Malgré la nomination d'Eric Besson au poste de secrétaire d'État à la prospective et à l'évaluation des politiques publiques et du développement de l'économie numérique, je regrette qu'il n'y ait pas un vrai Monsieur Internet au gouvernement. Le numérique et les NTIC ne se résument pas à leur aspect économique, il y a une dimension sociale, culturelle et entrepreneuriale majeure dont il faut prendre la mesure. Je rappelle d'ailleurs, qu'en tant que Présidente auto-proclamée du WWW, je me tiens à la disposition des autorités nationales et internationales pour leur fournir tous les renseignements dont ils ont si manifestement besoin.

Bouton diabolique pour le Net (photo : miamiamia - Stock Xchng)

Cela dit, lentement, très lentement, mais sûrement, on commence à sortir du discours stupide que j'évoquais en introduction. Nous ne sommes plus coincés dans le manichéisme qui met d'un côté, l'enthousiasme de Jean-Marc Sylvestre devant les start-up qui ont réussi et de l'autre, les journalistes qui nous rejouent "la France a peur" version 2000 en évoquant le pire du Net. Le discours actuel tend à se modérer, se nuancer, certainement parce que les journalistes commencent à savoir cliquer...

Du coup, on peut commencer à parler sérieusement des dangers sur le Net, car ils existent bel et bien. Internet est un espace public, il n'est pas utile d'avoir un certificat de bonne santé mentale pour y accéder et y publier, tant mieux et tant pis ! On peut y trouver toutes sortes d'incitations, aux pratiques les plus loufoques comme aux pratiques les plus dangereuses pour soi ou pour autrui.

Récemment, le gouvernement a légiféré contre l'incitation à l'anorexie (seule de l'opposition, Michèle Delaunay a soutenu ce projet de loi). Koz en a très bien parlé, je vous renvoie à son billet s'il vous manque des infos : "Ana".

Ce matin, j'apprends sur ZDNet que "L’appel au terrorisme via internet passible de poursuites en Europe" devrait bientôt être une réalité. Il s'agit ici encore de donner de meilleurs moyens de lutte contre les sites qui flirtent avec l'illégalité. Par exemple, ils ne donnent pas de recettes pour fabriquer des bombes mais professent la haine de l'Orient ou de l'Occident en citant des exemples de "héros" ou de "martyrs" et en détaillant leurs actes.

Bien sûr, on ne pourra pas légiférer contre toutes les incitations. On pourrait élargir la loi anti-pro-ana à une loi anti-incitation à se mettre en danger ou à mettre les autres en danger, mais le problème des lois fourre-tout, c'est qu'elles sont souvent pleines de trous ou imprécises. Il y aura toujours des gens déséquilibrés pour inciter les autres à les rejoindre dans leur délire, des gens inconscients de ce qu'ils professent et des gens un peu stupides pour les soutenir. On ne peut pas protéger l'être humain de lui-même avec une efficacité parfaite.

On ne pourra pas faire d'Internet un lieu totalement sûr, on n'y arrive déjà pas dans la vie réelle, mais on peut poser des limites et des interdits sans que la ville ou Internet ne devienne invivable. Je serai bien sûr attentive à ce que la surveillance et les lois ne brident pas la liberté d'expression, mais je me réjouis de la pose de ces premières limites. Internet doit être respecté et, pour cela, il doit cesser d'être un lieu de non-droit.

Photo : miamiamia - Stock Xchng

Delphine Dumont
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Technorati Tags : Internet, incitation, terrorisme