J'adorerais en déduire des conclusions hâtives sur les compétences de Ségolène Royal et de son équipe mais ce serait un peu gros. Mon expert politique préféré ne laisserait pas passer ça et il aurait bien raison. N'empêche que ça aurait été rigolo... :)

Par contre, ce qui me laisse songeuse, c'est ce que j'ai lu à la fin de l'article . Pour ceux qui ne liront pas l'article, j'explique ce qui s'est passé : quelqu'un (un stagiaire ? une taupe infiltrée pour saboter la campagne ? Ségolène Royale herself ?) a balancé hier à tous les journalistes un mail avec le discours qui doit être prononcé aujourd'hui. À la fin, pour rehausser la stature d'une candidate bien falote, les rédacteurs ont sorti l'attaque Memoriam (force 58 - magie 62 - skill 37) : l'évocation des chers disparus socialistes qui sont censés la guider spirituellement. Dans le chapelet d'éternels regrets, on bute avec surprise sur le nom de Lionel Jospin... On nous cache un truc ou c'est une seconde boulette ?

Je plaisante, tout ceci m'amuse beaucoup, c'est un lapsus sacrément révélateur qui fera plaisir au coton-tige de l'île de Ré. Ce qui m'amuse beaucoup moins, c'est que Ségolène Royal sorte le nom de François Mitterrand à tout bout de champ, se réclamant de sa filiation. Avec tout le sang qu'il a sur les mains et les infâmies dont il s'est rendu coupable, je suis réellement écœurée. On reproche à Chirac ses torts1, soit, je ne le défendrais pas et j'aimerais qu'il réponde de ses fautes, mais qu'on dise aussi qui était vraiment Mitterrand, ce n'était pas un grand homme, c'était, pour reprendre le mot du Général, "une arsouille"2 (Lire ce que De Gaulle disait de Mitterrand dans L'Express).

Entre l'affaire Frêche et la fausse légende Mitterrand, le renouveau au P.S. n'apparait pas clairement. On nage dans la boue et la poussière, le mensonge et les compromissions. Ici aussi, le ménage gagnerait à être fait. On dit que les Français se désintéressent de la politique, je dirais que c'est faux (les débats en 2005 l'ont prouvé) mais qu'ils sont écœurés de la classe politique. Ce n'est pas mon cas, je ne pense, ni ne prêche le "Tous pourris", mais le comportement de beaucoup gagnerait à se purifier. Que Ségolène Royal se réclame de Mitterrand est pour moi, une raison supplémentaire de ne pas voter pour elle.

Pour une fois qu'elle dit quelque chose, il faut que ce soit un contre-argument, pas de pot...

Je lis à l'instant, toujours dans Le Figaro, que les élues UMP s'indignent des déclarations de Ségolène Royal à propos de la lutte contre les violences conjugales, rappelant son absence criante lors des débats à l'Assemblée Nationale en avril 2006. Je ne commente pas, je suis trop en colère pour cela. Lire l'article : « Les violences conjugales s'invitent dans la campagne présidentielle ».

Delphine Dumont
RedacBox.com, mon site professionnel

  • 1 : Dès que Mitterrand est attaqué, la réponse est généralement : « Et Chirac ? Tu trouves que c'est bien les HLM de Paris (ou toute autre affaire) ? » Alors, 1) je considère les fautes de Chirac moins lourdes que celles de Mitterrand, mais ce n'est pas un avis définitif, on peut toujours apprendre ; 2) les fautes de l'un n'effacent pas les fautes de l'autre. - remonter au texte
  • 2 : Pour ceux qui ont des lacunes de vocabulaire, mon petit Larousse dit qu'il s'agit d'un synonyme de "voyou". - remonter au texte

Technorati Tags : boulette, Parti Socialiste, Ségolène Royal