Ne rien comprendre à Google

Par Delphine Dumont, le 1 mai 2013 | Général |

Régulièrement, on voit publiés des billets et des articles sur ce que prouveraient les suggestions de recherche de Google. Les traces de sexisme, racisme, antisémitisme (au choix) seraient le fidèle reflet de notre société. I say what the fuck ?!

Les recherches n'ont pas qu'un seul but, mais plusieurs :

  • Comprendre un mot ou une expression rencontrée et qu'on ne comprend pas ;
  • Approfondir un sujet ;
  • Vérifier une affirmation ;
  • Vérifier la popularité d'une expression ou d'une croyance ;
  • Etc.

Doodle Google représentant Mme Pourquoi de Roger Hargreaves

Google propose des suggestions de recherche lorsqu'on tape une expression. À cause de toutes les raisons citées ci-dessus, il est impossible d'en déduire que la fréquence de ces recherches corresponde à ce que pensent ou croient sincèrement les gens.

Exemple typique cité dans "Google & le sexisme 1/2", l'expression « les garçons aiment les filles car flmnh ». Je n'avais jamais rencontré cette expression et je ne la comprenais pas. En fait, "flmnh" prononcé vite (et bizarrement) ressemblerait à "Elles font le ménage". Pour moi, ça ressemble plus à du glucon, mais soit, acceptons cette explication.

Si j'avais lu cette expression sur un forum ou un blog, je l'aurais immédiatement googlée afin de comprendre. Est-ce que, pour autant, je le pense ? Certainement pas ! Est-ce que cela fait de moi une personne sexiste ? Pas plus !

Si j'étais un ado dont la pilosité se développe fortement, je m'inquièterais de savoir si les poils sont au goût des filles. Je chercherais "Les femmes aiment..." et je sauterais sur la suggestion "les hommes poilus". Est-ce qu'on pourrait en déduire que je le pense ? Non, puisque je me poserais la question ! Est-ce qu'on pourrait en déduire que c'est une certitude partagée ? Pas plus, à moins d'aimer faire des corrélations foireuses...

Bref, déduire des comportements en partant des suggestions de recherche équivaut à calculer le projet de loi de financement 2015 en se basant sur la fréquence des licornes à pois en Île-de-France. Encore que sur ce dernier point, je n'ai aucune certitude...

[Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]
Illustration : ma copine Google

flattr this!

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6 commentaires pour “Ne rien comprendre à Google”

  1. -|- Red Fox dit :

    Bonjour, étant l'auteure du billet que vous citez, je tiens à éclaircir mon propos. En effet, le but n'est pas de "déduire des comportements en partant des suggestions de recherche" mais plutôt de rendre compte de ce que les suggestions de recherche évoquent de notre société (IRL). Par exemple, le fait que beaucoup de gens cherchent "les femmes ne savent pas conduire" montre que ce cliché est répandu dans la société et que les gens cherchent une explication/contre-explication. Cela ne veut pas dire que les gens qui font cette recherche sont sexistes mais qu'ils font une recherche SUR un cliché sexiste. Les suggestions de recherche sont donc bien un reflet des croyances de notre société, mais cela ne signifie pas que les gens qui font ces recherches y adhèrent. J'espère que cela éclaircit mon propos.



  2. -|- Google & le sexisme 1/2 | Les Dégenreuses dit :

    [...] 01/05 : Je tiens à faire quelques précisions suite à un billet de blog nous accusant de ne rien comprendre à Google. Les suggestions de recherche sont le reflet des [...]



  3. -|- Delphine Dumont dit :

    Je dis aussi que faire une recherche peut avoir pour but d'avoir une idée de la popularité d'un concept. On ne peut donc vraiment rien en déduire, ni reflet, ni autre chose.



  4. -|- Red Fox dit :

    Justement, si beaucoup de gens cherchent à savoir si tel concept est populaire au point que le concept en question arrive en suggestion de recherche, c'est bien que ce concept est connu et répandu, donc qu'il a une certaine prégnance dans notre société. C'est comme ça que je le vois =)



  5. -|- Delphine Dumont dit :

    Non, pas du tout. On peut commencer à taper une expression et cliquer, par curiosité, sur une suggestion. Bref, les suggestions nourrissent les suggestions et on ne peut toujours rien en déduire. :)



  6. -|- Rikko dit :

    Je suis francilien (parisien même mais on va dire que je me la pète) donc je suis forcément un expert des licornes à pois... Ben ouais forcément, vérifiez, c'est GOOGLE qui l'a dit... oupas.

    Après étude a jeun, il apparait que le nombre de vrais licornes à pois serait suffisamment proche du 0 pour qu'on en déduise un certain élément de rareté.

    Ne reculant devant aucun sacrifice, il m'a semblé important de réaliser la même recherche en usant de substances dont la morale réprouve l'utilisation... Ben là du coup il y en beaucoup plus.

    Que pouvons nous en déduire ?

    Que la licorne est un animal timide qui a tendance à planquer son cul (pardon sa croupe) mais ne sait pas résister à un joint !

    ça méritais d'être dis je crois !



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