Conte de Noël du mois d’août

Par Delphine Dumont, le 20 décembre 2009 | Général

C'est bientôt Noël et j'avais envie de vous raconter une jolie histoire pour l'occasion. Malheureusement, je n'ai pas de souvenirs adéquats. Je n'ai pas oublié mes réveillons d'enfant, mais ce sont plus des bulles de souvenirs que des vraies histoires que je pourrais vous raconter.

Par contre, j'ai une histoire qui s'est passée au mois d'août mais qui est pleine de magie de Noël. Asseyez-vous au coin du feu et buvez du chocolat chaud, je raconte... :)

Quand j'avais dix ou onze ans, je suis partie en vacances avec ma mère en Bavière. Comme d'habitude, nous n'avions pas de but précis. Nous allions au gré de nos envies, logeant chez l'habitant et découvrant cette région magnifique. Nos hôtes rivalisaient de gentillesse et de générosité, nous étions toujours accueillies avec une grande chaleur et j'en garde des souvenirs très gemütlich.

Un jour, nous nous sommes arrêtées dans un petit chemin et nous avons décidé de profiter du temps splendide pour passer l'après-midi à lire et, pour ma mère, à broder. Rapidement, j'ai eu du mal à rester assise sagement et j'ai commencé à aller voir ce qu'il y avait près de la prairie où nous étions.

Un peu en contrebas, il y avait un pré avec un cheval noir magnifique. Je me suis approchée et je suis restée à l'admirer longtemps puis, je suis passée entre les barbelés pour l'approcher. Il était immense et j'avançais doucement en guettant sa réaction. Je n'ai pas essayé de le toucher, je suis restée à un mètre environ de lui.

Cheval dans un pré - Photo : straymuse - Stock Xchng

Au bout d'un moment, je me suis aperçue que je tenais toujours mon livre à la main et je me suis assise pour le lire. Le cheval a recommencé à brouter en m'ignorant superbement. De temps à autre, il galopait quelques secondes et puis, il revenait à côté de moi, préservant toujours la même distance. Un peu plus tard, Maman m'appela et je dis au revoir au cheval et sortis du champ à regret.

Nous revînmes le lendemain à ma demande et je retournai immédiatement voir mon nouvel ami. Cette fois-ci, je n'hésitai pas au bord du champ et rentrai directement. Je suis restée quelques instants debout à côté de lui à lui dire bonjour, toujours sans le toucher, puis je me suis assise et j'ai commencé à lui faire la lecture. Il s'est couché dans l'herbe près de moi et nous sommes restés ainsi tout l'après-midi. Il fallut partir à nouveau et, à nouveau, j'arrachai la promesse de revenir le lendemain.

Le troisième jour, j'entrai dans le champ comme si j'avais toujours fait ça et allai directement vers le cheval. Cette fois-ci, j'osais caresser doucement sa nuque avant de m'asseoir et de reprendre ma lecture. À nouveau, il se coucha près de moi et l'après-midi passa.

Soudain, je vois, sur le bord du champ, un homme qui paraissait très agité, il me crie des choses en allemand et je lui dis que je suis française et que je ne le comprends pas. Je baragouine "meine Mutter" avec des gestes vers le haut de la colline et il fonce la voir. Immédiatement, je les vois redescendre très inquiets tous les deux, ma mère m'appelle. Je m'approche et elle me dit de sortir de là tout de suite !

Je réponds que j'arrive, le temps d'aller chercher mon livre que j'ai laissé près du cheval. Celui-ci s'est remis debout entre temps. Je ramasse mon livre tandis que ma mère me crie de me dépêcher mais je suis une fille polie. Je dis longuement au revoir à mon nouvel ami et j'ose même poser mon front sur son cou en le caressant. Je reste quelques instants ainsi avant de partir à regret en me retournant souvent pour le regarder encore.

Enfin, je franchis les barbelés et je dis à Maman que je demande pardon au fermier, que je ne savais pas que je n'avais pas le droit de rentrer dans le champ. Là, j'apprends que le problème n'est pas là du tout mais qu'il s'agit d'un cheval extrêmement dangereux, totalement asocial, qui ne cesse de ruer vers tous ceux qui essayent de l'approcher.

Tout cela n'a aucun sens pour moi, le cheval n'a pas fait montre de la moindre agressivité envers moi. Pendant que Maman m'explique tout ça, le fermier me regarde avec un air stupéfait, il ne comprend visiblement pas comment j'ai pu entrer et rester ainsi sans être blessée.

Vous et moi, nous savons qu'il s'agit de la magie de Noël mais gardons le secret si vous le voulez bien. :)

[Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]

Photo : straymuse - Stock Xchng

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13 commentaires pour “Conte de Noël du mois d’août”

  1. -|- Rikko dit :

    Après analyse, le PRC a trouvé la raison de tout cela :

    Rien à voir avec la magie de Noël,
    Encore moins avec ma magie bavaroise, (magie à base de bière faut il le rapeller... non... c'est pô la peine!)
    Le cheval aurrait il décidé de changer d'humeur attendri par la petite lectrice ?

