Aujourd'hui, ami lecteur, je suis un peu triste de t'annoncer que l'Ifpi, équivalent du Snep au niveau international, te prend pour une bille. Oh ! Ne crois pas que tu bénéficies d'un traitement de faveur ! Il me prend aussi pour une bille. Et mon voisin aussi. Et le tien. Enfin, tu vois l'idée, ami bille lecteur...

Pirate Pride (Fierté Pirate)

Fière d'être une pirate

Oui, je suis fière d'être une pirate. Le Snep et l'Ifpi voudraient que j'ai honte, ils veulent un coup de rapière ou quoi ? Pirate, c'est bien. C'est industriel du disque qui est mal. Faut pas confondre...

Passé ce manichéisme aussi stupide que celui qu'ils nous balancent, j'en viens au fait ou plutôt à l'article qui a déclenché mon ire  : "L'industrie du disque dit leurs dix vérités aux pirates" sur 01net.

L'Ifpi joue la vierge outragée mais courageuse qui affronte ses agresseurs. Si ce n'était un sujet aussi grave, ce serait à hurler de rire. Ma première réaction a été de dire "Quelle bande de pauvres types !". Mais je sens qu'il faut que je développe un peu... :)

Décortiquons les 10 points, on verra mieux la vraie vérité réelle...

1. Pirate Bay, l'un des porte-étendards du mouvement anti-droits d'auteur, génère des milliers d'euros en publicité sur son site, tout en maintenant sa rhétorique anti-establishment sur la musique libre.

Et ?... Tant mieux pour eux s'ils font des sous ! À ma connaissance, ils ne s'opposent pas aux modèles commerciaux mais aux abus des maisons de disque. N'oublions pas qu'ils ont des frais et que je préfère qu'ils les financent avec de la pub qu'avec du trafic de drogue, la distribution des disques de Diam's ou autre méthode délictuelle ! Donc, j'ai beau cherché, je ne vois pas où est le problème...

Plouf ! Un coup dans l'eau !

2. Allofmp3.com, le très populaire site russe [qui vend des fichiers MP3 sans DRM et à prix cassés, NDLR de 01], n'a reçu de licence d'aucun membre de l'Ifpi, a été désavoué par les ayants droit à travers le monde et fait l'objet d'une plainte en Russie.

Attends... C'est énorme ! T'es en train de me dire que la boîte russe qui veut faire péter le monopole des maisons de disques n'a pas eu leur accord ??? Tu rigoles ??? 0_o
Non ?
Moi si ! :'D

Plouf ! Encore à l'eau !

3. Le crime organisé et même des groupes terroristes utilisent la vente de CD piratés pour récolter des fonds et blanchir de l'argent.

Ouaiiiis ! Je saiiis ! Même que c'est pour ça qu'il faut télécharger illégalement, pour que les minorités puissent se faire entendre, même si c'est avec du terrorisme, ouaiiiis !...
Bon, sinon, je croyais qu'on parlait sérieusement, là ? On peut dire des conneries, alors ? OK, c'est bien comme ça que je l'avais compris, d'où ma tirade sur le terrorisme... :)

Très honnêtement, vous pensez sérieusement que quand Jean-Kévin télécharge, via le P2P, un morceau de Christophe Willem (oui, Jean-Kévin a des goûts de chiotte, mais ce n'est pas le sujet) sur un ordinateur qu'il a payé et pour lequel il a aussi payé des taxes, via une connexion Internet qu'il paye et pour laquelle il paye aussi des taxes, pour ensuite les télécharger sur son iPod qu'il a payé et pour lequel il a non seulement payé la TVA, mais aussi une taxe comme sur tous les supports numériques, ou pour le graver sur un CD qu'il a payé et pour lequel il a payé les mêmes taxes que pour son iPod, vous croyez vraiment que ça enrichit les réseaux terroristes ??? Moi, vu d'ici, j'avais plutôt l'impression que ça enrichissait les maisons de disques et l'Etat. Et, si je ne peux pas me prononcer formellement pour les premières, en revanche, il me semble bien que le second n'est pas un groupe terroriste...

Plouf again ! :D

4. Les personnes qui téléchargent illégalement n'en ont rien à faire que la musique piratée émane de majors ou de labels indépendants.

Ça, c'est vrai ! Et j'ajouterais d'ailleurs que les grosses maisons de disques n'en ont rien à faire de tuer les labels indépendants en imposant des lois qui ne les sert pas. Donc, quand elles viennent jouer les défenseurs de la veuve et de l'orphelin, je dis qu'elles sont plutôt mal placées pour cela. Non mais ! Le coup de la paille et de la poutre, ça me fait toujours marrer... :'D

Et... Plouf encore ! :D

5. Moins de chiffre d'affaires pour les labels musicaux veut dire moins d'argent disponible pour miser sur des groupes underground et pousse au contraire à investir sur des valeurs sûres.

Des groupes underground... Mmmhhh... Autant que je me rappelle, les maisons de disques n'ont pas attendu le piratage pour les laisser tomber et miser sur les valeurs sûres. Au fait, Kamini, Artic Monkey ou encore Clap Your Hand, qui rapportent moulte brouzouffes à ces mêmes maisons de disques, ils ont été découverts grâce à Internet. Donc, bon, hein, pouet-pouet carambar !

Plouf !

6. Les FAI utilisent souvent la musique comme argument publicitaire, tout en facilitant l'échange illégal de musique à grande échelle.

