L’homosexualité est un don

Par Delphine Dumont, le 16 février 2010 | Tous concernés

Le film « Le baiser de la lune », destiné aux enfants de CM1 et CM2, a provoqué un tollé chez les hommes politiques et dans les médias. Il y aurait incitation à l'homosexualité. Sérieusement…

L'homosexualité n'est pas une maladie, donc elle ne s'attrape pas. C'est l'idée que je voulais mettre en titre. Ma fille m'a vue réfléchir et c'est elle qui a eu l'idée de ce titre. Magnifique et lumineux. Comme ma fille.

Plusieurs de mes amis homosexuels m'ont dit avoir su très jeunes qu'ils étaient attirés par les enfants de même sexe qu'eux. Ils avaient bien conscience qu'il fallait le cacher à tout prix, que ce serait considéré comme anormal, voire très, très mal. Ils ont grandi en pensant qu'ils étaient pervers, qu'ils feraient le malheur autour d'eux.

Peut-on imaginer la souffrance de ces enfants ? Faut-il continuer à ignorer le nombre de suicides d'adolescents provoqués par la découverte (ou compréhension) de leur homosexualité ?

Balançoires - Photo : Pablo_uy (Stock Xchng)

Je n'ai pas vu « Le baiser de la lune », je ne sais pas si ce film-là, précisément, est adapté aux enfants de CM1/CM2, mais aborder la question de l'homosexualité à cet âge-là est adapté à cette tranche d'âge.

Ceux que l'on classe un peu vite comme « fachos » ou « réacs » ne sont pas des abrutis ou des gens sans cœur, je le sais, j'en connais. Plein même. Ces gens ne souhaitent la souffrance de personne, ils ignorent simplement la réalité. Ils pensent que l'on peut lutter contre l'homosexualité, parfois avec l'aide de Dieu, parfois sans.

On nait homosexuel(le) comme on nait roux, noir ou matheux. Pourquoi ? Comment ? Mystère ! Ce dont on est sûr aujourd'hui, c'est que ça ne s'attrape pas et que ça ne se guérit pas. Ce n'est pas la faute des homosexuels s'ils sont homosexuels, pas plus que ce n'est de la faute des roux s'ils sont roux, des noirs s'ils sont noirs ou des girafes si elles sont des girafes.

On sait aussi que l'homosexualité et l'homoparentalité existent aussi chez les animaux. Partant de là, aborder le sujet avec les enfants du grand primaire pour, d'une part, éviter l'homophobie, d'autre part, permettre aux enfants homosexuels de mieux vivre et, bien sûr, éviter qu'ils sombrent dans la dépression, voire se suicident.

J'aimerais dire que ce sujet devrait être abordé uniquement par les parents, parce qu'il relève de l'affectif, de l'intime et des valeurs personnelles. Malheureusement, aussi longtemps qu'un grand nombre d'adultes s'insulteront à coups de "pédé !" ou valoriseront quelqu'un en disant qu'il n'est pas "une tapette", aussi longtemps qu'il existera des hommes (et des femmes ?) pour penser qu'une lesbienne ne l'est que parce qu'elle est moche ou qu'elle n'a jamais reçu le bon coup de b…, la sensibilisation doit venir de l'école.

Je n'aime pas que l'école se charge de l'éducation des enfants, son rôle devrait se borner à l'instruction, ce serait déjà pas mal si elle le faisait correctement d'ailleurs. Cependant, il faut bien reconnaître que l'éducation à l'hygiène alimentaire à l'école, par exemple, est plutôt une réussite.

Qu'on s'entoure de précautions, de conseils de pédo-psys (pitié, pas Ruffo !), qu'on choisisse un autre film éventuellement, mais qu'on arrête de faire souffrir les enfants au nom de principes basés sur des erreurs !

Ça ne fait d'ailleurs pas souffrir que les enfants comme en témoigne ce coup de colère de Camille :

  • Le baiser de la lune, c’est tellement anormal

[Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]

Photo : Pablo_uy (Stock Xchng)

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14 commentaires pour “L’homosexualité est un don”

  1. -|- Camille dit :

    Effectivement, ça ne touche pas que les enfants :)

    Pour rebondir sur les choses enseignées : à l'école primaire, on enseigne aux enfants les différentes religions. Ce n'est pas pour autant que les parents craignent la conversion de leur enfant à telle ou telle religion.. C'est de l'ouverture au monde, à la différence, aux autres.



  2. -|- Julien Appert dit :

    Peut-on vraiment affirmer que l'on nait homosexuel ? Est-ce un caractère génétique ou un caractère de la personnalité (sachant que cette dernière est une combinaison de l'inné et du milieu social et environnemental) ?

