C comme Censure ou comme Connerie ?

Si vous suivez un tantinet les remous de la blogosphère, vous êtes peut-être au courant de l'Affaire Podemus. Sinon, je vous explique. Des blogueurs de talent interviewent à tour de rôle des politiques en podcast et publient le résultat sur BuzzBazar. C'est intéressant et frais, on est loin de cette complicité journaliste/politique dont les sous-entendus échappent parfois au commun des mortels. Ça ne remplace évidemment pas une interview de pro à pro, toutes les bonnes questions ne sont pas posées, mais c'est parfaitement complémentaire de ce qu'on peut entendre ou lire dans les médias traditionnels.

BuzzBazar est hébergé par Podemus. Ce dernier, trouvant l'interview de Marine Le Pen par Versac indésirable, l'a tout simplement rendue inaccessible ! Je n'ai pas écouté ce podcast (les podcasts me saoulent) donc je ne me prononce que pour le principe, pas pour le contenu : cette censure est d'une stupidité totale. Au lieu de paraphraser ou recopier l'excellent billet de Koz, je vous invite à lire son "Podemus des conneries facere" ainsi que le "C’est le souk chez Buzzbazar et Podemus" d'Emmanuel Parody sur son blog ZDnet.

Un silence qui me dérange

Patrick Barrabé relève le silence assourdissant qui a suivi l'annonce d'un fait divers. Tous les habituels preneurs de paroles qui se prétendent défendeurs de la veuve et de l'opprimé ne se sont pas fait entendre. Pourquoi ?

Je pense à cette jeune femme et à sa petite fille et à leurs derniers jours. L'horreur silencieuse est moins intéressante que la dernière d'Ardisson...

La condamnation condition des femmes

Être une femme est souvent synonyme d'être en dangerVia Empyrée, plus particulièrement le billet "Érotologie et religion, je découvre un billet de Baloo Kipling sur Ping-Pong intitulé "Schiffer contre Schéhérazade. Derrière Baloo Kipling se cache Ali Baba pour ceux qui le connaissent un peu.

Pour en revenir au sujet des billets, les femmes et les contraintes qu'elles subissent ici et ailleurs, je suis toujours entre plaisir et consternation quand je lis ou j'entends des hommes qui découvrent ce que subissent les femmes depuis des millénaires. D'une part, je suis heureuse de leur prise de conscience, elle est incontournable pour faire avancer les choses. D'autre part, comment peut-on être insensible au point de ne pas percevoir la souffrance des êtres que l'on cotoie au quotidien et dont on est peu ou prou coupable ?

Il est de bon ton de se moquer du féminisme, d'asséner aux femmes qu'elles ont déjà tout obtenu, etc... Qu'on m'explique alors les différences de salaire à poste équivalent ? Les différences de carrière à compétences égales ? La perpétuation des crimes sexuels dont elles sont les principales victimes ? La faible proportion de femmes dans les conseils d'administration, dans les gouvernements, etc ? Je pourrais continuer très longtemps comme cela mais la démonstration est suffisamment claire. A lire sur le sujet :

  • Crimes d'honneur sur Population Data,
  • La condition des femmes a empiré en dix ans sur Population Data,
  • Norvège : parité bien ordonnée... , sur Elle Québec,
  • Action de femme, association pour la promotion des femmes dans les conseils d'administration,
  • Du Rose dans le Gris, le blog d'Action de Femme.

Des comportements qui ne sont que l'expression d'une maladie spirituelle

Thoard, le village au maire homophobeCoté cour, le maire de Thoard est ouvert et tolérant. Lorsque l'association Pink Pastorale lui demande l'autorisation de tenir une manifestation contre le sida dans un jardin public du village, Claude Senes accepte chaleureusement et conclut sa lettre d'accord d'un : « Vous souhaitant pleine réussite... ». Coté jardin, la réalité est assez différente. La preuve en est que Claude Senes écrit immédiatement au préfet en ces termes :

« Je me permets de vous faire part que je désapprouve avec la plus grande vigueur la tenue de la manifestation Pink Pastorale [...] Au risque de me trouver qualifié d'homophobe et de risquer les foudres de la justice, je n'ai pas eu d'autre possibilité que d'autoriser la manifestation.

Ce serait un euphémisme de ma part que de vous dire que notre société humaine dite civilisée est en déchéance, voire décadence. [...] Je considère que l'on n'a pas à afficher et banaliser des comportements qui ne sont que l'expression d'une maladie spirituelle. »

L'homophobie n'est pas nouvelle mais comme toutes les formes d'exclusions, elle continue à me lever le cœur. J'ai honte pour ce maire qui continue à parler de "décadence" et de "maladie". Nos élus devraient faire l'effort de s'informer un peu et de comprendre que l'homosexualité n'est pas un choix personnel mais une caractéristique, à l'instar de la couleur de nos yeux par exemple, et que la décadence, c'est de continuer à le nier. A lire sur le sujet :

  • Un maire provençal opposé à une manifestation LGBT dans son village, sur Cité Gay,
  • Un maire de Provence qualifie l'homosexualité de «maladie spirituelle», sur Marions les Homos,
  • Famille : Benoît XVI en appelle aux politiques, sur le Nouvel Obs.

Au lieu de condamner encore et encore, j'aimerais que l'Eglise catholique réfléchisse à la question de l'homosexualité. Cette condamnation catégorique ne fait que renforcer les difficultés et les peines rencontrées par les homos. Par simple charité chrétienne, il est indispensable d'entamer cette réflexion. Je savais que Benoit XVI avait peu de chances d'être un pape d'ouverture, il ne me surprend pas. C'est donc à chaque catholique de faire avancer son église.

Delphine Dumont
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