Sophie et Anne-Sophie

Par Delphine Dumont, le 17 juillet 2013 | Famille |

Il y a des gens qui ont des talents insolites. Par exemple, mon amie Sophie Gourion a l'extraordinaire faculté de réveiller des souvenirs que je croyais enfouis. Si elle en faisait un métier, elle serait remmémorologue, mais ce n'est pas le sujet.

Comme en juillet 2012, Sophie a publié une très jolie photo de ses enfants et ça m'a rappelé de jolis moments. L'an dernier, c'était à ma mère que je pensais. C'est fou comme une simple image peut faire surgir des sons, des odeurs, des émotions...

La photo que Sophie a partagé aujourd'hui montre ses enfants tendrement enlacés devant la mer. Leur proxémie nous confirme la force de leur lien et le bonheur qu'ils ont à être ensemble.

Immédiatement, j'ai pensé à ma sœur. Elle et moi ne sommes pas amies, nous ne partageons pas d'activités ou de loisirs ensemble, nous n'avons pas de passion commune, nous ne recherchons pas constamment la présence de l'autre, mais nous sommes indéniablement profondément sœurs.

Fillettes au bord de la mer - Photo : nevit - Stock Xchng

Pendant notre enfance, entre mon caractère vif et sa violence, les journées étaient souvent rock'n roll. Quatorze mois seulement nous séparent, mais cela n'est pas très net. Elle a beau être l'aînée, j'ai très vite été plus grande qu'elle. Ce qui était bien injuste pour elle, même si c'était involontaire de ma part. Résultat, elle tenait souvent à montrer sa domination, par la force si nécessaire.

De façon assez naturelle, nous avons très vite pris l'habitude d'avoir chacune notre propre cercle d'amis et notre terrain de jeux. Nous maintenions ainsi une paix armée animée de quelques escarmouches dues à des jouets ou vêtements empruntés sans permission.

Cependant, en cas de coup dur, nous faisions immédiatement bloc. Quand ma sœur a eu des problèmes de santé, je l'ai soignée avec dévouement et tendresse sans chercher à en tirer la moindre gloire. Lorsque j'ai été menacée par un garçon brutal, c'est elle qui s'est interposée, prête à prendre les coups à ma place.

Nous sommes beaucoup allées à la mer, quelle que soit la mer, celle du Nord, très souvent sur la côte belge (La Panne, Saint Idesbald,...), mais aussi sur la Côte d'Opale, la côte atlantique (Lacanau) ou les côtes britanniques. Petites, les vagues nous faisaient peur, alors nous avancions en nous tenant la main pour affronter l'ennemi ensemble. Lorsque nous nous sommes baignées pour la première fois après avoir vu "Les dents de la mer", c'était serrées l'une contre l'autre pour nous donner du courage. Lorsque nous avons découvert un fond gélatineux, des algues sans doute, sous l'eau trouble d'une côte anglaise, c'est en nous tenant la main que nous avons trouvé la force d'avancer assez loin pour pouvoir nager et, enfin !, ne plus sentir ce truc bizarre sous nos pieds.

Quand la vie s'est faite cruelle pour nous, nous avons toujours su que nous pouvions compter l'une sur l'autre. Nous n'avons pas hésité à nous appeler au secours que ce soit pour un problème d'argent, de santé ou autre et je pense que nous n'hésiterons jamais si, par malheur, nous en avions à nouveau besoin.

Nous ne sommes pas proches comme peuvent l'être les filles du Docteur March, par exemple, mais nous nous aimons, nous nous respectons et nous serons toujours là l'une pour l'autre.

Je savais tout cela, mais je n'en avais pas conscience. C'est cette photo de Sophie qui m'a révélé à quel point j'avais de la chance d'avoir une sœur comme la mienne.

Anne-Sophie, merci d'être ma sœur, je t'aime.

[Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]
Photo : nevit sur Stock Xchng

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Un commentaire pour “Sophie et Anne-Sophie”

  1. -|- effigy1 dit :

    nice !



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