    Dans l'état actuel des connaissances, j'ai l'impression que chacun prêche plutôt pour ce qu'il croit être la réalité. Y en a-t-il vraiment une qui soit admise globalement de manière scientifique ?



  3. -|- Delphine Dumont dit :

    Camille : Excellent parallèle avec les religions ! Je ne vois pas Ménard clamer "Je ne veux pas que ma fille soit musulmane !". ;)

    Julien : Je vois mal des animaux être influencés pour devenir homos, donc pour moi, c'est indéniablement inné. Cela dit, "inné" ne veut pas forcément dire "génétique", il peut y avoir une influence hormonale imprévue pendant le développement du fœtus ou que sais-je encore ?

    Pour les scientifiques, c'est difficile à dire. Tu en as qui se battent pour faire ré-inscrire l'homosexualité parmi les maladies mentales, d'autres qui cherchent des remèdes ou le gène de l'homosexualité… Heureusement, il n'y a pas que ceux-là mais on est loin d'un consensus. =/



  4. -|- Julien Appert dit :

    Je ne suis pas spécialiste de la sexualité animale, mais ceux que j'ai à l'esprit étaient plutôt du genre bi, c'est à dire soit "on fait ça entre nous parce qu'on n'a pas de femelle à se mettre sous la dent" ou "c'est un moyen comme un autre de résoudre un conflit".

    Mais vu la richesse incroyable de la nature, j'imagine qu'il existe aussi des exemples flagrants d'individus exclusivement homos. Par contre, quand tu dis que tu vois mal des animaux être influencés pour devenir homos : à partir du moment où ils ont une vie sociale, ils subissent forcément une certaine influence du groupe. Je ne t'apprends rien en affirmant que tout n'est pas forcément inné chez un animal.

    Ah, dernier point, je ne suis pas certain qu'on puisse dissocier l'inné du génétique. Les hormones, par exemple, sont la conséquence d'une expression génétique. Tout ce qui n'est pas génétique, à mon avis, est à ranger du côté de l'influence environnementale ou sociale.



  5. -|- Delphine Dumont dit :

    En dehors des couples de cigognes dont j'avais parlé ici (cf le lien dans le billet ci-dessus), j'ai lu plusieurs histoires de couples homos longue durée, hors période de pénurie de femelles ou de conflits. J'ai lu aussi le témoignage d'un ethologue qui affirmait avoir le plus grand mal à financer des recherches sur l'orientation sexuelle chez les animaux, ce qui explique, j'imagine, le peu de choses que l'on en sache.

    Sinon, pour te démontrer la différence entre inné et génétique, je prendrais l'exemple de la rubéole. Un fœtus peut être parfaitement constitué, si sa mère attrape la rubéole, l'enfant peut naître avec un ou plusieurs handicaps qui n'ont rien de génétique. Respirer des gaz toxiques, abuser de certaines vitamines, boire de l'alcool, etc., tout cela peut avoir une influence sur l'enfant à naître. Il est probable que d'autres influences soient positives, on est loin de tout savoir sur la grossesse.

    Je ne crois pas que l'orientation sexuelle puisse être du niveau de l'acquis, c'est vraiment trop ancré dans les individus.



  6. -|- Julien Appert dit :

    Je note pour le couple de cigogne. Désolé, j'ai lu en diagonale une partie de ton article (pas taper).

    En fait, tout est une question de définition. Wikipédia me dit : "Un caractère biologique est dit inné lorsqu'il est déterminé dès la naissance de l'individu". Sur ce coup, tu as raison, un caractère inné n'est donc pas forcément génétique.

    Par contre, il est aussi précisé plus loin qu'inné et acquis ne sont pas forcément exclusifs. Dans l'exemple que tu cites, les handicaps de l'enfant sont à la fois innés et acquis, puisqu'ils découlent d'une influence environnementale externe à l'individu proprement dit.

    Pour revenir au sujet, l'orientation sexuelle, j'ai tendance à la considérer plutôt comme un trait de caractère (donc issu à la fois de l'inné et de l'acquis). Mais ce n'est pas contradictoire avec le fait que ce soit profondément ancré dans les individus. De mes quelques expériences amoureuses, j'ai appris au moins une chose : on peut changer un comportement, mais pas une personnalité.



  7. -|- Rikko dit :

    Mouais ... vaste débat...

    Je me considère comme lesbienne puisque j'aime les femmes ... quasi indistinctivement. Ou hétérosexuel pratiquant... c'est comme vous voulez!

    Je ne suis pas sûr que votre démarche scientifique ait qielquechose à voir avec le débat, je crois que c'est une question d'ouverture d'esprit et d'acceptation de l'autre dans ses différences.

    Qu'elle soient religieuses, sexuelles ou gastronomiques, les incslinations de chacun doivent être respectées (sauf les ogres qui mangent les enfants !)

