La tristesse, rien que la tristesse

Par Delphine Dumont, le 7 juin 2013 | Tous concernés |

Un jeune homme est mort mercredi. L'enquête n'est pas finie, mais il semblerait que ce soit une stupide bagarre qui se soit mal finie, rien de plus. Rien de plus...

C'est bête, c'est tragiquement bête, mais ça arrive malheureusement très souvent. Je suis infiniment triste pour ses parents et tous ceux qui l'aimaient. Comme beaucoup, cette mort d'un jeune homme de 19 ans, presque un enfant encore, me bouleverse. Comme beaucoup, je voudrais qu'on puisse revenir en arrière, empêcher cette bagarre, faire quelque chose !...

Mais non, rien, on n'y peut plus rien. La tête de Clément a heurté ce fichu poteau, on peut se repasser le film dix fois dans sa tête, c'est fini, il est mort. Mort pour toujours comme disent les enfants.

Je ne veux pas faire son procès, ni celui de ses adversaires. D'une part, l'enquête n'est pas finie, je le répète. D'autre part, les premiers éléments immédiatement disponibles ont semblé prouver que les torts étaient partagés. En attendant que les faits soient établis, je refuse de désigner des coupables.

Je comprends et partage l'émotion qui a saisi les Français et, en particulier, ses camarades d'école, les membres du groupe Antifas, etc. Je comprends leur envie de venger cette mort. Quand la passion nous possède, on ne réfléchit pas. Par contre, les réactions de beaucoup d'élus m'ont profondément choquée. Je remercie tous ceux qui ont su attendre les résultats de l'enquête et/ou faire preuve de modération et d'humanisme.

Dans "responsable politique", il y a "responsable". Être élu, ce n'est pas que proposer/étudier/voter des lois, inaugurer des chrysanthèmes ou se battre pour être ré-élu. Il y a une mission de guide, d'encadrement.

J'entends déjà les cyniques qui se moquent de cette réflexion, mais peu m'importe. Si les citoyens se détournent des urnes, c'est bien parce qu'ils ne croient plus en ces agités démagos. Ce délaissement renforce les groupuscules de tout bord.

Je le répète, on aurait tort de croire que la classe politique est homogène et nombreux sont les élus qui ont été à la hauteur de leur mission. Malheureusement, on ne leur tend pas les micros, ce ne sont pas de "bons clients".

Alors, voilà, on se retrouve avec un drame instrumentalisé, une prime à la bêtise et un peu plus de désespoir pour le peuple.

De la tristesse, rien que de la tristesse, c'est tout ce que j'éprouve, je n'ai même plus de colère...

[Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]

Deux autres blogosaures ont publié de bons billets sur le même sujet, je vous les recommande :

  • Le vol bas du vautour en politique par Koztoujours
  • Hystérie médiatique par Authueil

[Edit 09/06/13 : à l'heure où j'écrivais ce billet, on pensait encore que la mort était due au choc contre le poteau. On sait maintenant que ce sont les coups portés au visage. Cette mort n'en est pas moins stupide.]

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3 commentaires pour “La tristesse, rien que la tristesse”

  1. -|- Rikko dit :

    Finalement ce que l'on peut dire (puisque l'enquête est encore en cours... si j'ai bien compris) c'est que finalement, nous vivons dans un monde où il y a trop de poteaux....
    J'ai bon ?



  2. -|- Delphine Dumont dit :

    Finalement, il semblerait que ce soit trop de mains. Ou un problème de résistance du visage.



  3. -|- Rikko dit :

    Ha mince... le poteau est innocenté ?

    J'imagine qu'il y a eut pression de la part des élus qui voyaient d'un mauvais oeil l'incrimination du mobilier urbain...



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