Michel Dubec a expertisé le tueur en série Guy Georges. Cela a visiblement réveillé chez lui quelque chose de terriblement malsain : le fantasme de viol avec violence. Ce monsieur n'a pas envie de mettre un peu de GHB dans le verre d'une patiente, non, il rêve que la femme crie, se débatte... Il rêve... À lire l'excitation qu'il exprime lorsqu'il parle du viol, on se demande quand aura lieu le passage à l'acte et non s'il aura lieu.

Je vous laisse lire l'article de Brigitte Brami sur Sisyphe.org :

Un livre d’un psychanalyste qui justifie le viol

Une pétition a été créée, Chaminou donne l'adresse dans son billet "Pétition contre le psy qui justifie le viol". Je ne suis pas très fan d'envoyer mon adresse mail comme ça dans la nature. J'ai préféré écrire au Ministère de la Justice via la page Contact de son site. Si vous préférez écrire sur du joli papier avec votre joli stylo, c'est aussi possible :

Ministère de la Justice
13, place Vendôme
75042 PARIS CEDEX 01

Comme beaucoup de femmes, j'ai été agressée plusieurs fois. Cela n'a jamais été aussi grave qu'un viol mais je crois que c'est plus dû à la chance et, peut-être, à mes bons réflexes qu'à un systématique manque de volonté de l'agresseur. Il m'est arrivé une fois ou deux de monter dans un bus peuplé exclusivement d'hommes et de me sentir une proie. Il y a quelques années, un jour au bureau, dans un service exclusivement féminin, nous avons discuté des agressions sexuelles diverses que nous avions subies. Nous étions sept, âgées de 20 à 41 ans. Nous comptions chacune des exhibitionnistes, des frotteurs, des palpeurs, des inquisiteurs (ceux qui mettent leur majeur en avant pour vous toucher au bassin) et des agresseurs étranges dont nous ignorons les motivations finales car nous avions pu leur échapper. Chacune !

Au début, on en rigolait un peu. On disait "Attends, j'en ai eu un gratiné aussi". Bref, le style souvenirs de guerre. Et puis, soudain, le silence s'est fait, le malaise était palpable. Il y a finalement eu quelques toussotements et puis, ç'a été la fin de la pause, on s'est remises au boulot et on n'en a plus jamais parlé. Un an ou deux plus tard, j'ai reparlé de ce moment à un petit dîner entre copines. À nouveau, les langues se sont déliées et les souvenirs se sont déversés, mais cela n'a guère duré car notre hôtesse a interrompu la discussion d'un "Oui, bon, on a tous connu des malades, on ne va pas les laisser nous pourrir cette soirée aussi.". Elle avait raison, on était là pour s'amuser et se détendre, pas pour une psychothérapie de groupe. Mais je ne peux m'empêcher de me demander depuis quelle est l'ampleur réelle de ces agressions et pourquoi devons-nous les subir ? Et les taire aussi.

Ceci était pour vous expliquer pourquoi je juge les propos de Michel Dubec, si graves. Qu'on ne vienne pas me dire qu'il n'y a pas de quoi fouetter un chat. Laissez ce pauvre chat tranquille et signez la pétition ou écrivez au Ministère de la Justice. Pour vous, pour vos femmes, vos sœurs, vos filles, vos mères. Pour toutes celles qui ont subi des agressions.

On en parle là aussi :

  • Pétition contre le psy qui justifie le viol par Chaminou (et repris sur Eldiz) ;
  • Plus sérieusement par jevoudraisvivrelibreetegale ;
  • Solidarité Ouvrière, Bellaciao et Imposteurs reprennent l'article de Brigitte Brami.

Delphine Dumont
www.RedacBox.fr, mon site professionnel

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