La vocation

Avant tout, je reconnais les mérites des médecins. Les études sont longues et difficiles, parfois c'est aussi marrant qu'un week-end avec Abdallah. La difficulté de ce parcours est une bonne chose car, dans sa vie, un médecin sera confronté à des situations plus que pénibles. Il ne peut pas être juste un "technicien" (même si certains s'acharnent à en donner l'impression).

Une fois le diplôme en poche, rien n'est gagné. Il faut s'installer, gérer une micro-entreprise (un cabinet médical), affronter 400 milliards de visiteurs médicaux (par semaine, pas par jour, n'exagérons rien), s'informer et se former en permanence et, c'était le but à la base, soigner des gens. Bref, on rigole, on rigole, mais le stéthoscope, c'est plus lourd que le Pariscope.

Il me semblait donc que pour endurer les études et la vie de médecin, il fallait avoir une vocation chevillée au corps, un vrai désir de soigner le corps humain, de soulager des détresses. Je vois mal comment on peut tenir le coup sans cette force intérieure.

A pu la vocation ?

À l'occasion des mouvements de grogne des jeunes internes, cela fait plusieurs fois que je lis des articles du type de celui du Monde : "Le parcours-"galère" d'une interne en médecine". Je suis prête à mettre toutes les distances nécessaires pour lire cet article : ce n'est pas un témoignage direct, mais des propos recueillis et échantillonnés par le journal. La jeune interne est probablement épuisée entre sa vie de famille et sa vie d'étudiante. Mettons des bémols tant qu'il vous plaira. Il y a un sac plein, là, servez-vous.

Il n'empêche que je ne vois guère de trace de vocation. Pas de "nous irons où les gens auront besoin de nous" façon humanitaire sans frontières, mais des "on y a droit" assez secs. Cette jeune interne ne trouve pas normal de ne pas pouvoir s'installer dans une ville où il y a déjà plusieurs endocrinologues (apparemment, la spécialité qu'elle a choisi). Je me demande si elle trouve normal que des régions en soient grandement dépourvues ?

Je ne veux pas m'acharner sur elle, d'autres témoignages sur des blogs ou à la radio disent la même chose. Je comprends l'amertume de ne pas pouvoir s'installer près de sa famille, je comprends leur rancœur. Payer pour des fautes qu'on n'a pas commises, c'est odieux. Mais... et la vocation ? Et l'altruisme ? Il n'y en avait plus à Carrouf ?

Un peu sinistres, ces futurs médecins...

Delphine Dumont
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