Sexisme, féminisme et moi-qui-suis-j’isme

Par Delphine Dumont, le 6 décembre 2013 | Tous concernés |

Sur Twitter, je viens de participer à une discussion enflammée sur la galanterie. La galanterie serait une preuve de machisme ou une preuve d'attirance selon certains de mes interlocuteurs. Je ne vous raconterai pas l'échange en intégralité, je veux juste coucher les réflexions qui m'en viennent.

Se définir ou être définie

On peut m'appeler Mademoiselle ou Madame, ça ne change pas qui je suis. N'étant pas mariée, mon côté psycho-rigide a une préférence pour le Mademoiselle, mais le titre n'a aucune importance. Je ne me sens ni plus jeune, ni plus vieille, ni plus faible, ni plus forte en fonction du titre qu'on m'assigne.

De même, si un homme se lève pour me laisser sa place dans le bus, je ne me prends pas la tête à me demander quel est son but, ce qu'il a derrière la tête, etc. Soit je suis fatiguée ou je fais un long trajet et j'accepte avec plaisir, soit je décline. Dans un cas comme dans l'autre, j'apprécie l'attention. Il est toujours agréable de rencontrer quelqu'un qui n'est pas perdu dans sa bulle.

Je décide. Moi. Pas lui. Sa galanterie m'est agréable mais elle reste une proposition, pas une pression.

J'ai eu la très grande chance d'être élevée dans une famille qui m'a autorisée à être moi. Je me rends compte chaque jour à quel point c'est rare. J'ai toujours su que je serai aimée de mes proches quel que soit mon chemin. Je n'ai pas besoin de demander à chaque inconnu qui je suis, je le sais.

L'attitude de mon interlocuteur le définit, lui, pas moi. Cela me permet d'adapter mon attitude afin d'interagir avec lui ou de mettre fin à l'échange. Ça me permet d'avoir des amis très différents les uns des autres, ce qui paraît parfois étrange, mais c'est une chance dont je suis très consciente. Ça me permet aussi d'envoyer promener des toxiques, c'est une autre chance.

Le féminisme, pas le totalitarisme

Que les femmes souffrent de profondes inégalités de traitement dans notre société et dans le monde, c'est une évidence qu'il ne me viendrait jamais à l'idée de nier. Que certains en conçoivent une forme de totalitarisme, non !

Le féminisme doit améliorer la société, toute la société. Le féminisme doit être une chance pour les hommes autant que pour les femmes. L'homme n'est pas un ennemi de la femme par définition. Il ne faut pas extrapoler de cas particuliers pour en faire des généralités, ni pour les victimes, ni pour les coupables.

Le féminisme, à mon sens, ne consiste pas à enlever aux hommes pour donner aux femmes, mais à inciter les femmes à conquérir les mêmes droits, postes et acquis que les hommes.

Le féminisme ne passe pas par des revendications bruyantes et des lois, mais par un travail long et loin des projecteurs. Là, on doit sentir que je suis un peu agacée par ceux et celles qui utilisent le féminisme pour construire leur carrière sans se soucier de construire quoi que ce soit d'autre. Un peu, juste un peu…

Le sexisme est une peur

Comme le racisme, le sexisme est une peur. Cela n'a rien à voir avec le machisme qui est une question d'éducation. On peut lutter contre les conséquences des peurs avec la loi, mais pas uniquement avec elle.

Par exemple, Marie Thérèse d'Autriche mit un terme aux chasses aux vampires avec une loi. Cela n'a pas mis fin pour autant au mythe. Seule l'instruction peut le faire.

Pour le sexisme, il en va de même. On a imposé bien des choses, de l'égalité salariale à la fin de l'existence de "Mademoiselle" sans pour autant gagner le combat. Autant certains aspects de ces lois peuvent être justes, autant d'autres relèvent du vœu pieux, voire du charlatanisme.

Tant que l'école orientera les filles vers les-métiers-féminins, on ne verra pas le nombre d'ingénieures augmenter. Tant que le poids des tâches ménagères et des soins aux enfants reposera sur les femmes majoritairement, ces dernières ne pourront pas avoir la chance de se cultiver et de se divertir comme les hommes. Tant qu'on offrira un bel aspirateur rose aux petites filles et des Mecano aux petits garçons, on entretiendra le sexisme.

Que faut-il faire ? La liste des tâches est longue, trop longue pour que je l'ajoute à cet article, mais il existe beaucoup d'initiatives très intéressantes. Si vous en connaissez, n'hésitez pas à les noter en commentaire !

[Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]

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Un commentaire pour “Sexisme, féminisme et moi-qui-suis-j’isme”

  1. -|- Skand dit :

    Je t'ai envoyé un mail pour en causer. ;)



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