Et pourtant, comme le rappelait Koz dans son billet "Le mois de tous les risques", Nicolas Sarkozy est sur tous les fronts. Un jour, il flâne à Wolfeboro, le lendemain, il enterre le cardinal Lustiger, le surlendemain, il pique-nique chez les Bush, etc... Pas une info ne lui échappe, il réagit à tout, il en fait beaucoup. Est-ce trop ? Trop pour nos habitudes, oui.

Tandis que, l'été, Jacques Chirac préférait occuper l'actualité en s'aérant les valseuses, Sarkozy montre qu'il ne se met pas en congé de la présidence. Il laisse souffler l'homme mais pas la fonction.

Comme le démontre Koz, c'est indispensable politiquement. À l'arrivée, c'est un peu saoulant. D'autant plus que l'opposition tombe dans le panneau. Le PS n'a qu'un mot à la bouche : Sarkozy. Ils le haïssent de toutes leurs forces, ils l'exècrent, ils crachent dessus, ils le disent et le répètent. J'en viens à douter de leurs motivations. Y croient-ils réellement ? Certains ne sont-ils pas vexés de ne pas avoir été appelés pour participer à l'Ouverture (notez la majuscule) ?

L'ère Sarkozy

Qu'on l'aime ou pas, qu'on le respecte ou non, il faut bien admettre que Sarkozy a bouleversé les traditions de la communication politique. Je parle bien de communication, pas de son action, la juger trois mois après son élection n'a aucun sens. Même pour l'Ouverture, je ne peux pas dire quelle en est la part de communication et quelle en est la part de sincérité...

Sarkozy a secoué le monde plan-plan de la politique. Avant son élection déjà, il a cristallisé les haines et a eu droit aux plus extrêmes accusations. On nous l'a promis pire qu'Hitler et Staline réunis, il serait, Oh mon Dieu !, prêt à faire des alliances puis à les renier, il aurait la même notion de la tendresse conjugale que Bertrand Cantat, c'est tout juste s'il ne faisait pas le nouveau croquemitaine pour les petits enfants désobéissants. Aujourd'hui, ceux qui continuent sur ce registre ont l'air un peu stupide de ceux qui arrivent sur le quai pour voir s'éloigner leur train.

L'ère Sarkozy, c'est donc, avant tout, du bruit, du bruit médiatique. On occupe le terrain, formidablement servi d'ailleurs par une opposition totalement parkinsonnienne. Sarkozy et sa troupe sont partout, dans tous les médias, dans toutes les sphères. Forcément, ça plait. Forcément, ça déplait. Mais ça marche. Tout le monde en parle, analyse le phénomène, même moi maintenant, c'est dire...

L'ère Madame Sarkozy

Cécilia n'est ni Bernadette, ni Tante Yvonne, qu'on se le dise. Elle sait occuper le terrain médiatique aussi bien que son mari. Belle, élégante, elle veut être plus que notre Jackie, elle veut agir, elle aussi. Déjà, à Bercy, elle avait son bureau et elle ne s'y faisait pas les ongles à ce qu'il parait. Forcément, ça plait et ça déplait aussi. Mais ça marche tout pareil.

Qu'on s'en réjouisse ou non, force est de constater que ce couple a modernisé la vie politique française, enkystée jusque là dans un pompidolisme poussiéreux.

Toute la vie politique ? Non, un petit groupe d'irréductibles gaulois... vous connaissez la suite. Si Ségolène Royal a tenté de partir un peu dans cette modernité, le reste de l'opposition semble incapable de comprendre que les temps changent. Arnaud Montebourg est plus ringard qu'un sac de courses Shopi, François Hollande s'accroche à ses acquis, Laurent Fabius est perdu loin de sa calculatrice, etc...

On nous présente régulièrement les "jeunes loups du PS", la "nouvelle garde", les "rénovateurs" mais il y a un Rubicon à franchir et l'eau est froide. Alors, ils restent tous sur la berge à aboyer sans oser.

Je n'en peux plus de cette opposition qui croit qu'être dans l'opposition, c'est s'opposer. J'attends des idées, des propositions, un souffle, une inspiration. Ça sent le moisi au PS...

Au fait...

Ce qui m'a inspiré ce billet ce matin, c'est cet article sur Yahoo Actu : "Cécilia Sarkozy doit rendre des comptes, estime Pierre Moscovici". Les comptes, Cécilia les a rendus. On l'a même bien aidée à le faire, elle n'est pas allée seule en Lybie, nulle doute que tous les comptables nécessaires étaient là.

À qui Moscovici veut-il faire croire que ce type d'opération sera détaillée au grand public ? Depuis quand les Affaires Étrangères rendent-elles des comptes aux Français ?

Moscovici n'a que faire de la transparence, il veut juste, lui aussi, occuper le terrain. C'est intelligent. Ce qui est stupide, c'est de le faire avec un numéro de clown blanc...

Delphine Dumont
www.RedacBox.fr, mon site professionnel

Technorati Tags : Sarkozy, Cécilia, Moscovici