Dans cet article du Figaro de ce matin : Les faucheurs volontaires bravent la justice, Philippe Motta donne la parole au propriétaire du champ qui se désole de ce sacage et on le comprend.

Ce qui ressort clairement, c'est que rien n'est clair, il est quasiment impossible, même pour l'État, de savoir ce qui est cultivé en France, dans quelles quantités, à quel endroit, etc... Pourtant, depuis 2001, il existe une directive européenne qui impose une transparence totale. Comme pour la DADVsI, la France a traîné au point de se faire rappeler à l'ordre sévèrement à plusieurs reprises. Un projet de loi vient d'être présenté au Sénat mais comme le rappelle Novethic, il n'impose pas la transparence comme dans la directive de l'UE.

Bref, encore une fois, on organise une situation confuse dans laquelle les petits (contribuables, consommateurs, agriculteurs,…) sont perdants. Inutile de me sortir le vieux couplet sur la droite pourrie et les lendemains qui chanteront avec le PS. Il suffit de s'intéresser un peu à l'histoire de France récente pour savoir que ce comportement dépasse les clivages et qu'il s'agit bien plus d'un abus des lobbies qui profite de l'indifférence citoyenne. Il ne faut pas être dupe non plus de mouvements comme ceux de José Bové. Oui, ils font du bruit, des actions "coups de poing", mais démolir des McDo ou des champs, est-ce un programme ?

C'est parce que nous sommes trop indifférents à toutes ces questions que les politiques peuvent ainsi concentrer leurs attentions aux lobbies. Et si nous faisions preuve de vigilance, lisons les étiquettes, boycottons les produits dont nous n'approuvons pas le contenu, voire dont nous ne comprenons pas les inscriptions ? Nous avons un pouvoir, nous sommes ce qu'ils craignent le plus "Les Électeurs", utilisons cette force si nous souhaitons réellement que les choses changent. Ou alors arrêtons de faire semblant que le sort des agriculteurs nous intéressent, de simuler un intérêt pour l'écologie, de feindre la colère face aux dictats des maisons de production, etc…

Oui, je suis un peu en colère. Je dois dire que la manie de beaucoup de mes contemporains de rejeter l'intégralité des fautes sur X, Y ou le gouvernement, m'agace énormément. Nous ne pouvons pas agir sur tout, mais il y a des choses que l'on peut modifier, des opinions sur lesquelles on peut influer, des refus de l'odieux qu'on peut manifester. Oui, je suis toujours sous le souvenir de Karel. :)

Delphine Dumont
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