Les bons côtés des mauvais livres

Par Delphine Dumont, le 8 juillet 2012 | Lectures

Quand je lis un livre qui me déçoit, voire qui m'énerve tellement il est mauvais, j'ai souvent l'impression d'avoir perdu mon temps et je déteste ça. Il me vient l'envie de livrer l'auteur aux mains d'un viking pourvu d'un solide merlin. Cependant, je reste raisonnable, je garde en tête les bons côtés des mauvais livres et j'épargne la vie du misérable.

Argument n°1 : ça fait lire

J'ai détesté le « Da Vinci code ». Ce livre avait tout pour me déplaire (style médiocre, approximations historiques et religieuses, contradictions dans le déroulement, suspens inexistant, etc.) et, ô surprise, il m'a déplu. J'ai peiné à le lire jusqu'au bout (je déteste ne pas finir un livre) et j'ai poussé un grand soupir de soulagement quand j'ai atteint la dernière page. J'ai oublié mais je ne serais pas étonnée de savoir que j'ai émis quelques critiques virulentes et grossières envers l'auteur de ce machin.

Sachant que ce truc a été vendu à 82 millions d'exemplaires, cela représente un bon paquet de lecteurs. Si on suppose que la proportion de ceux qui ont perdu toute envie de lire un livre ne soit pas supérieure à ceux que cela a encouragé à retenter l'expérience, le bilan est finalement positif. Même si le chemin est mauvais, seule l'arrivée compte.

Argument n°2 : l'avis est subjectif

L'hypothèse est bien sûr hautement improbable mais il se peut que mon avis ne soit pas considéré comme un jugement exact à valeur universelle. Il est donc toujours possible que quelqu'un apprécie un livre que je n'ai pas aimé. En fait, c'est déjà arrivé : à l'exemple cité ci-dessus, je peux ajouter « Et si c'était vrai » du multi-récidiviste Marc Levy.

Librairie à Toulouse - Olybrius - Wikicommons

Inversement, des livres que j'ai vraiment beaucoup aimés ont été diversement appréciés par d'autres. Pire ! Des œuvres sur lesquelles j'ai peinées à la première lecture m'ont enthousiasmée à la seconde. Un exemple parmi beaucoup d'autres : « Thérèse Desqueyroux » que l'on m'a fait lire à l'adolescence et qui m'a totalement échappé. J'avais alors apprécié le style élégant mais c'est tout. Redécouvert bien des années plus tard, ce livre m'a parlé intimement et fortement.

Argument n°3 : la comparaison est flatteuse

Quand j'ai terminé un ouvrage médiocre et que j'enchaîne sur un bon livre, le plaisir est augmenté par la comparaison. Je savoure le style, les trouvailles et le fil de l'histoire avec un bonheur infini. Quand j'arrive à la dernière page, ma tristesse d'avoir fini le dispute au plaisir persistant de ces bons moments de lecture. Je me surprends même parfois à passer la main sur la dernière de couverture comme une caresse d'adieu, une façon aussi de clore l'instant pour mieux attaquer ma prochaîne lecture.

Le livre suivant sera-t-il aussi bon ? Ce mystère fait partie des délices de la lecture. Alors si, pour le savourer, il faut en passer par les médiocrités de Dan Brown ou Marc Levy, ce n'est qu'un moindre mal !

[Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]

Photo : Olybrius - Wikicommons

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8 commentaires pour “Les bons côtés des mauvais livres”

  1. -|- Julien Appert dit :

    Serais-tu une lectrice difficile ? Je me souviens avoir dévoré le Da Vinci Code avec plaisir.



  2. -|- Delphine Dumont dit :

    Difficile, moi ? Pas le moins du monde !
    Exigeante, à la rigueur... =)



  3. -|- Rikko dit :

    Je suis d'accord pour dire que Dan Brown...... Mais bon, c'est peut être la traduction (naaan j'déconne !)



  4. -|- Stéphane dit :

    Je te trouve dure. Ce n'est sans doute pas la lecture du siècle mais des approximations historiques pour un roman ne me semblent pas choquantes.
    Que ce roman ait plu a certain et pas à d'autres ne m'étonne pas plus que ça. Ça nous rassemble dans le camp des lecteurs ! Et en plus nous sommes pile dans la charte de lecture de Daniel Pennac. ;)



  5. -|- Delphine Dumont dit :

    Stéphane : Dans mon billet, je parle des livres que je n'ai pas trouvés bons et je reconnais que d'autres peuvent avoir un avis différent. Je voulais juste rappeler qu'un mauvais livre est moins catastrophique qu'une mauvaise émission de télé, par exemple. :)



  6. -|- couliine dit :

    je dirai qu'il faut des livres pour tous mais ici aussi j'ai détesté le Da vinci code...sur le sujet il y a meilleur tant sur le style que sur le fond, la forme. Mais il en faut pour tous et Dan Brown a eu un excellent éditeur qui a fait de la bonne promo parce que même pour un bouquin ça compte.
    Tout le monde regarde la télé, tout le monde ne lit pas... ça peut donner l'impression d'être gratuit et il y a une telle diversité...
    Alors qu'un livre ça se choisit, ça se paye...on passe des heures avec...la télé ça défile, ça se zappe
    Alors quand nous passons des heures avec un livre si nous sommes déçu ça va bien au de la ...
    En lisant nous sommes acteur en regardant la télé nous sommes passif
    Couline qui lit en ce moment Le cri des pierres de gilbert Sinoué et zou en plein dans l'actualité;)



  7. -|- Stéphane dit :

    @Delphine : Je savais que nous tomberions d'accord !

    @Couline : "Tout le monde regarde la télé"

    Je m'insurge ! Je n'ai toujours pas la télé ! Donc tout le monde n'a PAS la télé. Par contre même ma benjamine de 2 ans a sa carte médiathèque.



  8. -|- couliine dit :

    stephane bon a part quelques irréductible tout le monde n'a pas la télé...
    Chez nous il y a la télé mais il y a aussi un esprit critique concernant la télé et il n'y a pas que ça!:D



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