Mon fils m'a demandé de l'aide pour des exercices de français. Me flattant de maîtriser un peu la matière, je m'y suis penchée sans crainte. Avant la fin de l'énoncé, j'étais perdue. Je n'ai même pas compris ce qu'on lui demandait. Les termes employés relevaient du jargon de fanatique et non du manuel scolaire.

Mon grand-père surveillait régulièrement les devoirs de ses enfants. Si l'un de ceux-ci se plaignait de ne pas comprendre un exercice, il disait systématiquement : « Relis ton énoncé ! ». Cette phrase est devenue un leitmotiv dans ma famille.

J'ai donc relu l'énoncé de l'exercice de français. Encore. Et encore. Et encore. J'ai appelé à la rescousse mon ami Google qui m'a obligeamment fourni une liste de forums de soutien scolaire. J'y ai retrouvé d'autres parents en détresse, perdus devant les termes utilisés. Finalement, on a fait au mieux mais sans avoir rien compris.

Au premier trimestre, ma fille de 6 ans a eu un test d'évaluation de la maîtrise du langage. Il y avait une partie intitulée "Structuration du langage". J'ai cru d'abord à un exercice de syntaxe mais que nenni ! Il s'agissait de recoller des syllabes pour former des mots. Les mots n'étant pas découpés suivant un principe "préfixe / radical / suffixe", je ne vois pas en quoi cet exercice peut indiquer un quelconque niveau de possession de la langue. Ce n'est qu'un puzzle basé sur la reconnaissance de mots appris en classe.

Ce ne sont que 2 exemples typiques de ce que j'ai pu relever comme ce qui me semble des aberrations dans l'instruction. Je ne prétends pas être une super experte en pédagogie mais je connais assez le français pour savoir que c'est une langue complexe qui exige que ses bases soient maîtrisées si on veut l'utiliser correctement. De plus, j'ai instruit mon fils pendant 8 ans suite à sa déscolarisation, ce qui m'a amenée à réfléchir aux méthodes d'enseignement à utiliser et aux progressions à suivre dans chaque matière. Je pense que cela me donne une certaine légitimité et même une légitimité certaine pour donner mon avis sur la question1.

Bref, j'ai lu ce matin l'interview de Gilles de Robien dans Le Figaro et je ne peux qu'approuver son constat et ses propositions. Je le rejoins tout à fait sur le fait que la maîtrise du français ou du calcul n'ont pas que l'intérêt de maîtriser une matière, c'est avant tout une formation à la réflexion, à l'analyse et à la conception, et un besoin incontournable pour une communication réussie d'individu à individu.

Le proverbe dit « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement. ». J'ajouterais que si on ne peut énoncer clairement, on ne peut bien concevoir. Last but not least, dans une démocratie, il est indispensable que chacun comprenne les discours, c'est à dire qu'il y relève les sous-entendus, les contradictions, etc... Sinon, tôt ou tard, nous serons les moutons des dir'com...

  • 1 : Argument qui tue : en plus, c'est mon blog donc j'ai bien le droit d'y dire ce que je veux, na ! - remonter au texte

Delphine Dumont
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