La vérité sur l’affaire Harry Quebert

Par Delphine Dumont, le 4 septembre 2014 | Lectures |

Joël Dicker fait dire à l'un de ses personnages « Un bon livre, Marcus, est un livre que l'on regrette d'avoir terminé ». J'ai ressenti un grand soulagement d'avoir fini La vérité sur l'affaire Harry Quebert mais il ne faudrait pas en déduire que ce n'est pas un bon livre, c'est plus subtil que ça.

En fait, La vérité sur l'affaire Harry Quebert me fait penser à un repas de Thanksgiving dont la moitié serait faite de plats industriels. C'est lourd, un peu étouffe-chrétien, c'est bon sans être excellent, mais on a quand même savouré ce moment.

Le livre est en effet beaucoup trop long. En version poche, il compte 860 pages dont 350 superflues, au bas mot. Il y a des détails inutiles, des longueurs, des descriptions sans intérêt ni lyrisme, bref, du gras.

Je vous résume l'intrigue :

Un jeune écrivain, qui a connu un énorme succès avec son premier livre, peine à écrire le second. Il est amené à enquêter sur la mort de celle qui fut le grand amour de son meilleur ami. Plus de 30 ans se sont écoulés depuis cet assassinat et l'apprenti-détective va donc devoir réveiller les souvenirs et les secrets enfouis de la petite station côtière où tout s'est déroulé.

Cape Cod (extrait) - Urban - Wikimedia

Il y avait nettement tous les ingrédients pour un chef-d'œuvre et ce livre n'en est pas un, c'est probablement pour cela que je suis si déçue. Je ne sais pas dans quelles conditions ce roman a été écrit mais il apparait clairement qu'il n'a pas été assez travaillé. Il aurait fallu des relecteurs critiques et de nombreuses corrections pour l'amener au niveau que l'intrigue méritait.

La vérité sur l'affaire Harry Quebert reste un bon livre que je vous recommande si les pavés ne vous effraient pas. Certains points sont très bien vus comme, par exemple, le torrent de boue que peut devenir la somme de toutes les petites saletés d'une commune. La description truculente de l'éditeur cynique est très réjouissante et pourrait même être utilisée comme une leçon magistrale sur la communication.

Le suspense est excellent, la construction du roman nous balade d'un suspect à l'autre et le dénouement est surprenant. Si vous aimez les fictions policières, La vérité sur l'affaire Harry Quebert devrait vous plaire.

En revanche, j'espérais y lire aussi une description du processus de création artistique. Sur ce thème, j'ai beaucoup aimé les films L'Incroyable destin d'Harold Crick et Miss Potter. Dans La vérité sur l'affaire Harry Quebert, il n'y a que quelques rares passages sur ce sujet même si, pourtant, les échanges entre le jeune écrivain et son maître en littérature sont nombreux et détaillés.

Pour résumer, le principal problème de La vérité sur l'affaire Harry Quebert est que le livre est survendu, il est présenté comme un chef-d'œuvre (il a reçu plusieurs prix) et, finalement, c'est juste un bon bouquin. Ce qui est déjà pas mal.

P.S. : J'avais promis au généreux anonyme qui m'a offert ce livre que j'écrirai une critique lorsque j'en aurai fini la lecture. Promesse tenue avec toute ma reconnaissance !

[Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]
Illustration : photo de Cape Cod (extrait) par Urban (Wikimedia commons)

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