    On a vu que dans le passé (...et le présent et le futur), que l'homosexualité entre les mains des savants ne nous a mené qu'à ruine de l'âme.

    Ne comptons pas sur la science pour obtenir une réponse... écoutons les autres, et écoutons notre coeur.

    Vous allez me taxer d'angélisme , je m'en moque; je crois que c'est là qu'est la solution, et si il faut botter le train de certains peu concilliant... c'est possible aussi...

    Quand on est persuadé d'avoir raison, un bon coup de pied au cul fait mieux que de long discours !

    De là à dire que l'homosexualité est un don... je trouve que c'est une approche dangereuse car elle laisse à penser que l'homosexualité est d'une qualité supérieure... Ce n'est pas le cas... c'est pareil...

    C'est juste pas avec le même type de partenaires que vous et moi (surtout moi) préfèrent.

    @ Julien
    Tu n'es effectivement pas calé en bestiole, si c'est sous la dents que les mâles se mettent les femelles, l'espèce est en grand danger !



  8. -|- Delphine Dumont dit :

    Je suis d'accord avec toi sauf pour le don. C'est terrible ça de compter combien il y a de nuggets dans l'assiette du voisin ! Ce n'est pas parce qu'on a reçu quelque chose qu'on en est content ou supérieur aux autres. Comme je le disais sur Twitter, quand Mamie t'offre un pull qui gratte, c'est un don mais tu n'en es pas forcément ravi. Tu n'as pas demandé, tu n'as pas choisi mais tu l'as reçu. À toi d'apprendre à vivre avec !



  9. -|- Rikko dit :

    Tout tiens à ce que l'on met dans DON (dondaine dondon!)

    Tu as raison, c'est parfois une transaction à caractère gracieux, qui nous affuble d'un pull qui gratte et invite les enfants à nous jeter des pierres...

    C'est aussi un fleuve (Il prend sa source près de Toula, au sud-est de Moscou, à une altitude de 180 mètres environ et parcourt une distance d'environ 1 950 km avant de se jeter dans la mer d'Azov en donnant naissance à un delta d'une superficie de 540 km².Merci qui ??? merci Wiki !), même si c'est pô le sujet !

    Là ou le don m'agace (alors que Don Quichotte pas) c'est quand il est pris dans un sens quasi religieux. C'est à dire qu'y-celui l'homo aurait été gratifié d'un supplément de quelque chose (peut être du Ketchup en plus de ses nuggets… je l’ignore). C’est cette interprétation là qui est sémantiquement possible au regard de ton titre que je m’autorise à réfuter… car là, je pas d’accordise…



  10. -|- Julien Appert dit :

    Encore une fois, cette discussion sur le "don", c'est un problème de définitions différentes, semble-t-il.

    je vous copie le commentaire d'un ami au sujet de notre échange sur l'inné/acquis :

    "Il y a un très bon bouquin de Xavier Thévenot, qui était à la fois sociologue, théologien et thérapeute qui s'appelle "les homosexualités masculines". Ce bouquin est malheureusement épuisé. Mais il montre avec bcp de clarté que le débat acquis/inné est un faux débat. De la même manière que chaque personne hétérosexuelle accède à sa sexualité par des chemins extrêmement variés, il en est de même pour les personnes homosexuelles (d'où le titre, au pluriel). De plus, il met en garde très clairement le danger qu'il y a à se définir socialement par sa génitalité, qui n'est qu'un aspect de la sexualité. c'est une réduction dangereuse et effermante... Quelle que soit ses préférences sexuelles."



  11. -|- Delphine Dumont dit :

    Inné, acquis, qui gratte ou pas, on est quand même globalement d'accord pour dire qu'on ne se réveille pas un beau matin en se disant qu'on va faire pédé comme métier, non ? :)



  12. -|- Rikko dit :

    En disant que c'est un job, tu brouilles le discours !



  13. -|- raz dit :

    faire du proselytisme homo en cm1 et cm2 ! une honte absolue.etre homo n est certes pas une maladie mais pour le moins un vecteur de propagation de maladie. les contacts multiples en vogue dans ces milieux ont assure l etendue du sida ,on a meme droit au sidaction,pas un radis !la croix rouge et les restau du coeur sont bien + legitimes.enfin l homophobie est entretenue par la provoc de certain gays qui se becotent goulument en public et d autres qui veulent se marier voire adopter.un peu de decence et de retenue serait benefique a tout le monde



  14. -|- Delphine Dumont dit :

    L'homosexualité est un vecteur de propagation de maladie ?
    « Aujourd'hui, en Europe, la voie de transmission du virus du Sida est désormais majoritairement hétérosexuelle. »

    Votre haine et votre homophobie vous aveuglent. Je vous plains de tout mon cœur et je souhaite que vous découvriez la richesse de la nature humaine dans toute sa diversité.



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