Tous des Européens

Le drapeau belge devant le QG de l'UMP
Le drapeau belge devant le QG de l'UMP
Capture d'écran - vidéo TF1

Le drapeau belge qui flottait devant le QG de Nicolas Sarkozy m'a émue, bien plus que d'autres images. Il montre, pour moi, que nous ne sommes définitivement plus un enclos fermé et que les choix des Français intéressent le reste du monde, non pas par curiosité intellectuelle, mais parce que nous sommes un rouage d'un grand engrenage.

Goût amer

Je crois les réformes non pas nécessaires, mais indispensables et urgentes. Je crois Nicolas Sarkozy capable de faire ces réformes, c'est cela qui m'a motivée à le soutenir. J'ai écouté attentivement François Bayrou, je n'ai senti en lui ni la volonté nécessaire pour accomplir cette tâche, ni la capacité de rassembler sans laquelle cela ne pourrait aboutir. Ça n'en fait pas quelqu'un d'insignifiant pour autant, je pense qu'il a un rôle et une place sur la scène politique dès qu'il sortira un peu du flou qu'il aurait dû abandonner depuis longtemps.

J'ai écouté aussi attentivement le P.S. et j'en ai été peinée et même choquée. Ces discours archaïques, ces luttes intestines, ces méthodes indignes, ce serait ça le camp du bien qu'on nous a vendu pendant des mois ? C'est une blague ? Entre une candidate intolérante qui se pose en madone et agit en dictatrice et des éléphants qui se bousculent pour se piétiner mutuellement, il y avait la place pour tous les débordements et il y en a eu, bien plus qu'il n'en fallait !

La diabolisation de Sarkozy pour commencer. N'est-ce pas un chef d'œuvre de ridicule ? C'est une façon respectable de faire de la politique ? Ne rien proposer, ne rien changer mais cracher sur l'adversaire ? Cela a conduit des gens tout à fait respectables et intelligents à se poser comme défenseurs du monde libre et humain.

À l'arrivée, encouragés par ces brillants esprits égarés, des troupeaux de brebis encore plus égarées se sont prises pour des hyènes et ont attaqué tout ce qui ne portait pas un blanc lainage à l'instar de Sainte Ségolène.

Je peux témoigner de la violence et de la haine de ces troupeaux. Pour avoir dit que je ne soutenais pas Royal, j'ai eu droit à des mails d'insultes et de menaces immondes. Renseignements pris, je n'ai pas été la seule blogueuse de droite, loin de là même, à avoir droit à ce traitement de faveur. Certains s'en sont plaints au PS. Réaction du comité de campagne que je tiens de source sûre : « C'est bien, qu'ils restent mobilisés ! »...

C'est ça, les esprits éclairés ? Les grands humanistes ? Pauvres de nous !

Avant que certains prennent la mouche sur un malentendu, je tiens à préciser que je sais pertinemment qu'il ne s'agit que d'une infime minorité qui n'est en aucun cas représentative des électeurs de Royal. Quand je me suis ouverte à certains d'entre eux de ce que je subissais, ils m'ont présenté leurs excuses au nom de toute la gauche, montrant ainsi leur condamnation ferme de tels agissements. Je ne les aime et les respecte que plus encore. J'aurais aimé en entendre autant des dirigeants du PS au lieu d'entendre hier soir encore ces discours indignes.

Si vous ne m'avez pas envoyé de mails haineux, vous n'êtes donc pas visé par ce que j'ai dit plus haut, vous conservez donc tout mon respect. Même si vous avez soutenu et/ou cru en la diabolisation de Sarkozy, cela ne change rien. Peut-être est-ce vous qui avez raison et moi tort, je ne détiens pas la vérité absolue, je l'ai dit à plusieurs reprises. Ce que je sais, c'est que j'ai lu, entendu et analysé beaucoup de discours, de déclarations, d'historiques, d'articles et de billets, que ça n'a fait que me conforter dans mon choix. Dans les arguments qu'on m'a opposé, j'ai entendu beaucoup de stupidités et de contre-vérités, je n'en ferais pas l'inventaire, je ne reproche rien non plus à tous ceux qui ont fait un autre choix que moi (quelque soit le nom sur le bulletin parmi les onze autres restants), je ne participerai pas à la lapidation des électeurs de l'extrême-droite, ni de ceux de l'extrême-gauche.

Je garde de cette campagne, un goût amer. Après 2002 et Le Pen au second tour, j'avais espéré que la gauche serait forte et constructive, je n'ai donc pas lieu de me réjouir.

L'enfer existe déjà

Pour ceux qui persistent dans leur illusion que la France est devenue l'enfer depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, je voudrais juste citer ce commentaire paru chez Embruns :

« Je susi français et je vis au Québec depuis 8 ans.

Les Français de gauche risquent d'être un peu déçus s'ils immigrent au Québec car ce que souhaite Nicolas Sarkozy, ça se pratique déjà pas mal ici. Je rappelle aussi que le Québec a voté à droite aux dernières élections fédérales et provinciales.

L'immigration choisie ? ça se fait déjà ici Le service minimum en cas de grève ? ça se fait déjà ici Le remboursement de la dette ? ça se fait déjà ici depuis le milieu des années 90 Le contrat de travail simplifié ? ça se fait déjà ici car il n'y a pas de contrat et le licenciement peut se faire sur le champ en quelques minutes.

Et on pourrait multiplier les exemples.

S'ils rêvent d'un pays où tout est beau et joli, où on fait des promesses qu'on ne tient pas, il n'en reste pas beaucoup. Depuis 25 ans, il y avait la France et aujourd'hui, des millions d'électeurs comme moi ont décidé que c'était terminé.

Vive la démocratie.

Espoirs

Sur mon blog, c'est presque un comble, la majorité des lecteurs qui commentent ne partagent pas mes idées. Ils l'expriment avec des arguments et une belle capacité d'ouverture et d'écoute. Je souhaite que le renouveau de la gauche se fasse avec des gens comme eux. Pour que la démocratie soit saine, il faut une opposition forte et raisonnée. Ce n'est pas le cas aujourd'hui, je fonde donc beaucoup d'espoirs sur vous, mes lecteurs d'opposition. :)

Delphine Dumont
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Technorati Tags : politique, Nicolas Sarkozy, Parti Socialiste