Chick Lit’, art ou marketing ?

Par Delphine Dumont, le 15 février 2013 | Lectures

Avant même le billet de Sophie Gourion, La "chick lit" est-elle à jeter à la poubelle?, j'avais envie de vous parler de ces livres. J'entends tout et n'importe quoi sur le sujet, ce qui n'est pas étonnant, vous allez vite comprendre pourquoi.

Une dénomination fourre-tout

Comme le montre très bien les exemples de Sophie, sous le terme de "chick lit'", on rassemble ce qui s'adresse aux femmes1, ce qui est écrit par des femmes (ou des hommes qui signent d'un pseudo féminin), des ouvrages de commande destinés à arrondir les fins de mois d'une maison d'édition et tout ce qui peut être ré-édité avec une couverture rose et des symboles de glamour. En gros, n'importe quoi.

Du très bon et du très mauvais

Puisqu'on met n'importe quoi dans cette catégorie, on y trouve de très bons livres. On peut citer les livres de Meg Cabot, par exemple. Ce sont des comédies légères, mais bien écrites et qui se lisent avec plaisir. C'est excellent pour les jours de rhume ou de fatigue, un farniente au jardin ou à la plage, etc.

Comme le dit aussi Sophie, on y trouve aussi des ré-éditions d'œuvres plus sérieuses écrites par des femmes. Ecrites par des femmes ? Oh bah, c'est de la chick lit', se sont dit les petits génies du marketing !

Il y a aussi des œuvres de commande. À l'instar d'Harlequin, certains livres sont écrits selon des canevas très stricts. C'est un modèle qui a connu son succès dans la littérature enfantine et adolescente (voir la série des Alice, par exemple) et qu'on voit, malheureusement, se répandre dans tous les styles d'édition. Ces séries sont de qualité très inégales, je ne vous en recommanderai donc aucune.


Suggestions aux éditeurs de chick lit'
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Ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain

Comme je le disais dans Les bons côtés des mauvais livres, même un mauvais livre peut donner le goût de la lecture à quelqu'un. Si la chick lit' la plus médiocre peut rassurer des jeunes filles ou femmes dans leur découverte de la littérature, alors il faut la conserver.

Plus de conseil, moins d'oseille

Ce que révèle avant tout la chick lit', c'est que le rôle de conseiller du libraire allant diminuant, les éditeurs misent tout sur la couverture et plus grand chose sur la qualité. Il n'y a plus guère d'émissions littéraires, seulement des émissions où la soupe est servie généreusement aux têtes d'affiches de l'édition. Pourtant, il existe toujours de très nombreux passionnés de littérature.

Si on veut que les nouvelles lectrices ne soient plus les victimes d'un marché de l'édition perverti, il faut aller vers elles sans se reposer sur le responsable du CDI du collège ou le vendeur de la FNAC2.

Il existe déjà beaucoup de sites et de forums très ouverts qui accueillent chaleureusement tous les lecteurs quel que soit leur style ou auteur préféré. Idéalement, il faudrait concrétiser cela par des rencontres dans les bibliothèques et librairies, faire des foires aux livres (pas des salons !) où les livres et les conseils pourraient s'échanger librement, etc.

Qu'en dites-vous, lecteurs bien aimés ?

[Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]
Illustration : composition personnelle réalisée avec des élements libres de droits trouvés ici et là.

  • : Pas taper ! Ce qui s'adresse aux femmes selon les Experts en marketing, pas en vrai. - remonter au texte
  • 2 : Je n'ai rien contre cette enseigne, c'est un exemple de librairie sans âme, rien de plus. - remonter au texte

[Edit du 17/02/13] Suite à quelques conversations avec des amis, je m'aperçois que tout ce que j'ai écrit sur cette catégorie de littérature pourrait s'appliquer à n'importe quelle autre catégorie artistique. Ainsi, la musique baroque, l'art moderne ou la photographie comportent un très grand nombre de bouses, beaucoup d'œuvres plaisantes et de bonne facture, et quelques rares chefs d'œuvre. Toutes les catégories sont aussi soumises à des intervenants commerciaux plus ou moins bien inspirés. Bref, comme dans beaucoup de domaines, la chick lit' n'est pas une mauvaise chose en soi, seule sa consommation excessive et/ou exclusive est néfaste.

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6 commentaires pour “Chick Lit’, art ou marketing ?”

  1. -|- Rikko dit :

    J'adore commenter... Mais là....

    J'ai pô lu
    Je vois pô l'intérêt...
    ça me donne pô envie de me pencher sur le sujet....

    Donc ... je passe !



  2. -|- Delphine Dumont dit :

    Rien à dire, mais quand même cinq lignes pour le dire... ^^



  3. -|- Carole Nipette dit :

    Quand j'avais 10 ans environ j'ai lu tous les Alice, vers 13 ans j'ai lu du Harlequin mais depuis je crois bien que depuis je ne suis plus fan du genre (en même temps j'aurais pas mis Alice dans le lot :) )
    Je n'ai lu aucun des romans estampillés "chick lit" je préfère voir le même genre au ciné en fait :)



  4. -|- rikkolepirate dit :

    Ouais mais que 5 lignes, sur BFMTV ils tiennent toute la journée sur le thème : on ne sait pas, mais on va quand même vous le dire et en parler parce qu'on a un gus sur place....



  5. -|- Delphine Dumont dit :

    Nipette : La série Alice n'appartient pas à la catégorie chick lit', je ne l'ai citée que pour son mode de création. J'aimais bien les Alice aussi. :)

    Rikko : Tu veux dire que j'aurais dû inviter BFM ?



  6. -|- Rikko dit :

    Pas forcément ils vont manger tous les cookies !



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