Un bien pour un mal ?

Par Delphine Dumont, le 28 novembre 2006 | Tous concernés

Chaque jour, la médecine progresse, des vies que l’on n’aurait pu sauver il y 10 ans à peine, sont aujourd’hui préservées. Parfois, le patient récupère totalement, parfois non. La médecine a ses limites et il y a des suites qu’on n’aurait pas pu imaginer et qu’il faut assumer.

Je ne suis pas Dieu (non, non, je vous assure), je ne déciderai donc pas qui doit vivre et qui doit mourir.
Journée des handicapés - 3 décembreFallait-il vraiment récupérer cet homme qui vit, certes, mais dans un coma profond ? Fallait-il se battre pour ce très grand prématuré qui ne verra jamais, ne parlera jamais, n’entendra jamais, ne marchera jamais ? J’ai tendance à dire que oui parce qu’on ne peut jamais être sûr de rien, mais ce n’est pas à moi qu’incombe la charge de m’occuper d’eux. Ma réponse est donc d’autant plus aisée.

Pour toutes ces victimes et leur famille, le calvaire est inquantifiable. Le moins que puisse faire la société, c’est de leur faciliter la vie. Que les assurances (sociale et privées) et les mutuelles épargnent les tracasseries, les chicaneries, les procès. Je sais que leur métier est d’économiser, mais il n’est pas de punir des innocents. De même, il y a des lois sur l’accessibilité matérielle ou numérique, elles ne sont pas respectées.

Le centre commercial que je fréquente le plus est sur 2 niveaux et il n’y a qu’un seul ascenseur. Pour toutes les personnes qui ne peuvent utiliser les escaliers mécaniques, c’est un peu juste, il y a souvent un embouteillage. Le couloir d’accès à l’ascenseur ne se prêtant pas aux files d’attente et desservant également les toilettes, cela devient vite un binns phénoménal suivant la formule : 2 caddies + une poussette + un fauteuil roulant = Paris aux heures de pointe…

La médecine prolonge des vies (des prématurés, des accidentés, des personnes âgées, des maladies dégénératives…) mais la société ne l’a toujours pas intégré. Dimanche, il y aura la Journée Internationale des Handicapés, faites-en un point de départ pour votre nouvelle conception de la vie en société. Ne cherchez plus systématiquement la place la plus proche de l’entrée, si vous pouvez marcher, marchez ! Garez-vous plus loin et faites quelques pas, ça fait du bien en plus ! Soyez attentif aux gens qui vous entourent, les handicaps ne sont pas toujours visibles, ils n’en sont pas moins lourds à porter. Lorsque vous concevez un produit destiné au grand public, rappelez-vous que tout le monde n’a pas forcément les mêmes capacités que vous.

J’ai un ami qui s’occupe d’aménagement et de décoration de boutiques. Il conçoit une esquisse de plan puis, à l’aide de plots de signalisation et de bande de chantier, il matérialise les contours du mobilier. Il met une bête chaise à l’entrée du magasin et il s’assied dessus en regardant autour de lui pour avoir la vision de cette hauteur. Ensuite, il circule autour des éléments en fauteuil roulant. Ça fait des années qu’il procède ainsi et pourtant, à chaque fois, il est obligé de modifier la disposition de façon importante. Un valide a beaucoup de mal à imaginer concrètement les difficultés rencontrées. Comme dit Cantona dans la pub Neuf : « Penses-y… » :)

Delphine Dumont
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