Ce texte, qu'il n'a probablement pas écrit tout seul à l'arrière de sa voiture de fonction tandis que le chauffeur l'amenait au ministère (on a le RER qu'on peut), n'est pas parfait mais il m'a plu quand même. Je passe sur les attaques, justifiées mais classiques, envers l'autre camp qui critique mais n'a pas pris les bonnes dispositions en temps utile, ainsi que sur les satisfecits qu'il s'auto-accorde. Je ne les lui reproche pas, en général, on ne parle que de ce qu'il fait de travers, c'est normal qu'il aime à rappeler que "oui, mais non, pas tout le temps, alors hein...". Je pense que cela fait d'ailleurs partie des basiques inculqués aux chargés de rédaction, puisque tous les hommes politiques incluent ces passages dans leurs discours.

Ce qui m'a plu, c'est qu'au delà de l'inévitable démagogie (il est candidat, faudrait pas déconner quand même), il y a quand même beaucoup de points positifs. On sent qu'il a entendu le discours écologique et, même si les mauvaises langues pourront toujours prétendre qu'il ne s'agit que d'une manœuvre électoraliste, il l'inclut d'une façon particulièrement sensée dans son discours.

Je sais aussi qu'il est convenu de confondre gauche avec réformateurs et droite avec conservateurs ou gauche avec souci du bien-être de chacun et droite avec sécheresse de cœur, ou gauche avec écologie et droite avec pollution. Ce manichéisme est certainement génial à vivre, ça évite de se prendre la tête pour comprendre les enjeux mais il est totalement faux. S'il ne s'agissait que d'électeurs dans l'erreur, ce serait embêtant mais il faut bien faire avec, il n'y a que les communistes pour créer les camps de ré-éducation et les intégristes religieux pour penser qu'il ne peut y avoir qu'une vérité.

Là où cette erreur m'embête, c'est que les médias et les politiques s'appuient dessus pour communiquer, ce qui n'arrange rien, confirme les électeurs dans leur erreur et appauvrit le débat. On en a régulièrement l'exemple depuis 20 ans, des deux côtés de l'Assemblée. Tout ceci est d'autant plus stupide qu'on sait très bien que, hors caméra, ces joyeux drilles vont tous dîner joyeusement ensemble, se taper dans le dos comme les meilleurs potes du monde qu'ils sont et être d'accord sur de nombreux points. L'affrontement n'est qu'apparence, de là à penser que les convictions aussi...

J'en reviens au texte signé de Nicolas Sarkozy, ce qui m'a plu, c'est que ce discours justement rompt avec ces conventions stupides. Je sais que Sarko se pose en candidat de la rupture, que c'est son fond de commerce, il n'empêche. Ce texte est indéniablement racoleur mais il n'est pas stupide pour autant.

Je ne vous appelle pas à voter Sarkozy, ne me prêtez pas des intentions que je n'ai pas. Je suis actuellement très attentive aux discours et aux actions de chacun car mon intention de vote n'est pas du tout arrêtée. J'apprécie et soutiens Corinne Lepage mais le souvenir de 2002 m'incite à voter "utile" dès le premier tour et, malgré mon désir de la soutenir, à me résigner à voter pour mon candidat du second tour. Ni DSK, ni Fabius, ni Royal, ni Sarkozy ne me soulève d'enthousiasme et j'aurai sûrement le cœur lourd en mai 2007.

Il y a des débats intéressants chez Yves Calvi ou chez FOG, par exemple, avec des politiques des deux bords qui ne s'insultent pas, se retrouvent sur de nombreux points et expliquent pourquoi la politique française n'est pas si libre qu'on le laisse à penser. Malheureusement, ce sont toujours des seconds, voire troisièmes couteaux qu'on y retrouve, ou des has been comme Allègre ou Juppé. Y voir les candidats m'aiderait à me faire une opinion mais je ne crois pas qu'ils prendraient ce risque...

Delphine Dumont
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