    Et bien non...

    Il faut savoir que déjà à l'âge de dix onze ans, Delphes avait une haleine de poney !



  2. -|- Delphine Dumont dit :

    C'est faux ! Le PRC ne trouvant jamais rien, cette affirmation ne peut être due qu'à une mentirie frénétique ou à une beuverie plus frénétique encore.

    Nan mais ho !



  3. -|- Rikko dit :

    Ok... c'est probab'

    Tu as forcément un haleine divine !

    On imagine mal l'oracle de Delphes avoir une haleine de trappeur mangeur de putois, on serais venu moins souvent lui demander conseil !...

    =)

    PS = le PRC est composé de chercheurs, pas de trouveurs, il est donc logique qu'ils ne trouvent pô

    Nan mais ho (aussi) !



  4. -|- Delphine Dumont dit :

    Voilà. #nanmaishoday comme on dit sur Twitter.



  5. -|- Rikko dit :

    =)
    comme on dit chez moi



  6. -|- Jérôme dit :

    Quelle belle histoire! En la lisant j'avais la musique de flûte de la pub Herta... :-)

    Ce n'est pas de la magie, mais l'insouciance enfantine. Celle qui n'est pas formaté par les clichés et préjugés des adultes. Il suffit de remplacer le cheval par un Playmobil, un handicapé mental, ou autres personnes différentes pour comprendre la morale de ton histoire.

    Merci Mère Castor. :)

    PS: il est bon ton chocolat chaud, c'est du Nesquik, Banania,ou du Benco?



  7. -|- Rikko dit :

    ça marche avec un chaval playmobil handicapé ?

    On peut mettre du rhum dans le Nesquik ?



  8. -|- Delphine Dumont dit :

    Jérôme : Mon chocolat, c'est du Van Houten. What else ? comme dirait George. ;)

    Rikko : Playmobil fait des chevaux handicapés ?



  9. -|- Jérôme dit :

    Un cheval handicapé, c'est un poney nain, non?

    Delphine, je te fais confiance ça fait un bail que je n'ai pas bu de chocolat chaud... ;-)



  10. -|- Rikko dit :

    Méthode officielle du Portnawak Research Center pour obtenir un cheval Playmobil handicapé plus vrai q'un vrai puisque les vrais yen a pas puisque Playmobil y zen fonpô !

    Playmobil se refusant catégoriquement* à produire cet indispensable complément à la gamme cheval Playmobil, voici une méthode toute simple pour les fabriquer vous mêmes (qu'est ce qu'on ne ferais pas pour aider notre prochain et notre prochaine) :

    Mettez le cheval par terre sur une surface dure (carrelage, dalle de béton, enclume, tête de grand mère, armoire normande, statue de marbre etc...)sautez sur le cheval à pied joint (nous vous conseiller d'éviter les talons aiguilles ou les espadrilles... un accident est si vite arrivé!) .

    Non...

    Il n'est pô nécessaire de mettre un tenue de cavalier, mais si vous préférez, après tout, pourquoi pas...

    Normalement vous devriez avoir entendu un petit "crac"

    Ce qui indique que l'opération c'est bien déroulé, sauf si c'est une partie de vous même qui a fait le "crac".

    Avec un peu d'entrainement vous arriverer à vous fabriquer des chevaux handicapés qui feront leur petit effet dans les soirée pyjamas de vos bambins !

    _____________________________________________________

    ATTENTION : ceci est une reconstitution

    "Ohhh ! Regardes ! Le chaval de ta fille il a une patte cassée !

    - Non, c'est pas ça, c'est un cheval handicapé... Tu comprends, c'est pour les sensibiliser à l'acceptation de la différence, à la tolérence ... tout ça...

    - Ah ouais.... T'es un super papa... la cause des handicapés, c'est super important... Tiens! ben tu vois, moi j'ai un oncle, il lui manque un orteil...

    ...

    - T'as marché sur ton oncle ???"

    Fin de la reconstitution
    ______________________________________________________

    ATTAFION !!!

    N'essayez pas de faire la même chose avec Action Joe... ce serait cruel...

    Question de Madame Chamboudin de Lille

    Est-ce que ça lui fait mal ?
    C'est un Playmobil... pôv tâche !

    * pour des raisons qui nous echappe



  11. -|- Delphine Dumont dit :

    Là, je dis "Holà !". Holà ! Playmobil fabrique bel et bien des chevaux handicapés. Ils sont sourds et muets ! C'est facile à prouver. Placez un cheval handicapé Playmobil devant les chevaux qui chantent, il restera totalement indifférent. CQFD.



  12. -|- Rikko dit :

    Alors porquoi le mien il rigole ???



  13. -|- Delphine Dumont dit :

    Parce que tu le chatouilles ?



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