinon le gars il aurait répondu à l’invite de la geuzesse forcément !)
    C’est pô moi qui le dit ! C’est Delphes… il suffit de lire entre les lignes !

    6ème arrêt : alors là… c’est la grosse, grosse, très grosse fatigue parce :
    « Nous descendons à notre retour. Quel beau voyage ! »
    Ben ça veut rien dire !!!

    Mais quand même :

    Bonne construction
    Quelques tentatives pour intéresser le lecteur (dont une quequette de cheval)
    Beau travail

    15/20



  6. -|- Delphine Dumont dit :

    Julien : Oups ! C'est une boulette. Je corrige. ;)



  7. -|- Rikko dit :

    Non mais ho !!!

    Si tu corriges tes boulettes... nos remarques deviennent sans fondement et on passe pour des brêles !

    quand je dis :

    6ème arrêt : alors là… c’est la grosse, grosse, très grosse fatigue parce :
    « Nous descendons à notre retour. Quel beau voyage ! »
    Ben ça veut rien dire !!!

    Mais que tu changes a posteriori "retour" par "tour"... du coup tu élimines la fatigue du voyage !

    ça nous apprendra à t'aider !!!

    Ceci dit, tu n'as pas floutté la quequette du cheval... donc... ça va... tu respecte la volonté de l'auteur !



  8. -|- Delphine Dumont dit :

    Rikko : Oui, j'ai corrigé dès que j'ai lu ton commentaire mais je n'avais pas le temps de te répondre et, ensuite, j'ai oublié. Désolée et merci de l'avoir relevée ! ;)
    Pour la "rue des feux rouges", ce n'est bien sûr pas son vrai nom, elle a demandé à garder l'anonymat. Tous ceux qui abordent Dijon par l'est la connaissent bien, elle n'en demande pas plus.
    Et Dijon est une ville magnifique, coquette et mystérieuse. Elle fait tout pour qu'on l'ignore, c'est d'ailleurs redoutablement efficace, mais les Journées du Patrimoine y déchirent leur race.
    Pour l'homosexualité du chauffeur, ce n'est pas l'impression que j'ai eue, juste que l'exotisme n'était pas sa tasse de thé (mais sans dégoût non plus). J'ai trouvé cette fille vraiment magnifique et j'ai été très étonnée de la quasi-indifférence du chauffeur.
    Quant à une preuve d'homophobie de ma part, bah... là, tu me peines...

    J'ai écrit ce texte dans le car, ça m'a permis de faire passer le temps plus vite. Si ça vous a ennuyé, ça ne m'empêchera pas de recommencer et vous n'aurez qu'à vous abstenir de lire.



  9. -|- Rikko dit :

    Ho hé ! C'est mon perroquet qui a fait le coup !

    J'ai de plue en plus de mal à le tenir !

    L'aut' jour il a bouffé mes BN ! FUMIER !

    même paaaaaaa vrai !

    On t'as rien demandé !



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