De l’amour et de la peine

Par Delphine Dumont, le 15 novembre 2015 | En bref |

Lors des attentats de Charlie en janvier dernier, j'ai ressenti beaucoup de peur et même, par moments, une vraie panique. Je ne voulais plus sortir de la maison, ni laisser mes enfants s'éloigner, je voulais qu'on reste là, ensemble, au chaud et à l'abri. La panique n'a pas duré plus de 24 heures mais la peur est restée longtemps, larvée, sournoise, alimentée par les crimes islamistes au Moyen-Orient.

Peu à peu, sans que je crois bien sûr à une sécurité totale, ma sérénité est revenue. Le monde restait dangereux mais j'en acceptais les risques.

Et puis, il y a eu ce vendredi soir.

Est-ce à cause du nombre de victimes ? De leurs visages qui défilaient dans ma timeline ? Tous ces inconnus morts ou disparus me fendaient le cœur, ils étaient tous ma famille et je pleurais la perte des uns, je tremblais pour les autres, priant pour qu'ils soient indemnes. Il y eut très peu de bonnes nouvelles, le nombre des victimes s'alourdissait sans cesse.

Cette fois, la peur était reléguée au second rang, mon cœur s'emplissait d'amour et de compassion pour les familles et les proches. Dans le même temps, j'avais beaucoup de peine pour les terroristes et leurs commanditaires. La vie est si merveilleuse, pourquoi vouloir gâcher sa vie et celles des autres ?

Ces criminels ne connaîtront jamais ces moments de grâce qui illuminent la vie. Au mieux, ils ne ressentiront qu'une joie malsaine à détruire le bonheur, c'est d'une petitesse affligeante.

Ils ne laissent que des ruines derrière eux sans pouvoir empêcher que la vie reprenne le dessus. Tellement minable que ça me peine profondément, personne ne mérite ça.

Les victimes laisseront bien plus, cent millions de fois plus. À elle seule, Véronique Geoffroy de Bourgies a fait plus de bien que ne feront de mal l'ensemble des terroristes sur terre.

Alors, oui, j'ai de la peine pour ces terroristes, leur action est vaine quelle que soit la souffrance qu'ils infligent.

[Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]

Post-scriptum

Pour être tout à fait honnête, j'éprouve aussi un peu de colère. J'en veux à tous ceux qui essayent de faire dire à ces événements ce qui convient à leurs élucubrations et idéologies. J'en veux à tous ceux qui veulent profiter de ce drame pour réduire encore nos libertés et abuser de leurs pouvoirs.

Là, c'est nous qui ne méritons pas ça.

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