L’histoire de mon chevalier (4)

Par Delphine Dumont, le 24 janvier 2014 | Famille |

[Disclaimer] Je vous ai raconté l'enfance de mon fils dans ces trois billets : L'histoire de mon chevalier (1), L'histoire de mon chevalier (2) et L'histoire de mon chevalier (3).

Hier soir, j'ai eu une discussion sur Twitter à propos de la déscolarisation de mon fils et quelqu'un ignorant tout de son histoire m'a dit que j'avais commis un crime. Voui. Cela m'a décidée à écrire cette histoire, projet que j'avais en tête depuis un moment, et d'autre part, cela a scandalisé mon fils qui a voulu écrire son point de vue. C'est son texte que je vous livre ci-dessous. À lire au second degré sinon ça pas marche.

Réponse à un idéaliste

Eh, toi qui parle sans maîtriser ton sujet et sans impartialité, laisse-moi te dire ce que je pense du "massacre" perpétré par ma mère. Quand j'avais 5 ans, je lui ai demandé quelle est la différence entre la gravité et la pesanteur ? Comment aurait réagi un maître d'école à ton avis ? Il m'aurait surement banané en me disant "tu le saura quand tu sera grand" ou quelque chose dans le genre.

Autre exemple, quand j'avais 7 ans et que j'étais en CE1, je me fichais éperdument du cours dispensé par une maitresse qui était visiblement mal à l'aise avec moi. C'est à ce moment précis que j'ai quitté l'école et heureusement parce qu'à mon avis, je ne sais pas pour toi, mais moi, j'aurais très vite déprimé si il avait fallu que je fasse toute l'année ainsi.

Mais cette durant cette torture de huit ans, mon bourreau de maman a fait ce qu'aucune école que j'ai fréquenté n'a fait, elle à apporté une réponse adéquate à mes besoins, elle a fait suffisamment attention à moi pour que je devienne quelqu'un de bien.

Pour que mon supplice soit complet, elle m'a coupé du monde en m'inscrivant au centre aeré local et en m'y emmenant. Aujourd'hui, il m'arrive de retomber sur d'anciens compagnons de pénitence avec des séquelles irréversibles.

Malgré la douleur du passé, il m'arrive de lancer "tu te souviens de moi ? Et tu te souviens quand on est allé dans les bois pour faire la cabane ?". À ces mots je me remémore les cris insupportables des prisonniers de guerre que nous étions à cette époque "hey, par ici, il y a de belles branches !!"

quelques années plus tard, je me retrouve au milieu d'un désert où les voyageurs se font rares. Ainsi commence une autre barbarie, perpétrée par mon père ce coup-ci.

Seul repis, la caravane d'acier blanche qui passe 6 jours sur 7. Durant cet enfer infini, avec les annnées collège-lycée, je suis devenu si infréquentable que je me suis fait une cinquantaine d'ami(e)s en 4-5 ans.

Il y a 18 mois environs, j'ai fréquenté un autre centre de détention en ville. Au sein de ce dernier, j'ai pu y faire la connaissance de détenus, condamnés pour désertion de l'école, espagnols, lettons, russes et d'ailleurs. Nous avons subi des sévices insoutenables et nous avons très vite sympatisé et nous nous sommes évadé plusieurs fois, assoiffés de liberté et d'aventure.

Et tu vois, maintenant, à cause de ces mauvais traitements, je suis un jeune homme brillant, sociable, très généreux et je ne crois pas que l'école maurait transformé de la sorte.

Note de la rédaction

Je reprends la main pour dire que je n'ai fait que copier-coller son texte, je n'y ai pas fait la moindre modification. Je m'interdis d'y toucher, tant pis pour les fautes !

[Post-scriptum] C'est peut-être même du troisième degré en fait.

[Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]

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6 commentaires pour “L’histoire de mon chevalier (4)”

  1. -|- Stéphane dit :

    BRAVO !!
    Et merci !



  2. -|- Delphine Dumont dit :

    Merci !
    Et :
    Merci !
    Et toc ! ;D



  3. -|- Playmogeek dit :

    Je comprends mieux le pourquoi du comment, de quoi et de qui :D

    Toujours navré de voir des histoires similaires un peu à la mienne: j'ai aussi eu droit au CAMPS et à l'orientation vers le milieu spécialisés "car ils existent pour les enfants comme votre fils" même si l'institutrice était prête à m'accueillir , le directeur de l'école du village non...

    Félicitations à vous 2 de n'avoir rien lâché; à ton fils pour ses efforts et progrès, et surtout à sa maman car par expérience je sais que c'est le soutien principal et essentiel! Bonne chance pour la suite!



  4. -|- Delphine Dumont dit :

    Merci, c'est adorable ! Et merci aussi de penser à mon fils, car c'est bien lui qui a fait le plus dur, qui a eu le plus besoin de courage. ;)



  5. -|- Cat dit :

    Bravo, quel courage ! Le mieux aurait été de ne pas en avoir autant besoin et d'avoir le soutien des corps médical et enseignant... Mais ce sont des témoignages comme le votre qui font avancer les choses.
    Vous pouvez tous les 2 être fiers de vous :)



  6. -|- Delphine Dumont dit :

    Merci ! C'est vrai, le plus dur était d'avoir à lutter contre ceux censés nous aider. Et, c'est peut-être un peu présomptueux de notre part, nous sommes très fiers de nous, c'est vrai aussi. :)



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