Donc, les FAI vivraient du téléchargement illégal ? Mon Dieu, mon Dieu !... Mais alors, dites-moi, que faut-il penser des maisons de disques qui perçoivent les taxes sur les supports numériques et de celles qui produisent également des graveurs de CD, des CD, des baladeurs et se payent donc doublement sur la bête ? Pardon ? Des enfoirés ? Comme vous y allez !... :)

Plouf, oui, oui ! :)

7. Le mouvement anti-droits d'auteur ne crée pas d'emplois, de chiffre d'affaires ni de croissance économique - ce sont principalement des personnes pontifiant sur le monde commercial dont ils ne connaissent pas grand-chose.

Ouaiiiis, le monde est peuplé de cons pontifiants. Il y en a même dans les maisons de disques, t'as qu'à voir !...
Sérieusement, c'est un argument, ça ? Non. Pas la peine d'y répondre donc...

Plouf !

8. Le piratage n'est pas lié à un manque de moyens financiers. Le professeur Zhang de l'université Nanjing a montré que les Chinois qui achètent des produits piratés appartiennent à la classe moyenne ou supérieure.

Ah bon ? Tiens ! Puisqu'on parle d'études, si on parlait de celles qui montrent que plus les gens téléchargent illégalement, plus ils achètent de CD ? Quoi ? Ben non, ce n'est pas hors-sujet, on est même pile dedans.

Au fait, on peut me dire ce qu'il y a de loufoque à vouloir savoir ce qu'on achète ? Quand on achète un livre, on a le droit de le feuilleter aussi longtemps qu'on veut (dans la limite des heures d'ouverture de la librairie, certes). On peut en lire des extraits aussi longs qu'on le souhaite. Les maisons de disques ont voulu limiter l'écoute gratuite chez les grands distributeurs, résultat, il faut se contenter de quelques secondes par morceau pour savoir si on va mettre 20 € dans un disque qui risque de ne pas être lu par l'autoradio, le PC ou la mini-chaîne et qu'on ne pourra pas copier sur son baladeur MP3. Non, vraiment, j'ai beau cherché, je ne vois pas ce qu'il y a de loufoque... '_'

Plouf, yes, Sir !

9. La plupart des gens savent que c'est mal d'échanger des morceaux protégés par le droit d'auteur mais ils continueront tant qu'ils ne seront pas contraints légalement à arrêter, comme l'a démontré une récente étude par le groupe australien contre le piratage, le Mipi.

Les maisons de disques savent-elles que c'est mal de confisquer la culture ? Savent-elles que c'est mal de toucher des droits sur des biens qui ne leur appartiennent pas ? Je parle, par exemple, de la taxe sur les supports numériques qui serviront à graver mes propres travaux. Je leur donne de l'argent pour un travail que j'ai totalement créé et ça ne les dérange pas ?

Autre point, quand le CD est sorti, le prix de vente des albums aurait du chûter, le coût de production (par rapport aux disques vinyl ou aux K7) étant bien plus bas. Et bien non, il a grimpé en flèche ! Pour une cassette à 60 FF en moyenne, on payait 120 ou 130 FF le CD ! Plus du double ! C'est bien, ça ? Pour faire la morale, il faut être irréprochable, messieurs !

Plouf, bien sûr !

10. Les réseaux peer to peer ne permettent pas de découvrir des nouveaux talents. Ce sont principalement les derniers tubes qui sont échangés.

Personnellement, c'est beaucoup d'underground, de musique étrangère, de remix et de vieux titres que je télécharge. Des choses introuvables, la plupart du temps, de manière légale. Quand un ami me dit "Écoute ça, ça devrait te plaire", que fait-il de différent que lorsqu'il me faisait une copie sur K7, il y a 15 ans ? Il y a des dizaines de groupes que j'écoute souvent et dont je n'aurais jamais acheté les disques pour la raison simple que je n'avais jamais entendu parler d'eux.

Internet ne permet pas seulement de pirater (oui, c'est mal, on sait, mais tais-toi, laisse-moi finir), Internet permet surtout aux gens de partager leurs découvertes. On s'envoie les liens qui nous plaisent, on partage sur YouTube, DailyMotion, MySpace, son blog et tout ce qu'on appelle le social-network (réseau social en frenchy).

Plouf, plouf, plouf et re-plouf !

Conclusion

L'Ifpi et le Snep, comme la Riaa aux USA, tentent de nous vendre des vessies pour des lanternes et de se présenter comme étant les bons. En réalité, ils ont tenu fermement, bien serré, un marché pendant des années. Ils l'ont contrôlé sévèrement. Il était captif, ce public, trop facile ! Internet a ouvert la porte de la cage et ça les rend dingues, les maisons de disques.

Les internautes sont comme des gouttes d'eau d'un jet puissant, tenter de les retenir est vain. Les maisons de disques veulent reboucher le tuyau mais le jet est trop puissant, c'est perdu d'avance. Leur avenir est dans le terrain sur lequel retomberont ces gouttes. A eux d'y semer ce que l'eau fera pousser.

C'est beau ce que je dis, non ? Oui. :)

Delphine Dumont
www.RedacBox.fr, mon site professionnel

L'illustration est extraite du jeu "Puzzle Pirates", il y a sûrement des droits dessus. En plus, là, c'est mon perso, alors personne y touche, OK ? ;)

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