Horreur et bonheur

Par Delphine Dumont, le 7 novembre 2012 | Famille

Aujourd'hui, Doudette tremble pour sa fille et toutes mes pensées l'accompagnent. Elle nous a fait part de ses craintes sur Twitter (en tentant de les relativiser, mais nous ne sommes pas dupes) et, en plus de ma sympathie, elle m'a inspiré ce billet.

Chaque parent a connu ou connaîtra, malheureusement, ces heures terribles où son enfant va mal. Surréagir est absurde, mais c'est aussi humain. Relativiser quand la chair de sa chair est touchée, c'est bien plus facile à dire qu'à faire. Ce n'est pas le lot de tous les parents, certains y échappent, d'autres ont appris à l'éviter. Les parents des grandes fratries apprennent ainsi très bien à relativiser.

Malgré tout, il y a quand même des moments noirs où l'on reste à veiller un enfant fiévreux, où l'on voudrait prendre la douleur de son petit pour le soulager, où l'on se sent impuissant car on ne peut qu'attendre et espérer.

David et Emily (personnages de David Copperfield) par Franck Reynolds

Ces moments terribles où j'ai été durement éprouvée, où j'ai parfois pleuré à m'en brûler les yeux, où j'ai toujours prié avec l'ardeur d'une fanatique, où je suis restée suspendue à la régularité d'un souffle ou à l'expression d'un regard, ils sont gravés en moi, ils m'ont forgée, ils m'ont offert des cheveux blancs, je voudrais ne jamais les avoir vécus. Et pourtant...

Et pourtant, chaque fois que la tempête est passée, que le ciel de notre vie est à nouveau d'un bleu intense, que mon petit va à nouveau bien, mon cœur n'est plus qu'allégresse. Je remercie Dieu pour ces cadeaux merveilleux que sont la vie et le bonheur de mon enfant, je regarde mon fils et ma fille et leurs sourires me rendent dix fois plus de forces qu'il ne m'en a fallu pour traverser ces mauvais moments.

Lorsque je me suis battue pendant des années pour sortir mon fils de derrière ses murs, j'ai parfois cru que je perdrai la partie. Aujourd'hui, même si c'est un « sacré numéro », personne ne peut deviner le passé et c'est un bonheur que je savoure chaque jour. Un bonheur intense et rare.

Plus récemment, c'est pour ma fille que j'ai dû lutter. Nos blessures ne sont pas encore cicatrisées, mais notre lien en a été renforcé alors que je pensais cela impossible.

Je n'en suis pas à souhaiter qu'ils aillent mal pour connaître à nouveau le bonheur du rétablissement, restons sérieux, mais, parfois, je me demande si l'amour que je leur porte serait aussi fort si je n'avais pas été ainsi éprouvée.

Alors, je pense à Doudette, je lui envoie toutes les pensées positives possibles et je lui souhaite de connaître au plus vite et à nouveau ce ciel bleu !

[Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]
Illustration : David et Emily (personnages de David Copperfield) par Franck Reynolds

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Un commentaire pour “Horreur et bonheur”

  1. -|- Rikko dit :

    Du ciel bleu c'est un beau vœu, je m'acoquine !



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