Avortement, quel est vraiment le choix ?

Par Delphine Dumont, le 29 janvier 2014 | Tous concernés |

Dans mon monde idéal, il n'y aurait pas d'avortement. Pas parce que ce serait interdit mais parce que ce serait inutile. Chaque grossesse serait la bienvenue, qu'elle soit désirée ou inattendue.

On est loin de mon monde idéal, la réalité nous frappe chaque fois qu'on essaie de l'oublier.

Il n'appartient à personne de juger les motifs d'un avortement. Pour cela, il faudrait connaître l'histoire des personnes concernées, celles de leurs familles, etc. Car, il faut le rappeler, une grossesse n'est jamais un événement anodin. Chacune d'elle renvoie à des drames et des bonheurs sans qu'on en soit toujours concient.

Aujourd'hui, l'avortement n'est pas toujours un choix ou, du moins, un choix libre, c'est grave.

Chaque candidate à l'avortement est reçue par une conseillère conjugale et familiale ou une assistante sociale. J'ai, malheureusement, une grande expérience des travailleurs sociaux et je peux affirmer qu'ils sont loin d'être tous compétents. Il y en a, heureusement !, de vraiment formidables, travailleurs, conscienceux, à l'écoute, etc. Et puis il y a les autres. Et ils ne sont pas rares…

Faire reposer une décision aussi importante qu'un avortement sur des conseils d'une qualité aussi aléatoire, c'est inquiétant. Je sais que certaines femmes n'ont pas reçu toutes les informations. Je sais aussi que certaines aides ont beau exister, leur attribution reste théorique. Ainsi si, aujourd'hui, ma possibilité de poursuivre une grossesse reposait sur les aides sociales, je sais que je ne ferais pas ce choix.

Foule (photo mzacha - Stock Xchng

D'autre part, comme Koztoujours, je déplore que des pères contraignent à l'avortement ou fuient leurs responsabilités. La décision d'avorter n'est à nouveau pas librement choisie.

Enfin, certains médecins décident pour les femmes de la méthode d'avortement, comme le professeur Nisand à Strasbourg. Contrairement à ce que croient beaucoup de gens, l'avortement médicamenteux n'est pas confortable du tout. Il y a des contractions, des pertes de sang très importantes, des douleurs considérables, une immense fatigue, de la peur, etc. Ce n'est pas seulement deux petits cachets à avaler et pof ! magie des licornes, on n'est plus enceinte !

Si on veut diminuer le nombre d'avortements, il ne faut en aucun cas l'interdire mais agir sur les causes. C'est à dire qu'il faut que l'éducation sexuelle soit digne ce nom, qu'une vraie information soit dispensée avec la prescription de la contraception et que les femmes soient respectées en tant qu'individus adultes doués de raison et non comme des pions à bouger dans un échiquier.

Pour atteindre ces buts, il ne faut pas s'en remettre à l'État une fois de plus, c'est à chacun d'entre nous d'agir. Responsabilisons nos fils, instruisons nos enfants, cessons de voir les médecins comme des distributeurs de médicaments, cessons de croire aux chimères, aux yakas et à la faute des autres.

[Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]

Photo : Crowded street par mzacha sur Stock Xchng

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